Société

Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 20:36

l_4afa792944a5456cafa33375572e82f5-copie-3.jpgUltra-Homo vit à Lyon, France, en 2010. Une France qu’il aime et qu’il a bien du mal à reconnaître. Une France qui se sclérose, qui a peur de tout et de tous, où le nombre de jeunes homosexuels qui veulent mourir est de plus en plus grand. A qui la faute ? A l’homophobie, bien sûr.  Certes, de grands pas ont été accomplis ; la pénalisation de l’homophobie fait que les casseurs de pédé se font plus discrets. Mais il existe des bastions de haine anti-gay. Les religions, par exemple. Surtout la catholique. La laïcité, ok, pourquoi pas, mais on voit bien ce que ça donne avec les cathos. Ils lui refusent les sacrements à cause de ce qu’il est, un homosexuel. C’est intolérable. Alors bien sûr, il va dire aux journalistes que s’il a choisi le parvis de la primatiale Saint-Jean pour le kiss-in, c’est parce que c’est un lieu public. Mais avec ses amis, il se marre : ça leur fera les pieds aux cathos ! On verra s’ils restent stoïques, haïssant le péché, aimant le pécheur, comme ils disent… Oui, ce soir il y sera au kiss-in. Bravant les fous de Dieu, pour un monde meilleur.

 

Ultra-Catho vit à Lyon, en France, en 2010. Une France qu’il aime et qu’il a bien du mal à reconnaître. Une France qui a oublié ses racines chrétiennes, qui a peur de tout et de tous, où le nombre d’actes antichrétiens ne cesse d’augmenter. A qui la faute ? A la perte des valeurs, bien sûr. Certes, de grands pas ont été accomplis : de plus en plus de jeunes semblent rejeter le bazar idéologique soixante-huitard et réclamer le retour des vieilles valeurs françaises. Mais il existe  des bastions de haine anti-chrétienne. Les homosexuels, par exemple, surtout les « homosexualistes ». La tolérance, ok, pourquoi pas, mais on voit bien ce que ça donne avec les homos. Ils veulent imposer l’abolition de la différence des sexes à la société. C’est intolérable. Alors, bien, sûr, il va dire aux journalistes que s’il a choisi de défendre le parvis de la Primatiale Saint-Jean, c’est parce que c’est un lieu chrétien. Mais avec ses amis il se marre : ça leur fera les pieds aux homos ! On verra s’ils restent stoïques, tolérance pour tous, comme ils disent… Oui, ce soir il y sera au « kiss-haine ». Bravant les folles dégénérées, pour un monde meilleur.

 

Pensaient-ils vraiment, les catholiques ultras, que le fait de brandir un crucifix devant un militant gay le convertirait illico ? Croyaient-ils réellement, les gays ultras, que venir s’embrasser devant une église fera tomber les écailles des yeux du Pape qui s’empressera de célébrer un mariage homo à Saint-Pierre-de-Rome ?

Le concept d’idiot utile (qu’on appelle également la jonction des extrêmes) est toujours fascinant. Nul doute que le 18 mai dernier, c’est avec la même allégresse, la même odeur de poudre dans les narines, que Ultra-Homo et Ultra-Catho sont partis z’en guerre. Chacun d’eux persuadé de défendre les Vraies Valeurs,  de pourfendre les Vrais Dangers, ceux-qui-sont-à-nos-portes-et-que-nous-sommes-seuls-à voir. Paladins de Tolérance® d’un côté, Chevaliers de Chrétienté® de l’autre. En s’embrassant à pleine bouche devant la cathédrale Saint-Jean, qui en a vu bien d’autres, nul doute que les premiers ne se soient crus à Stonewall, et les seconds, récitant virilement le chapelet, au baptême de Clovis. Nul doute non plus qu’à l’issue de ce désolant face-à-face chacun, quel que soit son camp, est rentré chez lui la conscience nette et le sentiment du devoir accompli en bandoulière, en se disant : « Quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, décidément, on a bien raison de penser ce qu’on pense ».

 

La main sur le cœur, Ultra-Homo le jure : il voulait simplement pouvoir embrasser tranquillement en public. Est-ce sa faute s’il y a justement une cathédrale là où il a innocemment demandé la permission à la Préfecture ? On aurait pu le croire si ç’avait été le cas d’un seul kiss-in. Et puis l’on compte. Un kiss-in à Paris, devant Notre-Dame. Un kiss-in à Lyon, devant Saint-Jean. Et un kiss-in à Metz, devant la cathédrale Saint-Etienne,  ce samedi. Arrêtons de jouer les bécasses : c’est bien l’Eglise catholique qui est visée. Le mouvement LGBT (qui ne représente pas, loin s’en faut, la totalité des homosexuels) flatte ici sa base de gauche anticléricale, au grand dam de certains dont Stéphane Dassé, l’ancien président de Gaylib : « il est impératif de nouer un dialogue avec les responsables religieux. Je reste convaincu qu’il existe des bonnes volontés partout et que la volonté de mieux vivre ensemble fini par l’emporter dès lors que l’on commence à se connaître et à se respecter, même si beaucoup de chemin reste à parcourir […] Je conçois parfaitement qu’il puisse être jouissif d’organiser un kiss-in devant une cathédrale, mais est-ce bien malin et responsable ? On voudrait détourner des Lgbt les catholiques susceptibles de nous aider que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Cela n’excuse évidemment pas les violences des extrémistes catholiques aveuglés par leur endoctrinement que je condamne très fermement. »

