Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 21:39

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Cher Père Noël petit Jésus,

Voici ma lettre pour ton anniversaire. Je voulais, comme il est de coutume, te faire une liste de cadeaux. Mais si tu veux bien, ce sera une liste des cadeaux que tu m'as faits cette année.

 

Merci Seigneur, de m'avoir appris à travailler l'abandon à ta volonté, en scrutant avec mon mari pendant neuf mois les courbes de mes cycles de l'an passé pour arriver à comprendre comment, mais COMMENT, MAIS COMMENT on l'a fait, ce troisième bébé-pas-prévu-adorable.

 

Merci Seigneur, de m'avoir aidée à travailler mon humilité en passant pour une hystérique totale aux yeux des habitants de mon quartier, lorsqu'ils me voient hirsute et habillée comme l'as de pique, sortir de l'immeuble chaque matin à 8h, trois enfants courant partout en criant autour de moi, à essayer d'asseoir mon autorité à grand renfort de hurlements – sans grand succès.

 

Merci Seigneur, de m'avoir appris le détachement, lorsque mon fils de trois ans demande dans le métro bondé d'une voix cent fois plus forte que lui si le monsieur, là, qui est gros, hé ben il est gros parce qu'on lui a coupé le zizi comme les bœufs qui sont gros parce qu'ils n'ont plus de zizi.

 

Merci Seigneur, de m'avoir donné un bébé qui tète trois fois par nuit, ce qui me permet de passer du temps avec Toi vu que je peux pas mettre la télé parce que mon mari dort à côté.

 

Merci Seigneur, de m'avoir accordé cette fatigue de plomb depuis cinq ans, dont j'ai d'abord attendu qu'elle s'en aille avant de comprendre qu'elle était directement liée au souci de ces petits que tu nous a confiés.

 

Merci Seigneur, de cet émerveillement devant ma fille de 5 ans qui fait le pari de Pascal en m'expliquant que « moi je crois en lui parce que bon, s'il existe pas, tant pis, mais si il existe comme ça il sait que je crois en lui et il ne m'oubliera pas » - certes, elle ne parlait pas de Toi, mais du père Noël, mais bon, on va dire que c'est un début.

 

Merci pour cette fabuleuse grasse matinée que mon mari et moi avons pu faire jusqu'à 8h du matin, un jour, au lieu des 5, 6 ou 7h réglementaires.

 

Merci de me permettre, même quand je tente de prendre une douche, d'être toujours à l'écoute de mes enfants, comme cette fois-là : « Maman, François il a dit 'j'm'en fiche'. - Oui, ben j'm'en fiche. Débrouillez-vous, je prends ma douche. (le François en question, vaguement inquiet) Elle a dit quoi Maman ? (sa peste de sœur) – Elle a dit que tu devais m'obéir et me donner tes jouets ».

 

Oui, pour tout ça et plus encore, pour mon adorable mari, pour mes amis que j'aime, pour les rencontres par Internet et ailleurs, merci Seigneur.

 

Et bon anniversaire.

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 13:59

cast.jpgMon frère,

Si je m’adresse à toi aujourd’hui, c’est parce que tu fais la une de bien des journaux ces jours-ci. Et pas qu’en France : de la Hongrie à l’Espagne en passant par la Pologne, l’Angleterre et l’Italie, le petit monde médiatique ne parle que de toi. Pleins feux sur ta jeunesse vibrant d’indignation scandant des slogans au bord d’un théâtre pour la défense d’une cause qui te tient à cœur autant qu’à moi : la défense du Christ. C’est d’ailleurs un paradoxe : tu es de ceux qui, à raison souvent, brocarde le petit cirque médiatique qui privilégie l’anecdote sur le fond, qui catégorise le bien et le mal-penser, et qui ne t’aime guère. Or voici que tu es tout heureux d’avoir réussi à attirer l’attention de ce système que tu méprises. Sois comblé, ami : en fait d’intégrisme chrétien, les journalistes en mal de christiano-bashing n’avaient guère que la caricaturale église baptiste de Westboro. Maintenant ils t’ont. Et je ne suis pas certaine que c’était ton but. Je suis même persuadée du contraire.

