Partager l'article ! Ils sont beaux, mes fruits, ils sont beaux: Merci à Edmond Prochain pour le titre ;) C’est une info qui, sans passe ...
Merci à Edmond Prochain pour le titre ;)
C’est une info qui, sans passer tout à fait inaperçue, n’a guère provoqué de commentaires dans la presse généraliste. Le 17 mars dernier, le Vatican a confirmé la création d’une commission d’enquête sur les apparitions de Medjugorje. On comprend que l’info n’ait pas, en dehors du cercle assez réduit des pro- et anti-Medjugorje, soulevé l’enthousiasme des foules. Mais la création de cette commission est exemplaire de la façon dont Benoît XVI est décidé à s’attaquer à tout ce qui peut créer le scandale dans l’Eglise. On l’a vu avec la pugnacité dont il a fait preuve dans l’épouvantable dossier des Légionnaires du Christ, même au prix d’une tourmente telle que l’Eglise n’en avait pas connue depuis des années.
Petite parenthèse pour un rappel des faits. En juin 1981, six gamins de la petite ville de Medjugorje vont se cacher pour fumer (ce qu’ils ont reconnu sous serment). A leur retour, ils disent avoir vu une Dame (Gospa en croate). Les franciscains qui tiennent la paroisse les soutiennent. La nouvelle se répand. Les messages de la Dame, qui révèle être la Sainte Vierge, se suivent, bizarres, contradictoires, et pour tout dire bien peu orthodoxes. L’apparition incite en effet à désobéir à l’évêque, demande à ce qu’un chauffeur de taxi jette un mouchoir ensanglanté à la rivière pour éviter la fin du monde, manque faire tomber l’Enfant Jésus, etc. Les voyants se contredisent à maintes reprises. Des religieux qui les entourent sont convaincus de mensonge, voire pire (deux au moins ont eu des enfants). La totalité des mensonges, semi-vérités, bizarreries et bourdes théologiques de la Gospa ne tiendrait pas en 100 pages ; ceux qui veulent aller plus loin, consulteront avec profit l’excellent site de Michel Leblanc Vitam Impadere Vero.
Revenons-en plutôt à la commission, dont on peut consulter la liste exhaustive ici. Pourquoi est-elle exceptionnelle ? Tout d’abord parce qu’en matière d’apparitions, Rome ne se prononce jamais. Ou du moins pas avant l’ordinaire du lieu. En l’espèce, les évêques successifs de Mostar, Mgr Zanič tout d’abord puis son successeur Mgr Perić, ont dénié aux apparitions de la Gospa tout caractère surnaturel.
Ensuite, parce que la composition de cette commission est extrêmement intéressante si l’on y regarde de plus près. Un certain nombre de ses membres, en effet, à commencer par son président, ne croit pas aux apparitions de la Gospa.
Commençons justement par le président, Mgr Camillo Ruini. Cet ancien vicaire de Rome, ex-président de la Conférence
épiscopale italienne, est un fin politique. Estimé de Benoît XVI, il n’avait pas hésité à faire de la CEI
une voix importante du débat politique italien. A la retraite depuis peu, il avait à plusieurs reprises manifesté de sérieuses réserves quant à l’authenticité des apparitions de Medjugorje,
notamment lorsqu’il avait été chargé par le cardinal Ratzinger de trancher l’affaire de la Madone de Civitavecchia, une statue de la Gospa qui pleurait des larmes de sang. L’évêque du
lieu avait alors réuni à la hâte une commission qui s’était prononcée en faveur du constat de supernaturalitate (i.e. « cause surnaturelle ») le 19 avril 1995, par sept voix
pour, une voix contre et trois abstentions, dans une ambiance fort œcuménique (le maire communiste de cette petite cité, imaginant déjà les retombées économiques de l’affaire, avait offert de
l’argent à l’église locale pour la construction d’une basilique), à peine assombrie par le fait que le sang sur la statue était masculin et que son propriétaire avait fait appel à la Cour
constitutionnelle italienne pour s’assurer de son droit à ne pas faire les examens sanguins requis par l’évêque. Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait
décidé de casser la décision de supernaturalitate en créant à son tour une commission, présidée déjà par Ruini, qui a conclu à un constat de
non-supernaturalitate.
On trouve également dans cette commission le cardinal Angelo Amato. Un autre fidèle de Benoît XVI avec lequel il a travaillé à la Congrégation pour la doctrine de la foi avant de devenir préfet de la Congrégation pour la cause des Saints. Il y remplace depuis 2008 un adversaire déclaré de Medjugorje, le cardinal Saraiva Martins (voir son interview ici), atteint par la limite d’âge. Mgr Amato est lui aussi extrêmement réticent devant les prétendues apparitions. En voici pour preuve l’instruction qu’il a donnée à la Conférence épiscopale de Toscane en 2007, où il invite les évêques toscans à diffuser la position de l’évêque de Mostar.