Côté Ultra-Catho, on récuse bien évidemment toute agressivité. « On ne fait que se défendre, c’est eux qui ont commencé », etc.  Mais sur les vidéos des différentes confrontations, on voit bien la jubilation, l’Ave Maria hurlé à la gueule de l’adversaire, et ce délicieux « Sieg Heil » final dont on proteste côté catho-ultra que c’est le fait d’une minorité non-catholique « qui avait toute sa place dans le rassemblement ».

Je déteste profondément cette affaire de kiss-in. Parce que les méthodes employées d’un côté comme de l’autre puent. Parce qu’il s’agit d’occuper le terrain médiatique, de créer de toutes pièces un affrontement entre deux communautés qui auraient bien besoin de se parler davantage. Il s’agit de vouloir récupérer, d’un côté comme de l’autre, des cardinaux dont par ailleurs on ne se prive pas de dire du mal : Mgr Barbarin à ce titre est exemplaire, qui se voit cloué au pilori par les ultras pour être allé dîner avec  des francs-maçons, les mêmes déformant le sens de ses propos et faisant de son interview au Progrès une incitation à contre-manifester devant Saint-Jean. Et en face, pareil : on somme le cardinal de prendre position [1]immédiatement en désavouant, je cite, « l’absence de condamnation par le Vatican des violences commises contre les personnes homosexuelles et transsexuelles au nom de la religion catholique » (au passage, j’aimerais assez que l’on me cite une ou deux de ces violences « au nom de la religion catholique », mais passons). Le but ultime ? Forcer Mgr Barbarin à faire de la politique, un peu comme quand on essayait de forcer Jésus à se positionner (et lui répondait en dessinant sur le sol)[2]. Et faire en sorte que nul ne puisse à l’avenir se dire homosexuel sans que l’étiquette du mouvement LGBT ne lui colle à la peau, ni catholique sans que l’on y ajoute immédiatement « facho ». En cela, j’ai beaucoup aimé la prise de position courageuse des frères Pouzin, du groupe Glorious, ainsi que celle de Jean-Baptiste Maillard, qui tentent de rappeler quelques évidences. Je rêve que d’autres voix s’élèvent en disant : « Assez de ce cirque ! »

Mais il en faudra plus pour que le cycle commencé s’arrête. On peut s’attendre à un kiss-in tous les samedis devant chaque cathédrale de France.  Ce samedi, c’est Metz. Et tous les diocèses seront touchés. Et l’on verra partout les mêmes agités ravis de trouver en face d’eux le nécessaire ennemi qui valide leur engagement. Et l’amalgame continuera. Les violences aussi.  Avec peut-être – et déjà je sens frissonner de plaisir les deux extrêmes – un ou deux « martyrs ».

Dans une histoire pas si éloignée sur le fond, qui s’est passée dans les eaux territoriales israéliennes, le Pape a déclaré : «  La violence génère un surplus de violence ». Ce serait bien que ceux qui brandissent si haut l’étendard du Vatican devant les militants LGBT fassent un peu plus de cas des paroles prononcées depuis le trône de Pierre.



[1] L’an dernier, alors que les mêmes manifestants pro-LGBT manifestaient devant Saint-Jean, le cardinal avait créé la surprise en invitant ces derniers à discuter. Il faut croire que cela n’a pas plu aux plus extrêmes d’entre eux ; alors qu’un dialogue avait été amorcé, pourquoi tout casser, si ce n’est justement parce qu’un adversaire avec lequel on ne discute pas – un cliché, en somme – est bien plus profitable en termes d’image médiatique qu’un partenaire avec lequel on avance ensemble ?