Comme moi, comme beaucoup d’entre nous, tu écoutes en serrant les poings le récit de la passion le vendredi saint. Oh ! Si tu avais été là, comme tu l’aurais défendu, ce Jésus que tu aimes de tout ton cœur ! Comme tu aurais opposé ta foi ardente et tes bras vigoureux aux soldats venus Le chercher! Terrible paradoxe au cœur même de notre foi : comme le Christ l’a vigoureusement montré à Pierre, en guérissant le soldat par lui estropié, si nous aimons le Christ il faut le laisser outrager. Car si nous le défendons, il ne meurt pas sur la croix. Qu’en aurait-il alors été de notre salut ? Nul ne le sait. Mais notre kérygme, c’est celui-ci : Dieu a vocation à se faire humilier, souiller, cracher dessus. Que des metteurs en scène plus ou moins inspirés lui déversent des litres de merde dessus ? Mon frère, c’est exactement ce qu’Il est venu chercher en s’incarnant parmi nous. En agissant ainsi, qu’ils en soient conscients ou non, ces hommes-là perpétuent la figure du Christ crucifié et sanglant, tombant sous les huées, maculé de crachats et de traces de coups, comme dans cette Passion de Mel Gibson que tu as tant aimée. Sans ce Christ-là, pas de Christ glorieux.

Il y avait eu l’affaire Piss Christ. Au risque de t’étonner, j’ai trouvé cette œuvre très forte. Un Christ plongé dans l’urine, comment mieux exprimer l’abomination de la mise à mort de Dieu ? Comment mieux frapper les consciences d’une seule image : Dieu s’est offert à nous et nous lui avons pissé au visage ? J’irai même plus loin. Bernard Antony, un de ceux qui t’ont encouragé à manifester de la sorte, parle d’un « art d’excrémentation ». Toi, tu as scandé que tu refusais un « spectacle de merde ». Mais l’incarnation, qu’est-ce, sinon l’enchaînement à la condition humaine, une condition… de merde, au sens propre ? « Inter urinas et feces nascimur », disait Augustin. L’homme, cette déjection que l’incarnation appelle au divin.

Et entre nous : un vieillard qui fait sous lui sous le regard du Christ ? Si pour nous ce n’est pas la plus formidable métaphore qui soit de la dignité que confère à tout homme, même le plus abîmé, le regard de Dieu ; si nous trouvons obscène et blasphématoire cette scène-là, ne nous retrouvons-nous pas du côté de ceux qui dénient précisément cette dignité aux vieillards incontinents, dont notre monde attend qu’ils se laissent euthanasier proprement et sans se répandre en sécrétions abjectes ?

Il y a eu ensuite Golgota Picnic, que je n’ai pas vu mais qui pour le coup semble ouvertement, volontairement, blasphématoire. Bien sûr que mon cœur, comme le tien, saigne en voyant la haine que peut déchaîner le Tout-Amour. Mais mon frère, cette blessure-là, si tu veux bien, ne cherchons pas à la soigner, à la guérir, à la réparer. Gardons-la béante car si Dieu veut, par la grâce de la prière, elle nous aide à entrer dans la déchirure absolue dans le cœur même du Christ – ce Sacré-Cœur qui t’es familier. Cette blessure, pour peu qu’elle ne contienne pas trop d’orgueil, c’est le lieu entre tous où se rejoignent l’amour du Père et l’ingratitude de Ses enfants – l’histoire du salut, en un mot.