Parmi les autres cardinaux, le cardinal Julian Herranz, membre de l’Opus Dei, président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs et président de la Commission disciplinaire de la curie romaine. On sait que l’Opus Dei, comme beaucoup de mouvements classés à droite de l’échiquier romain, n’est pas grandement fan de Medjugorje ; et le fait qu’un spécialiste de la discipline ecclésiastique soit compté dans la commission est assez révélateur. Surtout lorsque l’on sait que plusieurs franciscains proches des voyants, le père Tomislav Vlasic, le père Vego, le père Zovko, le père Prusina, ont été lourdement sanctionnés par l’Eglise ; le père Vlasic, par exemple, a été suspendu a divinis pour hérésie, schisme et actes scandaleux contra sextum (contre le 6e commandement) – en raison de l’enfant qu’il a eu avec une religieuse.
Du côté des autorités locales, c’est le cardinal Vinko
Puljic, archevêque de Sarajevo, président de la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, qui siège à la commission, et non l’évêque de Mostar, Mgr Peric. Cela semble assez
malin : le pauvre Mgr Peric a subi tant d’injures de la part des partisans de Medjugorje qu’une décision invalidant les apparitions apparaîtrait aussitôt, s’il était membre de la commission,
comme l’œuvre de Satan au sein du Vatican. S'ajoute à ceci un point de droit: il ne peut être à la fois juge et partie. Quant à Mgr Puljic, il s’était plaint en 2004 de ce que les phénomènes
de Medjugorje étaient « source de divisions dans l’Eglise » ; s’appuyant sur la décision de la Commission épiscopale bosniaque, qui avait dénié en 1991 tout caractère surnaturel
aux apparitions, il affirmait en novembre dernier : « Le problème doctrinal du phénomène de Medjugorje est
résolu, mais sa signification pastorale doit encore être pris en compte ».
Deux franciscains dans la commission. C’était incontournable : il est probable que l’affaire Medjugorje n’aurait jamais pris une telle ampleur sans la complicité des franciscains du lieu, en guerre ouverte contre les évêques successifs de Mostar depuis des années. Il faut savoir que la Bosnie a été pour une immense part évangélisée par les disciples de Saint François ; que ceux-ci y sont devenus une véritable élite économique et politique, et que lorsque Rome a nommé pour la première fois, en 1980, un évêque qui n’était pas issu de leurs rangs et qui a eu l’outrecuidance de demander à ce que les paroisses sous contrôle franciscain soient rendues au diocèse, ce fut un tollé et le début d’une guerre de tranchées entre le diocèse et les frères locaux. Les voyants de Medjugorje n’obtenant pas de soutien – bien au contraire – de la part de Mgr Zanic, ils s’allièrent aux franciscains rebelles et l’on vit la Gospa fustiger l’évêque et appeler à la désobéissance. Depuis, de nombreuses sanctions sont tombées sur les frères rebelles ; mais il aurait été de fort mauvaise politique d’écarter l’Ordre des frères mineurs de cette commission. On va voir que le choix des deux franciscains dans cette commission est loin d’être anodin.
Tout d’abord, le père David Jaeger. Un spécialiste des dossiers ultra-sensibles. De nationalité israélienne, il a suivi pour le Vatican pendant des années le dossier ô combien épineux et complexe de l’application, toujours lettre morte à ce jour, de l’Accord fondamental entre le Saint-Siège et Israël.
Le deuxième franciscain est le père Zdzisław Józef Kijas. Encore un profil intéressant : recteur de l’Université pontificale de Théologie Saint-Bonaventure à Rome, il n’est membre de la
Congrégation
pour la Cause des Saints que depuis janvier de cette
année. Un mois de janvier riche en événements dans l’affaire qui nous intéresse ; convocation du Cardinal Schönborn (voir infra) et
volte-face aussi subite qu’étrange du principal thuriféraire de la Gospa, René
Laurentin. On peut se demander si cette nomination n’a pas été justement faite en vue de la création de la commission.