[2] Selon des sources autorisées, le cardinal Barbarin, à qui l’on rapportait les slogans chantés durant le kiss-in, a validé non sans humour l’un d’eux, hurlé par les pro-LGBT : « Deux planches, trois clous, Il l’a fait, pourquoi pas vous ? » « Celui-ci », a dit le cardinal, « je le valide, c’est le fondement de la foi chrétienne. »

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 17:46

Somalie--1.jpg

Il est de bon ton, lorsque l’on est chroniqueur dans un journal, de se démarquer de la tonalité des articles d’information par une certaine ironie. Histoire de montrer qu’on prend de la hauteur par rapport au sujet évoqué,  et que l’on invite à réfléchir au-delà de l’anecdote. C’est ce que tente de faire chaque jour Robert Solé, médiateur du journal,  à travers sa chronique dans Le Monde. L’exercice, souvent, ne décroche un sourire que forcé ; lorsqu’il propose par exemple de dissuader les Turcs d’adhérer à l’Union européenne en envoyant chez eux les « bandes braillardes et désordonnées, avec nos cannes à pêche, nos gros sabots et nos cocoricos » faire du tourisme. Dans cette chronique, il ne s’agissait bien évidemment pas de se prononcer contre l’adhésion de la Turquie à l’Europe ; il s’agit plutôt de suggérer que les Turcs, héritiers de la civilisation ottomane, seraient tout à leur place dans l’Union, au moins autant que ces affreux Français, qui ne sont que des crétins, c’est bien connu. D’ailleurs, personnellement, je ne me déplace jamais à l’étranger  que vêtue de braies gauloises, ma canne à pêche sous le bras et ma basse-cour portative, et je mets un point d’honneur à bramer dans les rues en parfaite rustaude.

Mais laissons-là cette chronique, un poil datée, et qui finalement ne fait que dérouler la doxa médiatique habituelle en matière d’adhésion de la Turquie à l’Union ; voyez-vous, Cohn-Bendit est pour, c’est dire si c’est trop cool. Venons-en plutôt à celle d’aujourd’hui, signée du même auteur. « Sous cloche », s’intitule-t-elle. Et elle démarre plutôt fort : par la citation du dernier rapport de Human Rights Watch sur la Somalie.

Un rapport que vous pouvez consulter en français ici et qui fait froid dans le dos. Il décrit comment les islamistes du mouvement Al-Chaabab mettent le pays en coupe réglée. Et comme à chaque fois qu’il s’agit de fous de Dieu, qu’ils soient musulmans ou pas, tout ce qui n’est pas eux est contre eux. Toute la population se retrouve sous leur joug, et tout le monde en bave, les chrétiens d’abord, mais aussi tout ceux dont l’Islam ne serait pas rigoureusement celui des combattants d’Al Chaabab.

Ce qui a marqué Robert Solé, ce ne sont pas ces femmes fouettées pour n’avoir pas porté l’abaya (la burqa locale), non pas d’ailleurs parce qu’elles seraient d’une autre religion, mais tout simplement parce qu’un tel vêtement est au-delà des moyens financiers d’une bonne partie de la population. Ce ne sont pas non plus ces hommes qu’on tue parce qu’ils cachent leurs enfants pour qu’ils ne soient pas enrôlés de force. Ce qui a marqué notre journaliste, ce sont les cloches. Les cloches de l’école que les islamistes ont interdites, de peur qu’elles n’évoquent celles des églises.

D’où la conclusion, en forme de pirouette, de Robert Solé : « En signe de représailles, la France, fille aînée de l'Eglise, pourrait évidemment bannir le croissant au petit déjeuner. Ou, mieux encore, supprimer tout zéro dans ses calculs, puisque la racine de ce mot - comme "chiffre" d'ailleurs - vient de l'arabe sifr. »

On comprend (ou on croit comprendre) la volonté de l’auteur en établissant un tel parallèle : répondre à une mesure stupide par une autre mesure stupide. Mais comment dire ? Un sentiment de malaise m’a saisie à la lecture de cette chronique. Car il ne s’agit pas que de symboles. Il s’agit de vies humaines. Et pour partie, de vies chrétiennes. Pour moi, ça ne change pas grand-chose : une vie est une vie. Mais c’est comme si, pour Robert Solé, la liberté religieuse était équivalente à un bien de consommation comme le croissant. Et au final, j’ai le sentiment que ce sont moins les islamistes somaliens qui sont visés, mais « la France-fille-aînée-de-l’Eglise », cette France aux racines chrétiennes, qui se trouve mise sur le même plan que la Somalie islamiquement pure dont rêve Al-Chaabab. Comme si le fait de penser que l’histoire de la France est intimement, intrinsèquement, ontonlogiquement liée au christianisme relevait d’une volonté d’en expurger tout ce qui n’est pas chrétien. Je suis fière de la France fille aînée de l’Eglise, et fière de la République française. Mon héritage ne fait pas de moi une nostalgique. Je suis fière de ses racines comme de ses rameaux. En fin de compte, peut-être est-ce là ce qui me sépare de Solé : je ne sacrifie pas à cette haine de soi tellement à la mode de nos jours.