Tout ça, c’est ma perception de ces deux œuvres. Tu n’es pas obligé bien évidemment de la partager, et tes arguments, je les comprends. Mais pour la pièce de Roméo Castellucci, ce qui me gêne, c’est que tu ne l’as pas vue. Et les journalistes ne t’ont évidemment pas loupé là-dessus. Alors, avant de te laisser mon frère, quelques suggestions que je te soumets, en vrac : ne laisse pas d’autres gens te dire ce qu’il est bon que tu croies d’un sujet, quel qu’il soit, va voir par toi-même. Si tu décides de réagir en tant que chrétien, que ce soit en Christ avant d’être pour le Christ. Sois noble comme ta jeunesse et ta fougue t’appellent à l’être, ne te mets pas au niveau de tes adversaires. Excréments sur la scène, huile de vidange sur les spectateurs : même combat. Ne réclame pas en même temps l’abolition de la loi pakistanaise sur le blasphème et la création chez nous d’un délit du même tonneau. Et si ta vocation t’appelle à défendre le Christ, les défis ne manquent pas : le combat pour la dignité humaine, de sa conception à sa mort naturelle, n’a que trop besoin de ton enthousiasme et de ta foi. Tu mérites mieux, cent fois mieux, que cette croisade de pacotille. Et le Christ aussi.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 10:47

imagec2f73f3f3ada1.pngC’est un article de 360°, le magazine suisse gay,  lesbien, bi et trans. Qui titre ainsi un article daté du 18 octobre dernier : Les sites de drague gay, nouveaux paradis de l’exclusion. On y apprend donc que sur les sites de drague gays, « la liste de «s'abstenir» devient interminables: gros, efféminés, blacks, asiatiques, vieux... les préférences sexuelles semblent, de plus en plus, ne s'exprimer que sous la forme d'une litanie d'exclusions ». Et que donc, comme c’est discriminant, c’est pas bien. Diantre.

Il me semblait, à moi, que le désir était ontologiquement discriminant. Que ce qui fait la nature même du désir sexuel, c’est le fait de se fixer arbitrairement sur telle ou telle caractéristique plus (il a un beau sourire) ou moins (elle a de gros seins) avouable. Hé bien non ! Le gay moderne, tout à sa béatitude de représenter l’essence de l’humanité post-moderne, devrait baiser à couilles rabattues avec tous, en prenant soin de ne négliger aucun quota.

Première remarque : les sites incriminés sont des sites… de cul. Quitte à vouloir un coup d’un soir, il est normal de le vouloir attirant, non ? Au nom de quelle névrose s’obliger à bander devant quelqu’un qui ne vous attire pas a priori ?

Seconde remarque : ce qui rend la chose laide, triste et étriquée, ce n’est pas que certains préfèrent avoir dans leur lit Elvis à vingt ans qu’Elvis à quarante ans. C’est que dans l’un et l’autre cas, personne ne s’intéresse à Elvis pour lui-même, juste pour le plaisir qu’il est susceptible de donner. Et ça, oui, c’est triste à mourir. Cela fait d’ailleurs plusieurs siècles que le christianisme le dit, que le désir tout seul c’est étriqué et moche.

On bute ici sur les limites bien réelles d’un désir homosexuel que certains voudraient tellement plus ouvert et épanouissant que le désir hétéro, forcément bourgeois et gagne-petit. On le voit bien, la réalité est tout aussi crue que chez les hétéros.

Troisième remarque : en catégorisant l’humanité dans des petites cases, en définissant les personnes selon leur sexualité, en réduisant finalement l’humain à sa génitalité, le gender n’est-il pas foncièrement discriminant ? Si l’on pousse un peu la logique portée par cet article, le fait de se déclarer anthropologiquement homosexuel n’est-il pas injuste envers les femmes ?

Allons plus loin encore :  si j’évoque mon cas personnel, au risque de me faire traîner en procès par des hordes de frustré-e-s de tous pays, âges, sexes, couleurs etc, il se trouve que je discrimine dans mon désir la totalité de l’humanité à l’exception de mon mari.

La vache.