On le voit, cette commission ne paraît guère devoir s’occuper du caractère surnaturel ou non des apparitions ; la religion de ses membres semble faite, si j’ose dire. Ajoutez à cela que le pape actuel a lui-même réduit à l’état laïc le père franciscain Vlasic ; que le cardinal Schönborn, après une visite-surprise à Medjugorje, a été convoqué précipitamment à Rome (en général, pour des félicitations, on ne hâte pas les choses ainsi) ; que Benoît XVI alors cardinal Ratzinger, a fermement démenti (voir ici avec photocopie de la lettre originale) les histoires apocryphes qui courent sur une soi-disant vénération par lui-même ou son prédécesseur de la Gospa, et l’on voit que si Benoît XVI est bien décidé à s’attaquer au dossier Medjugorje, ce n’est probablement pas pour reconnaître les apparitions.
Il faut sans doute plutôt y voir la continuation d’une opération de purification d’un Benoît XVI décidément étonnant. Après s’être attaqué au dossier des intégristes, puis des Légionnaires du Christ, le voilà qui continue à lever un à un les dossiers sensibles. Et Dieu sait que celui-ci l’est. Parce que Medjugorje, ce n’est pas uniquement une affaire d’apparitions ou pas. C’est également une affaire de fruits.
« Les fruits de Medjugorje »… L’argument principal des défenseurs des apparitions. Des millions de pèlerins qui se rendent sur les lieux depuis 30 ans. Des conversions, des gens qui retrouvent le chemin de la prière et des sacrements. C’est indéniable. Ces gens-là ont droit à une parole claire de l’Eglise. Cette parole existe, depuis que l’évêque de Mostar suivi par la Conférence des évêques bosniaques a rendu son verdict. Mais les partisans de Medjugorje n’ont cessé de dénigrer ces décisions en arguant que c’était à Rome de trancher, et ils l’ont si bien fait que la voix des évêques locaux est devenue inaudible ou suspecte pour beaucoup. Aujourd’hui, beaucoup de pèlerins sincères sont persuadés que l’Eglise ne s’est pas prononcée. Il fallait donc que Rome se saisisse du dossier pour mettre un terme à la controverse.
Il faut aussi que l’Eglise puisse accompagner en discernement et en vérité les fidèles sur place. Ce qu’elle fait déjà – mais la tâche n’est pas aisée ; là-bas, vous pouvez assister aux « visions » des voyants, puis vous confesser à un prêtre qui pense que ces visions sont une supercherie. Et il y a l’implication d’une partie non négligeable du Renouveau charismatique à Medjugorje - partie totalement absente de la commission vaticane par ailleurs – qui pose un problème supplémentaire : on sait que beaucoup de communautés nouvelles ont le vent en poupe et voient affluer beaucoup de convertis. On le voit, la comparaison avec la gestion du dossier des Légionnaires du Christ (que Joachim Bouflet avait déjà faite) n’est pas fortuite : un mouvement qui recrute énormément, qui suscite des vocations nombreuses, cela ne vaudrait-il pas la peine de fermer les yeux sur les irrégularités que l’on y constate ?
Et puis il y a tout un volet politique à cette affaire. Quand on sait que les pèlerinages à la Gospa constituent la principale source de devises étrangères de la Bosnie Herzégovine, on comprend pourquoi la commission vaticane comporte autant de diplomates et de fins politiques.
La commission a décidé de prendre son temps. On ne peut que l’en féliciter. Sortir de ce sac de nœuds ne se fera pas en quelques jours. Mais quand même… Quel début de pontificat. Chapeau Benoît XVI.
l'adhésion est tellement passionnée, bien souvent, que les résultats seront vraiment difficiles à entendre.
Oui, c'est bien pour cela à mon sens que la commission est truffée de diplomates habitués aux sujets sensibles. Et beaucoup de gens ont foi en ces apparitions qui ne sont pas, loin de là, des illuminés ou des idiots. Le travail qui vient de commencer sera délicat.
Merci pour cet article. Cette problématique a accompagné toute ma vie monastique (entrée au monastère en 1982) avec une grande admiration pour Laurentin. Par ailleurs merci en général pour la tenue de vos propos.
Bien à vous.
Pour ma part, je m'intéresse depuis un certain temps aux faits de Medjugorje. Et j'ai donc proposé sur le sujet un grand nombre d'articles à V.i.v.free.fr.
Ce qui m'a particulièrement convaincu de la fausseté des apparitions, c'est le comportement des partisans de Medjugorje, systématiquement le même, dans les discussions que j'ai eues avec eux. Je présentais mes raisons le plus objectivement possible, et c'était ma personne qui était attaquée. Ils n'hésitent pas non plus à s'en prendre violemment aux Evêques successifs de Mostar, dont ils récusent toute légitimité. Ce qui ne les empêche pourtant pas de mettre en avant le soutien d'autres Evêques favorables à Medjugorje.