Et je retourne lire le rapport de Human Right Watch pour essayer d’apprendre et de comprendre, puisqu’il ne faut manifestement pas compter sur Le Monde pour m’aider à le faire.

 

 

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 19:18

i_presse.jpg A plus de 22000 signataires (à l’instant où j’écris ces lignes) en seulement 6 jours, je crois qu’on peut le dire : l’Appel à la vérité que nous avons initié, Frigide Barjot, François Taillandier, François Miclo, Koztoujours et moi, rencontre le cœur des gens. Nous l’avons lancé comme un ras-le-bol, sans plans, sans prévisions, sans calculs, simplement désireux de mettre notre notoriété plus ou moins grande pour faire entendre la lassitude de toute une frange de la population, du catho moyen, engagé ou pas à droite ou à gauche, à l’agnostique exaspéré.Depuis six jours, nous les regardons, ces signatures, avec joie, avec incrédulité aussi, notant ici ou là des signataires que nous n'attendions pas, comme les journalistes Bruno Roger-Petit et Jean-Dominique Merchet, ces trois prêtres mariés qui signent comme tels, ces protestants dont le pasteur Eric George d'Evreux, de l'excellent blog (tendance réformée-libérale) Miettes de théo, ces femmes qui signent "mère de prêtre" ou le théologien et pasteur luthérien Jehan-Claude Hütchen. Des gens de toutes tendances, de tous milieux, qui mélangent joyeusement leurs signatures uniques pour amorcer ce qu'il faut bien appeler un début de mouvement d'opinion.

Nous avons été beaucoup interrogés par la presse cette semaine. Des journalistes  plutôt  sur la défensive au départ, puis interloqués par la diversité des signataires, puis bluffés par leur nombre (Bourdin de RMC Info n'en revenait pas que nous ayons atteint les 10 000). Des journalistes enfin qui ont cherché à comprendre, et dont on a eu l'impression que tout doucement, pour certains, ils prenaient peut-être conscience de ce phénomène d'emballement médiatique que nous récusions.Et que cette minorité silencieuse qu'est le catholicisme en France s'exprimait enfin à haute et intelligible voix.


Alors bien sûr, tout n'est pas réglé. Même si les lignes bougent. On note toujours, par exemple, que l'AP a fait une dépêche de la plus haute importance sur l'opinion du président du Costa-Rica, prix Nobel de la Paix sur le célibat des prêtres. J'en suis très heureuse pour le Costa Rica, qui n'a pas si souvent les honneurs des agences de presse. Il faudrait passer le mot aux chefs d'Etat du monde entier: si vous voulez que l'on parle de votre pays, donnez votre opinion sur le célibat consacré.Il y a cette dépêche dont il faudra m'expliquer l'intérêt en termes d'info, et qui concentre un peu tout ce que nous reprochons en matière de surenchère: une non-info (un prêtre a séjourné dans un hôpital catholique, waaaah trop scandaleux - à quand une dépêche "Benoît XVI est né la même année qu'un pédophile américain") dont le seul objet, finalement, est de matraquer une fois de plus la phrase "Depuis fin 2009, l'Eglise catholique est secouée par des révélations en série d'abus pédophiles commis par des religieux, souvent couverts par leur hiérarchie, en Europe, notamment en Irlande et Allemagne, et aux Etats-Unis" alors qu'il s'agit précisément d'une affaire qui n'a pas été couverte par l'Eglise. Il y a ce communiqué de presse, reprenant le texte de l'Appel et ses 71 premiers signataires, que nous avions envoyé au premier jour à l'AFP. Il nous avait valu une réponse assez sèche de la journaliste, qui tout en précisant qu'elle n'engageait pas son employeur dans sa réponse, manifestait son incompréhension de notre démarche par un "vous consacrez autant de place à taper sur les médias qu'à exprimer votre solidarité avec les victimes et votre souhait que la vérité soit faite. Comme si les médias étaient responsables de la pédophilie dans l'Eglise (ou ailleurs) si vous avez détecté des médias qui pêchent par "partialité, méconnaissance ou délectation", que ne leur demandez-vous  un droit de réponse ???" et du coup ne reprenait pas l'info. En revanche, quand l'Osservatore Romano a publié notre appel, la même AFP qui a comme tous les médias du monde les yeux braqués sur ce journal vatican pour y lire la ligne de défense de l'Eglise, y a consacré une dépêche, sans prendre la peine d'aller sur notre site (qui était indiqué) et en traduisant du coup notre appel de l'italien au français, ce qui a mis dans notre bouche des mots que nous n'avions pas employés.