Je suis la discrimination personnifiée.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 18:22

african_american_execution.gifL’exécution mercredi 21 septembre à 5h08 du matin de Troy Davis, aux USA, a provoqué sur Twitter une de ces polémiques que le web affectionne. Fallait-il que les trois journalistes présents à l’exécution « live-tweetent », c’est-à-dire décrivent presque seconde par seconde les dernières heures du condamné ? La blogueuse Virginie Lominet, alias @laristocraft, a répondu par la négative dans un billet que je vous recommande. « Gros malaise. Sensation de voyeurisme, impression d’être tous réunis comme autrefois sur la place publique afin d’assister au spectacle de la mise à mort. Je refuse de participer à ça, je refuse de lire des tweets qui décrivent minute par minute ce qui se passe là-bas. S’il n’y a plus rien à faire, je ne veux pas me mêler à cette curiosité malsaine. Je ferme donc ma colonne #TroyDavis. Cet homme va mourir dans quelques heures, mais pas sous mes yeux. »

Pour ma part, à la question : « Peut-on live-tweeter une exécution ? » je réponds oui. Et que non seulement on peut, mais on doit. Je veux qu’on dise au monde entier que Troy Davis a voulu partager son dernier repas avec ses co-détenus, comment il était habillé, s’il a eu la visite de ses proches et lesquels. Je veux qu’Obama et le gouverneur de Géorgie voient sa mère pleurer. Je voudrais même que l’on installe des caméras dans la chambre d’exécution, et que cette chambre ne soit plus une pièce confinée à l’abri des regards dans une prison, mais comme autrefois, sur la place publique. Je veux que le monde entier soit témoin de l’ignominie qui consiste à mettre à mort un homme.

Car enfin, si l’Etat de Géorgie a jugé digne, juste et normal que l’on tue froidement un homme, qu’il l’assume. Je veux que l’humanité entière entende le cœur de Davis battre en accéléré au fur et à mesure que le temps passe, comme pour rattraper ces battements auquel il n’aura pas droit au-delà de 5h08 du matin. Je veux que l’on voie la sueur sur son front, que chacun le regarde longuement, sanglé sur son lit de mort, l’aiguille dans le bras, attendant quatre heures durant une grâce qui ne viendra pas. Je veux qu’une caméra obscène nous montre les trois injections, celle qui endort pour éviter les pleurs et les cris,  celle qui paralyse pour qu’on ne voie pas les convulsions, et celle qui tue. Je veux que chacun soit au courant du raffinement suprême qui consiste à injecter une solution saline entre les trois piqûres, pour éviter que les produits ne se mélangent.

Et tant que j’y suis, je veux qu’on rétablisse la guillotine. Ou mieux, la décapitation à la hache. Que ça saigne, bon Dieu ! Il a mérité de mourir, dites-vous ? Alors qu’est-ce que cette mort policée, lisse, sans aspérité ? Que les partisans de la peine de mort assument leur boucherie. La peine de mort, nous disent-ils, doit avoir un effet dissuasif ? Soit. Alors dissuadez, mais pas à la sauvette, de nuit, comme des voleurs. Que l’on emmène les enfants de maternelle assister au spectacle, que ça les dissuade ! Je propose même que chaque membre du jury qui a condamné Troy Davis donne un coup de hache sur sa nuque, juste assez fort pour le décapiter lentement en douze coups.

Et que partout dans le monde, des citoyens live-tweetent les exécutions. Pour que le sang des condamnés, fussent-ils noirs et probablement innocents comme Troy Davis, ou blanc et certainement coupables comme Lawrence Brewer, retombe sur la tête de ceux qui ont demandé à le voir extraire de leurs corps.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 21:47

A partir de demain, retrouvez-moi sur www.lavie.fr pour, chaque matin, la matinale chrétienne, un tour d'horizon de l'info religieuse sur le web!

Autre rendez-vous, sur Radio Notre-Dame cette fois, chaque vendredi à 8h47: je serai au micro de Marie-Ange de Montesquieu pour un "blog-notes" hebdomadaire.

Quant à Nystagmus, ça continue, avec quelques papiers dans les tuyaux, à fignoler et publier sous peu ;)

Par Nystagmus
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