Mais leur rage à vouloir discréditer ceux qui ne sont pas de leur avis m'a profondément blessé. "Si vous ne croyez pas aux apparitions, disent-ils en substance, vous n'aimez pas la Sainte Mère de Dieu; vous n'êtes pas un vrai spirituel, etc." Et quand ils accusent Mgr Zanic, les historiens, les journalistes qui ont abordé le sujet, de mensonges, est-ce digne?
Les échanges ne sont pas possibles, ils ne servent qu'à vous aigrire. Et l'impression de n'être pas vraiment lu par vos contradicteurs est pénible. J'en ai fais tout récemment encore l'amère expérience. Non vraiment, les "apparitions" de Medjugorje ne respirent pas la paix.
Contente de vous recroiser Blaise ;)
Oui, il est triste de constater que le fait de refuser de croire à la Gospa signifie, pour nombre de ses partisans, ne pas aimer Marie et donc être un mauvais chrétien.
Dans le même temps, je comprends ces réactions. Quand on a reçu la grâce de la conversion à Medjugorje, et beaucoup de gens je le répète ont reçu cette grâce là-bas, mettre en doute Medjugorje peut bien évidemment être perçu comme une attaque de la conversion elle-même, voire de la grâce tout court. Or Dieu dispense ses grâces partout, y compris à Medjugorje. Il ferait beau voir que les mensonges des voyants l'en empêchassent. Simplement - et cela nous concerne tous, que nous ayions été convertis à Medj ou pas - il y a un après la conversion. Une fois qu'on a fait demi-tour, il reste à se remettre en marche, à avancer. Et sans doute -là je me base sur mon expérience personnelle - à nous détacher un peu de ce moment de la conversion.
La conversion de Paul est exemplaire à ce sujet. Sa conversion? Un choc semblable à ce que des milliers de gens ont pu expérimenter à Medj ou ailleurs; choc qui bouleverse, qui retourne... et qui immobilise... le temps qu'il faut. La conversion de Paul n'aurait sans doute pas eu le même effet s'il était resté un converti - aveugle et prostré - à Damas. C'est à la fois en se détachant de l'événement originel tout en s'y référant qu'il est devenu Saint Paul.
Mais ce travail-là n'est simple pour personne.
Bonjour,
Même constat que Blaise.
Il y a un an, je me suis un peu intéressé à la question, et j'ai eu l'occasion d'échanger cordialement sur le sujet avec divers partisans de Medjugorje. A ceci prêt que la cordialité n'a pas toujours été à double-sens. Voici ce que j'avais écrit il y a un an, en réponse à certains qui se posaient des questions sur Medjugorje : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=83311#p83311
A part ça merci pour cet article très bien documenté. Ils m'ont aussi permis de découvrir les articles de Blaise que je ne connaissais pas, et qui sont riches également de pièces importantes pour la connaissance du dossier.
Le fil est passionnant, et m'a rappelé que dans les franciscains sanctionnés j'ai oublié le père Barbaric ;)
Oui, Blaise et l'équipe de VIV font un travail remarquable et courageux.
Peut-être que je me trompe totalement, mais on dirait que tout ce qui fait dans la fabrication de masse de vocations est remis en cause en ce moment par Benoît XVI. Que ce soit chez les Légionnaires du Christ ou à Medjugorje (j'ai bien d'autres noms en tête mais je ne connais pas suffisamment les dossiers), ce qui est reproché est d'abord un manque de discernement dans les vocations et les grâces obtenues. Les grands élans suscitant des foules énormes et pas toujours objectives ne semblent pas être du goût du Pape, même s'ils sont fort prisés de la jeune génération catholique. En somme, ne sommes-nous pas appelés à un peu plus de recul dans notre adhésion à tel ou tel courant spi ou "phénomène catho", à être un peu moins groupie et un peu plus dans le discernement? C'est ce qui me semble émerger de l'ensemble de l'action de Benoît XVI, et pas seulement sur ces deux dossiers.
Bien d'accord avec vous Etcetera. On pourrait même dire que c'est une autre manière de se positionner fermement contre l'ultralibéralisme, fût-il religieux: pas de politique du chiffre dans l'Eglise.
D'autant que les chiffres en question sont truqués. On compte les entrées... pas les sorties. Et pour le cas des LdC, les sorties sont nombreuses.
Bonjour Natalia,
Quelle joie de faire la connaissance d'une fruiticultrice avouée! Merci pour cet article documenté.
Du sac que vous avez évoqué à la fin de votre contribution, je me permets de vous pointer un nœud medjugorjien que la nouvelle Commission n'osera peut-être pas trancher.
Il s'agit du rôle joué par le Cardinal Joseph Ratzinger à la remise du verdict de la deuxième Commission élargie, en mai 1986, par l'évêque de Mostar, Mgr Pavao Zanic. On se souvient que la majorité des membres de ladite Commission a voté non constat de supernaturalitate.