En voyant tout cela, je me dis que oui, il y a un problème. Et il ne concerne pas, ainsi que nous le soulignions dans l'Appel même, que le traitement médiatique des affaires religieuses. Plus largement, les journalistes occidentaux n'ont plus les moyens de  faire leur travail. Ni le temps ni l'argent. Ils sont obligés, le plus souvent, de se fier aux dépêches, et de faire confiance à des sources déjà passées au prisme des agences. Et cela, c'est grave. La mondialisation de l'info, c'est la mort de la presse libre.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 18:11

RETRO-profanation.jpgCela fait bien quelques temps, déjà, que l'on entend parler ici ou là d'églises vandalisées. Pour tout vous dire, les infos que je collectais jusque-là, je ne les trouvais guère que sur des sites comme celui-ci, celui-là, ou encore par là. C'est-à-dire de sites aux antipodes de ce en quoi je crois. Avec des couplets du style « et si c’était une mosquée ou une synagogue, y’a longtemps que les pouvoirs publics seraient montés au créneau, etc ». Puis dans ma propre paroisse, j'ai appris avec stupéfaction de la bouche de mon curé-de-gauche-préféré que des reliques avaient été volées à plusieurs reprises. Qu’il ne laissait plus rien dans le tabernacle de l’autel, qu’il gardait les hosties consacrées chez lui. Et qu’il n’est pas rare que ses frères curés d’autres paroisses fassent de même.

Koztoujours a parfaitement analysé le piège de l’indignation sélective. Si je parle de sujets repris par l’extrême-droite, on va m’amalgamer, etc. Quant au Chafouin, il nous expliquait il n’y a pas si longtemps que si l’Eglise restait éminemment discrète sur ces profanations c’était probablement à cause d’une tradition authentiquement chrétienne, l’altertension de joue.

Las. Cela, c’était au second semestre 2009, autant dire il y a un siècle. Vendredi dernier, Mgr Dubost a publié un communiqué de presse que je vous livre in extenso :

Cette fois, il faut arrêter !

L’église de Morangis a été victime d’un acte de vandalisme.
Le Saint Sacrement y a été profané.
Je suis heureux de voir avec quel empressement les pouvoirs publics, les politiques, la presse et l’opinion publique se révoltent lorsqu’une mosquée ou une synagogue est attaquée.
Je m’en réjouis et je me joins à ceux qui dénoncent de tels délits. Mais cet empressement général rend étourdissant le silence à propos des églises.
Bien plus, à la suite d’un certain nombre de vol et de profanations, j’avais émis l’idée de mettre sur pied une commission « cambriolage » pour visiter les églises, étudier, pour chacune d’entre elles, les dispositions à prendre pour augmenter la sécurité contre le vol, faire l’inventaire de ce qui pouvait être pris et le photographier.
On m’a fait savoir que je n’en avais pas juridiquement le droit… et qu’il serait mis en place une commission officielle.
Les exactions continuent.
Les pouvoirs publics sont donc responsables par leur carence.
Personnellement, je n’arrive pas à m’habituer aux profanations…
S’il faut hurler, nous hurlerons.
Après tout, nous aussi, nous sommes des citoyens.

+ Mgr Michel Dubost
Évêque d’Évry - Corbeil-Essonnes
Le 19 février 2010

 

C’est à croire que Mgr Dubost a emprunté l’épée de Pierre pour couper l’oreille de Malchus. Nous ne sommes pas habitués, en France, à entendre un évêque  « hurler » ainsi.  Surtout celui-ci. Monseigneur Dubost n’est pas du genre à vitupérer. C’est un de ces prélats profondément pasteurs, que l’on n’identifie ni à droite ni à gauche, auxquels même Christian Terras et Golias ne trouvent pas grand-chose à redire (c’est dire).  Comment expliquer ce revirement ?

Tout simplement, à mon sens, parce que le catholicisme français mainstream commence, depuis quelques années, à se penser comme une minorité. Oh ! bien sûr, cela fait quelques décennies que les statistiques, implacables, nous parlent de la déchristianisation de la France, de sa sécularisation, et si vous saviez ce qu’on entend lors des préparations au baptême ma bonne dame, etc. Petit à petit, dans cette France qui a coupé ses racines chrétiennes puis a recouvert le trou d’une chape de béton, les catholiques sont devenus une communauté parmi d’autres, pas la plus visible, pas la plus remuante. Au fond, on se rendait bien compte que la culture générale religieuse dévissait  jusqu’au vertige, que la différence entre carême et ramadan ne sautait plus guère aux yeux de nos compatriotes, mais après tout, nous-mêmes, le carême, ne le prônions-nous pas intérieur, loin des mortifications d’un autre âge ? FMitterrd81

Et puis un jour, nous nous sommes réveillés et nous n’étions plus majoritaires. On s’en doutait bien un peu, mais même minoritaires, notre culture chrétienne, si ce n’était notre foi, imprégnait encore la société française. Le christianisme était en France introjecté, comme diraient les psys. Même l’affiche de campagne de Mitterrand, en 1981, nous renvoyait à un clocher de village. Imagine-t-on aujourd’hui le PS afficher un clocher pour une campagne ? Impensable à la gauche du MPF, de nos jours.

 

Aujourd’hui, les catholiques français sont une minorité. Et comme toute minorité, ils sont en train d’apprendre à vivre comme une minorité. Cela suppose un certain nombre de changements drastiques. Qui ont déjà commencé.

  • La visibilité. Beaucoup de jeunes prêtres portent le col romain – ce qui fait hurler certains prêtres de la génération précédente, qui voulaient tomber la soutane pour mieux se fondre dans le peuple qu’ils étaient appelés à aimer. Il y a vingt ans, cela signait les opinions politiques de ceux qui le portaient. Aujourd’hui, les choses sont beaucoup moins tranchées. Les jeunes prêtres ont envie qu’on les voie pour ce qu’ils sont. Et beaucoup de jeunes tiennent à porter des signes d’appartenance (croix autour du cou) à leur religion. Et des initiatives comme la Marche pour la Vie, qui ne rassemblaient guère autrefois que certains courants minoritaires (déjà) du catholicisme, ratissent aujourd’hui beaucoup plus large.
  • La communication. Si le web catho a quinze ans de retard sur le web protestant (et sur le web protestant évangélique en particulier) ce n’est pas parce que les protestants sont tous développeurs en informatique.  C’est parce que lorsqu’on a peu de moyens humains et financiers, on se lance  dans ce qui coûte le moins cher et qui permet de toucher le plus grand nombre. Les catholiques de France mettent les bouchées doubles depuis quelques années. Il était temps. Les premiers à avoir eu l’idée de déposer le domaine www.jesus.fr, c’était l’ERF. Ils ont été sympas, depuis quatre ou cinq ans ce domaine renvoie à plusieurs sites, catholiques, protestants et orthodoxes, et non plus sur le portail de la Fédération protestante de France.
  • Le lobbying. Quand on est majoritaire, on n’a pas besoin de lobbying. C’est l’arme du minoritaire par excellence. C’est dans ce sens, sans doute, qu’il faut entendre les regrets du père Christophe Ricou, du Service des Relations avec l’Islam de la Conférence des évêques de France, sur l’affaire de la burqa : les religions n’ont pas été consultées sur cette affaire, « alors que toutes sortes d’associations l’ont été ». De même, pour ce qui est du travail le dimanche, la démarche de la CEF a été de faire un lobbying intense auprès des députés, via notamment des pétitions.
  • L’unité. Je ne suis pas dans la tête du Saint-Père, mais à voir la façon dont il insiste régulièrement sur cette notion capitale d’unité intra-catholique, je ne suis pas loin de penser qu’il rêve d’une Eglise qui parlerait d’une seule voix dans nos sociétés déchristianisées. D’où les discussions avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. L’avenir dira si son intuition était bonne ; là où l’on peut difficilement le contredire, c’est que lorsqu’on n’est pas nombreux et qu’on se divise, on est encore moins nombreux au final.

 

Et c’est pour toutes ces raisons que le paroissien lambda (vous et moi) est si gêné par ces histoires de profanation et ne sait s’il doit s’indigner haut et fort ou continuer de raser les murs. Tout simplement parce que ces méthodes –dont aucune n’est condamnable en soi – sont déjà utilisées par notre minorité-à-nous : les ultras. Alors se retrouver à parler des mêmes thèmes, en employant les mêmes méthodes, ça fait beaucoup pour le catholique moyen.

A lui – à nous – de montrer qu’il peut revendiquer son identité sans tomber dans l’identitaire.


A signaler, le site www.indignations.org qui recense les profanations de lieux de culte catholiques.

Par nystagmus.over-blog.fr - Publié dans : Société
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Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /Fév /2010 08:10

1156949251.jpgUn danger épouvantable menace les femmes. Alarme, filles d'Eve! Le machisme, toujours à l'affût, nous a rattrapées, et nous tient sans que nous y ayons pris garde sous son joug genré. Heureusement, le tocsin a été sonné, et les écailles tombent de nos yeux et nous voyons enfin l'épouvantable réalité.
Car la réalité, mesdames, c'est que la femme française se voit ramenée au Paléolithique. Le cri de ralliement de l'antique servage a retenti du fond des villes: "Femme, hors de l'entreprise et vaque à tes casseroles!" On veut faire de toi, femme, ma semblable, ma soeur, une mère. Pire: une mère maternante.

La Bête immonde, c 'est bien connu depuis Aragon, a le ventre fécond. La femme aussi. C'est sans doute ce syllogisme qui tient lieu de réflexion à une certaine catégorie de féministes, pour lesquelles la maternité menace fondamentalement, ontologiquement, la femme. Comment en est-on arrivé là?