À l'automne de la même année, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), le Cardinal Ratzinger, soumet au Cardinal Franjo Kuharic [président de la Conférence épiscopale yougoslave (CÉY)] et à Mgr Zanic un communiqué rédigé en français, langue diplomatique encore respectée, annonçant l'instauration d'une troisième Commission chapeautée par la CÉY.
Il semble que cette intervention n'ait pas été appréciée par les autorités ecclésiastiques visées dans la Yougoslavie d'alors, sauf par l'une de celles-là, Mgr Frane Franic, l'archevêque de Split qui avait fait son nid " incognito ", auprès des franciscains de Medjugorje, dans un élan de provocation qui a servi de modèle au Cardinal Christoph Schönborn…
Pourquoi le Cardinal Ratzinger a-t-il agi ainsi ? Raison d'État? Oui, le Vatican avait des relations diplomatiques avec la Yougoslavie, pays de l'Est non aligné. Raison charismatique? Oui, le lobby de ce mouvement était puissant à Rome, et le pape Jean-Paul II accordait fréquemment l'hospitalité à Don Stefano Gobbi, l'initiateur du Mouvement Sacerdotal Marial qui avait rendu visite à la Dame de Medjugorje et l'avait " reconnue ".
Conviction personnelle qui l'incitait à " gagner du temps " ? Peut-être, car l'ambiguïté est bien présente dans son Entretien sur la foi, p. 129-131 :
Journaliste Vittorio Messori :...Il est bien connu que, depuis plusieurs années déjà, un village de Yougoslavie, Medjugorje, est au centre de l'attention mondiale dans la mesure où s'y renouvellent des " apparitions " qui - vraies ou prétendues - ont déjà attiré des millions de pèlerins, mais ont provoqué aussi de douloureuses polémiques entre les Franciscains qui dirigent la paroisse et l'évêque du diocèse local. Prévoit-on une intervention clarificatrice de la Congrégation pour la doctrine de la foi, suprême instance en la matière, naturellement avec l'approbation du Pape, indispensable au bas de chacun de ses documents ?
Cardinal Ratzinger : " Dans ce domaine, plus que jamais, la patience est un élément fondamental de la politique de notre Congrégation. Aucune apparition n'est indispensable à la foi, la Révélation est close avec Jésus-Christ. Lui-même est la Révélation. Mais nous ne pouvons certes pas empêcher Dieu de parler à notre temps, à travers des personnes simples, et même au moyen de signes extraordinaires qui dénoncent l'insuffisance des cultures qui nous dominent, marquées par le rationalisme et le positivisme. Les apparitions que l'Église a approuvées officiellement - avant tout Lourdes, ensuite Fatima - ont eu leur place précise dans le développement de la vie de l'Église au siècle dernier. Elles montrent entre autres que la Révélation - bien qu'elle soit unique, close et donc indépassable - n'est pas chose morte, qu'elle est vivante et vitale. Du reste - sans parler de Medjugorje, sur lequel je ne puis exprimer aucun jugement, le cas étant encore à l'examen -, un des signes de notre temps est que les annonces d'" apparitions mariales " se multiplient de par le monde. Même d'Afrique, par exemple, et d'autres continents, arrivent des rapports à notre section disciplinaire. "
Vittorio Messori : Mais, outre cette constante de patience et de prudence, sur quels critères s'appuie la Congrégation pour formuler un jugement devant ces faits qui se multiplient ?
Cardinal Ratzinger : " L'un de nos critères consiste à séparer le côté "surnaturel", véritable ou supposé, de l'apparition, de ce que représentent ses fruits spirituels. Les pèlerinages de la chrétienté antique se dirigeaient souvent vers des lieux à propos desquels notre esprit critique d'hommes modernes resterait parfois perplexe quant à la "vérité scientifique" de la tradition qui s'y trouve liée. Cela n'empêche pas que ces pèlerinages étaient fructueux, bénéfiques, importants pour la vie du peuple chrétien. Le problème n'est pas tant celui de l'hypercritique moderne (qui finit d'ailleurs par être une forme de nouvelle crédulité) que celui de l'estimation de la vitalité et de l'orthodoxie de la vie religieuse qui se développe autour de ces lieux. "
Toujours est-il que je ne peux m'empêcher de penser que les " hautes autorités " - pas les Ordinaires de Mostar qui se sont succédé - portent une grande part de responsabilité dans le fait que les " choses aient traîné " et qu'on ait laissé la voie/voix libre aux promoteurs de la Dame de Medjugorje qui en ont profité pour allonger les fruits sur la table, laquelle avait déjà été mise par le Cardinal Préfet…
Qu'en pensez-vous, Natalia ? Dites-moi si j'erre, je m'ingère ou mal digère !
Cordialement,
Louis
Cher Louis,
Votre apport est très intéressant. On le sait, la machine bureaucratique de l'Eglise est extrêmement lente (on l'a vu, douloureusement, dans plusieurs cas de pédophilie par des prêtres ces derniers temps). Et la configuration "politique" au Vatican n'était pas exactement la même à l'époque. On ne peut que constater qu'un certain nombre de dossiers sensibles ont été balayés sous le tapis durant le précédent pontificat, qui par ailleurs était un grand pontificat.
Serait-il possible que vous mettiez un lien sur le document dont vous parlez? Une vieille obsession des sources ;)
Bonne journée ami fructiculteur!
Merci pour votre analyse.
On ne peut pas reprocher aux hautes autorités de n’être pas intervenues : ce n’est normalement jamais les cas. Le Vatican laisse toujours le discernement des mariophanies aux évêques de l’ordinaire.
Mais certains défenseurs de Medjugorge ont refusé les jugements des évêques de Mostar en prétendant (hypocritement) que ça ne relevait pas de leur charisme, et que ça revenait à Rome de juger, ce qui oblige aujourd’hui le Vatican à intervenir pour rétablir l’ordre.
En tous cas, le courage des 2 évêques de Mostar est remarquable : la tentation a du être forte, sans soutien, d’aller dans le sens du vent…
Vivement que la lumière soit faite, la dévotion mariale (auquel je suis très attaché) a tout à y gagner.
Article très intéressant, gros travail d'analyse et de mise en perspective, bravo !
C'est effectivement une très bonne nouvelle que le Vatican essaye de donner quelques éléments sur Medj' tant les débats sont souvent assez explosif, et frustrant car au final il est impossible d'avoir des éléments très fiables pour juger.
A suivre donc, avec le risque, que la commission ménage la chèvre et le choux, sans vraiment prendre parti.
Cela me rappelle les débts sur les apparitions de la Salette. Je repense notamment à Louis Massignon qui, jeune converti, ne savait pas quel crédit y accorder. Il fallait toute la bonté d'un Charles de Foucauld pour lui redire que l'essentiel n'était pas là...
Ah Medj', toute ma vie de jeune croyant a été bercée par ces débats entre le curé et les paroissiennes, entre les contre et les pour, etc. Merci pour ce dossier de fond...
Il est effectivement curieux ce Benoit. Je me rappelle ses mots à Cologne
"Le pape Jean-Paul II, qui, dans les nombreux saints qu’il a proclamés, nous a montré le vrai visage de l’Église, a aussi demandé pardon pour ce que, dans le cours de l’histoire, en raison de l’action et de la parole d’hommes d’Église, s’est produit de mal. De cette manière, il nous a aussi fait voir notre vraie image et il nous a exhortés à entrer avec tous nos défauts et toutes nos faiblesses dans le cortège des saints, qui a commencé avec les mages d’Orient. En définitive, que l’ivraie existe dans l’Église est consolant. Ainsi, avec tous nos défauts, nous pouvons néanmoins espérer nous trouver encore à la suite de Jésus, qui a précisément appelé les pécheurs."
Ces mots m'avaient marqués à l'époque. Ils étaient prophétiques. Cela fait du bien de voir un homme qui semble chercher ce qui est vrai...
Merci pour ce très bon article bien documenté
Moi j'ai rassemblé 200 arguments contre l'authenticité des 'apparitions de Medjugorje après 24 visites là-bas
Les mensonges, les manipulations, la désobéissance sont tellement flagrantes que Rome ne peut conclure que 'constat de non supernaturaltate'.
Le problème est sur le plan pastoral. Notre église est en crise. Les gens cherchent la vérité partout(sectes, fausses apparitions,...)
Seulement de l'authenticité peut encore sauver l'église. Donc la commission ne peut pas conclure "Ils n'y a pas d'apparitions surnaturelles à Medjugorje, mais les pélerinages sont permis"
Medjugorje est le fruit des 'voyants' et franciscains qui trompent le monde entier et qui s'enrichissent scandaleusement.
Donc l'église doit être logique et conséquent :pas d'apparitions, donc pas de pélerinages basés sur des fausses apparitions!
La Vérité a ses droits
mark waterinckx belgique
Quel article passionnant!
Merci.