Dans son dernier ouvrage, Le Conflit, la femme et la mère (Flammarion), Elisabeth Badinter (dont vous n'avez pu échapper à l'omniprésence médiatique que si vous avez précédé, en ce temps de carême, Jésus dans le désert) nous explique que l'on est en train, à coups d'idéologie réac, de renvoyer la femme au foyer afin qu'elle y soit l'esclave exclusive de ce phallocrate de bébé.

Diantre. J'ignorais que je fusse menacée ainsi. Lorsque j'ai pris mon congé parental pour mon premier, puis pour mon second enfant, je croyais naïvement que j'allais pouvoir me reposer de mes grossesses et de mes accouchements, m'occuper de mes enfants comme on ne peut guère le faire en temps normal, prendre du temps pour dormir, faire du sport, allaiter... Mais non. Je ne le savais pas, mais j'étais entré à pieds joints dans le piège tendu par l'autre sexe, cet ennemi héréditaire de la femme.


Soyons sérieux. Les couches et les casseroles menacent la femme? Figurez-vous qu'ils menacent également l'homme. Dans ma génération, nombreux sont les hommes qui rêvent de pouvoir s'arrêter pour s'occuper autrement de leurs enfants. Ceux qui en ont les moyens le font. Les autres - et c'est là que le bât blesse - sont freinés par un point de détial, l'argent. Tant que les hommes seront mieux payés que les femmes - 27% d'écart en moyenne - le vrai choix n'existera pas. Et pourquoi en rêvent-ils, les hommes? Parce que la violence des petits pots et des couches sales leur paraît infiniment plus valorisante que la douceur d'un monde du travail où l'on est pris et jeté comme un kleenex, pour des salaires qui ne décolent pas depuis des années, et où le harcèlement est érigé en modèle de management. Franchement, payé au smic à bac + 5, toujours en cdd renouvelable au bout de 10 ans sur le marché du travail, ça vous fait envie à vous?

Mais revenons à la violence sexiste, qui décidément est à la mode en ce moment puisqu'un fim - à l'affiche de fort bon goût - est sorti il y a quelques semaines. Toujours ce discours archéo-féministe selon lequel il faut libérer la femme, même apparemment consentante, de l'esclavage du foyer. Et la véritable violence faite aux femmes, elle, est passée sous silence.

Cette violence-là est plus sexuelle que sexuée. Petit test: lorsque vous allez de chez vous à la boulangerie, surcasta combien d'images porno (soft ou non) tombez-vous? Personnellement, pas plus tard que ce matin: 5. Entre les pubs de parfum et le buraliste du coin qui ignore jusqu'à l'existence de la loi sur les affiches des magazines pour adultes qu'il déballe sur le trottoir, on arrive vite au compte.

Et pas un talk-show sans qu'un "hardeur" ou une "hardeuse" ne soit invité à donner son avis sur tel ou tel sujet de société ou de politique. Test pris au hasard dans un magazine féminin: "Es-tu une super extra salope, une salope normale ou une coincée ?" 1,   L'orgasme obligatoire et normé, ou la frontière ultime de la libération de la femme. Vite, un biberon et des bigoudis, j'étouffe.

C'est une violence sexuelle plus que sexuée parce que la femme est toujours le premier rempart contre la violation de la dignité humaine. Et quand ce rempart-là saute, l'enfant puis l'homme suivent. Il n'est qu'à regarder la façon dont la publicité maltraite, au-delà du corps féminin, le corps de l'humain en général.


En tant que chrétiens, nous nous doutons bien que le porno n'est pas franchement catho-friendly. Il en est même pour penser que le sexe en général est condamné par la Bible, et que la chute au jardin d'Eden se résume à une histoire de fesse dans laquelle le petit Adam et la petite Eve se sont fait attraper en train de jouer au docteur, au grand dam de Papa Dieu qui les a punis par la maladie et la mort. Breaking news: le péché originel ne parle pas de sexe.

A contrario, une certaine façon de voir le sexe, dont le porno est une manifestation, nous parle, elle, du péché originel. De cette tentation de devenir comme des dieux, comme le sussurait le serpent à l'oreille du premier couple.