Je vous prie de ne pas manquer au devoir de Charité et je vous rappelle les paroles de Gamaliel: Si cela vient du Seigneur vous pourriez vous trouver en train de lutter contre les dons du Sain Esprit. Laissez L'Eglise discerner et ne manquez pas à la Charité. Pour vous les milliers de conversions et la vie de preière de millions de personnes serai-t-il l'oevre de Satán? Le Seigneur Dieu en voyant notre détresse ne pourrait-il pas nous envoyer sa Mère pour nous conduire avec amour à son Fils Bien-Aimé? Devrait-il vous en demander la permission à vous?
Que le Seigneur vous benisse et vous accorde le don de Charité. Merci
Bonjour,
Et merci de vos prières. Je vous assure que je ne pense pas que les conversions soient l'oeuvre de Satan; comme je l'ai dit plus haut, Dieu dispense ses grâces où il veut, et Satan serait bien en peine de l'en empêcher; le christianisme n'est pas un manichéisme dans lequel un dieu bon et un dieu mauvais seraient à égalité. Attendons sereinement et filialement les décisions du Saint-Père, en sachant que les mariophanies ne sont pas un article de foi.
Article très intéressant et très bien documenté mais vous ne citez pas parmi les membres de la commission Mgr Tony Anatrella, psychanliste, et titulaire par ailleurs d'un doctorat en psychologie sociale. Le choix d'un psy pour ce genre d'enquête est-il d'usage ?
Comme vous l'avez remarqué, je n'ai pas cité la totalité des membres de la commission. Mgr Anatrella en fait partie - c'est aussi un fidèle de Benoît XVI, on l'a vu notamment sur les questions d'homosexualité lorsqu'il a inspiré le fameux rapport "Instruction sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux ordres sacrés". A ma connaissance, il est effectivement d'usage que l'on demande à des spécialistes de la santé mentale d'effectuer une expertise; de même que les prêtres exorcistes sont en général formés solidement en psychiatrie ou du moins en psychologie. Tout simplement parce que certaines formes de troubles psychiques, notamment les stigmates (ce qui n'est pas le cas à Medjugorje) peuvent s'expliquer par des troubles hystériques ou autres.
Lors de sa première réunion, le 26 mars dernier, la commission a également entendu le père Mijo Nikic, professeur de psychologie et de psychologie des religions à l’Institut philosophique et théologique des jésuites de Zagreb, et le père Mihaly Szentmartoni, professeur de spiritualité à l’université pontificale grégorienne de Rome. Ce dernier est également psychiatre; il avait dirigé en 1988 le comité médical de la commission mise en place par la Conférence des évêques bosniaques. Le comité avait conclu que les six voyants étaient équilibrés et ne manifestaient ni psychoses, ni hystérie.
Merci à Nystagmus pour ce rappel.On a parfois tendance à oublier que dans l'histoire des apparitions jamais des voyants n'ont fait l'objet d'autant d'examens de toutes sortes que ceux de Medjugorje.
Il est bon de rappeler en effet que le 14 mai 1988, la sous-commission médicale de la Conférence des évêques de l'ex-Yougoslavie a émis la déclaration suivante, après les examens effectués sur les 6 "voyants" et selon les critères en usage à la Congrégation pour la doctrine de la foi:
1. Toutes les personnes examinées sont psychiquement équilibrées.
2. Il n'existe pas de maladie psychique ou inclination psychopathologique qui auraient pu influencer ce supposé événement surnaturel. Pas plus que de psychose ou hystérie collective.
J'ai trouvé ces renseignements dans l'excellent site "www.comprendre-medjugorje" . Sur un sujet qui soulève parfois les élans passionnels (pour et contre), l'auteure de ce site a su garder une attitude paisible, rationnelle et fidèle au Magistère de L'Eglise.
On peut aussi trouver une série d'entretiens très intéressants (à mon avis bien sûr!) entre Joachin Bouflet, auteur de nombreux livres sur Medjugorje et Daria Klanac qui connaît particulièrement bien la langue parlée à Medjugorje. Ces entretiens sont relativement récents: nov 2008 - janv 2009 - août 2009.
A propos de "Medjugorje ou la fabrication du surnaturel" J.B. reconnaît avoir avoir "été très polémique et dit le regretter..." Il reconnaît aussi certaines erreurs dues au fait qu'il ne connaît pas le serbo-croate.
Je fais entièrement confiance à la nouvelle commission qui vient d'être créée. "L'affaire" passe donc de la juridiction de l'évêque de Mostar, aujourd'hui Mgr Péric, sous celle de la CDF.
Bonjour
J’ai lu (ou plutôt relu ?) l’entretien entre Joachim Bouflet et Daria Klanac.