Dans la Bible, les interdits sexuels sont listés en Lévitique 18. Je vous mets ici le passage (Lv 18, 6-23, Bible de Jérusalem):

18:6  Aucun de vous ne s'approchera de sa proche parente pour en découvrir la nudité. Je suis Yahvé. 
18:7  Tu ne découvriras pas la nudité de ton père ni la nudité de ta mère. C'est ta mère, tu ne découvriras pas sa nudité. 
18:8  Tu ne découvriras pas la nudité de la femme de ton père, c'est la nudité même de ton père. 
18:9  Tu ne découvriras pas la nudité de ta sœur, qu'elle soit fille de ton père ou fille de ta mère. Qu'elle soit née à la maison, qu'elle soit née au-dehors, tu n'en découvriras pas la nudité. 
18:10  Tu ne découvriras pas la nudité de la fille de ton fils ; ni celle de la fille de ta fille. Car leur nudité, c'est ta propre nudité. 
18:11  Tu ne découvriras pas la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père. C'est ta sœur, tu ne dois pas en découvrir la nudité. 
18:12  Tu ne découvriras pas la nudité de la sœur de ton père, car c'est la chair de ton père. 
18:13  Tu ne découvriras pas la nudité de la sœur de ta mère, car c'est la chair même de ta mère. 
18:14  Tu ne découvriras pas la nudité du frère de ton père ; tu ne t'approcheras donc pas de son épouse, car c'est la femme de ton oncle. 
18:15  Tu ne découvriras pas la nudité de ta belle-fille. C'est la femme de ton fils, tu n'en découvriras pas la nudité. 
18:16  Tu ne découvriras pas la nudité de la femme de ton frère, car c'est la nudité même de ton frère. 
18:17  Tu ne découvriras pas la nudité d'une femme et celle de sa fille ; tu ne prendras pas la fille de son fils ni la fille de sa fille pour en découvrir la nudité. Elles sont ta propre chair, ce serait un inceste. 
18:18  Tu ne prendras pas pour ton harem une femme en même temps que sa sœur en découvrant la nudité de celle-ci du vivant de sa sœur. 
18:19  Tu ne t'approcheras pas, pour découvrir sa nudité, d'une femme souillée par ses règles. 
18:20  A la femme de ton compatriote tu ne donneras pas ton lit conjugal, tu en deviendrais impur. 
18:21  Tu ne livreras pas de tes enfants à faire passer à Molek, et tu ne profaneras pas ainsi le nom de ton Dieu. Je suis  Yahvé. 
18:22  Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. 
18:23  Tu ne donneras ta couche à aucune bête ; tu en deviendrais impur. Une femme ne s'offrira pas à un animal pour s'accoupler avec lui. Ce serait une souillure. 

Ce qui me frappe dans ce texte, c'est qu'il y a un interdit (en 18:21) qui paraît n'avoir rien à faire là. C'est l'interdit de jeter ses enfants dans le feu pour une idole. C'est à mon sens le verset qui donne du sens à tout l'ensemble, le verset sans lequel cette parole ne serait qu'une liste prescriptive à suivre sans comprendre. Avec ce verset 21, le risque est désigné, il s'appelle idôlatrie.  Et c'est là, à mon sens, que le bât blesse. Le porno est une idole, comprenez: une image faite par l'homme devant laquelle l'homme s'incline. Ecoutez Isaie, chapitre 44:

44:14  Il a coupé des cèdres, il a choisi un chêne et un térébinthe qu'il a laissés croître pour lui parmi les arbres de la forêt. Il a planté un pin que la pluie a fait grandir.
44:15  Les hommes le destinent au feu : il en a pris pour se chauffer, il l'a allumé et a cuit du pain. Mais aussi il a fait un dieu pour l'adorer, il a fabriqué une idole pour se prosterner devant elle.
44:16  Il en avait brûlé la moitié au feu, sur cette moitié il fait rôtir de la viande, la mange et se rassasie; en même temps il se chauffe et dit : " Ah! je me suis bien chauffé et j'ai vu la flamme. "
44:17  Avec le reste il fait un dieu, son idole, et il se prosterne devant lui, l'adore et le prie et dit : " Sauve-moi, car tu es mon dieu. "
44:18  Ils ne savent pas, ils ne comprennent pas, car leurs yeux sont incapables de voir, et leur cœur de réfléchir.
44:19  Pas un ne rentre en lui-même, pas un n'a la connaissance et l'intelligence de se dire : " J'en ai brûlé la moitié au feu et j'ai cuit du pain sur ses braises, je rôtis de la viande et je la mange; avec le reste je ferais une chose abominable, me prosterner devant un bout de bois! "
44:20  Il est attaché à de la cendre, son cœur abusé l'a égaré, il ne sauvera pas sa vie, il ne dira pas : " Ce que j'ai dans la main, n'est-ce pas un leurre ? "

Dans cette perspective, oui, il y a du boulot pour libérer la femme. Et le reste de l'humanité avec. 

1 Magazine Ving Ans, avril 2003. Sur ce "test" et sur le matraquage incessant dont les femmes sont l'objet, on lira avec profit ici l'excellente analyse de Michela Marzano, auteur notamment de Malaise dans la sexualité chez PUF.
Publié dans : Société
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