Les propos acerbes de Daria Klanac, dirigés contre le livre de l’anthropologue Elisabeth Claverie, Les Guerres de la Vierge, m’ont particulièrement intéressé. Manifestement, elle ne l’a pas aimé (contrairement à Joachim Bouflet). Et pourtant elle s’est contentée d’en souligner quelques erreurs aisément corrigeables, sans remettre en cause le travail accompli. Bien sûr, Mme Klanac aimerait bien que nous prenions la partie pour le tout ; mais son silence sur le contenu de l’ouvrage trahit bien son embarras.
J’ai mis en ligne quelques extraits des Guerres de la Vierge, ainsi que d’un article paru dans la revue Terrain, dus à Mme Claverie :
http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article4333
http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article4314
http://v.i.v.free.fr/spip/spip.php?article4243
Elle s’est donné comme règle méthodologique de ne pas se mettre en position de surplomb, et s’est gardée de porter un jugement, qu’il soit négatif ou positif, sur les acteurs de son enquête. De ce point de vue, c’est très intéressant de voir comment elle confronte les différents discours des acteurs, depuis le début des phénomènes jusqu’à l’achèvement de l’enquête, qui a duré plus de dix ans. Pour vous faire une idée synthétique de sa démarche, je vous conseille ce lien, qui renvoie aux différents articles qu’elle a publiés dans la Revue Terrain :
http://terrain.revues.org/index432.html?type=auteur
Cordialement
Blaise
Merci Blaise!
Pour vous c'est une bonne chose que cette enquète soit faite par des gens qui ont pour la plupart déjà décidé?
Personnellement je la confierais plutot à des gens qui n'auraient pas d'opinion préfixées... Cela dit, c'est vrai que BXVI est un grand pape.
Pour JPII, je ne sais pas trop: vu que je suis né en 1988, je me souviens surtout de ses tremblements et de sa souffrance...
Bonjour Panouf,
Je ne sais si c'est une bonne chose ou pas, ce n'est pas mon propos; en revanche cela, à mon sens, en dit long sur la façon dont le Saint-Père envisage l'affaire: comme un problème pastoral (que faire avec les milliers de gens sincères qui se rendent à Medj) plutôt que comme un problème de discernement (y a-t-il eu apparitions ou pas).
@Nystagmus: en efet, et il doit avoir des raisons de penser cela...
C'est vrai que c'est révélateur, d'autant plus que le papae a du se renseigner avant de choisir la composition de ce groupe...
Vous maniez tellement bien la langue française qu'on croirait que vous êtes vraiment bien informé. C'est votre droit de penser ce que vous voulez, mais il faut quand même un peu d'honeteté et sans parti pris. Ce que vous racontez au début lorsque citez le contexte de l'événement des apparitions n'a rien de vrai. Renseignez davantage ; il ne faut pas dérouter les gens même si ce n'est pas un dogme auquel il faut obligatoirement croire. Vous semblez vous posez en spécialiste alors que réelles informations. Pourquoi vous vous échauffez ? Laissez la commisssion faire son travail et on verra les résultats. Qui vivra, verra!
Ce qui me donne de croire en l’authenticité des évènements de Medjugorje, c’est donc tout d’abord l’autorité et la crédibilité des témoins de Medjugorje, au premier rang desquels les voyants eux-mêmes : « six témoins qui ne se sont jamais contredits, six enfants qui sont passé par l’adolescence et sont maintenant des adultes sans qu’aucune des crises inhérentes à notre condition humaine ne porte la moindre ombre sur l’authenticité des messages. » (Frère Ephraïm).
On pourrait citer encore le Père Jozo Zovko, ancien curé de la paroisse de Medjugorje au moment des premières apparitions en 1981, à qui la Vierge est apparue dans l’Eglise, et le Père Slavko Barbaric(décédé en 2000).
Mais aussi, parmi les partisans de Medjugorje :
- l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, le cardinal Hans-Urs Von Balthasar (" il n’y a qu’un seul danger avec Medjugorje, affirmait-il : c’est de passer à côté !").
- Mère Térésa ("Avant chaque messe, disait-elle, nous prions toutes un "je vous salue Marie" à la Vierge de Medjugorje").
- le Pape Jean-Paul II lui-même (qui dit un jour à la voyante Mirjana Soldo, dans une conversation privée : « Si je n'étais pas le Pape, je serai déjà à Medjugorje en train de confesser »).
- le Père René Laurentin, historien reconnu des apparitions de Lourdes, Pontmain, et de la rue du Bac.;
- le Père Daniel-Ange, et Monseigneur André-Mutien Léonard, ce dernier déclarant au Bulletin de Presse de Medjugorje en date du 23 août 2000 : « Je désire demeurer ouvert à l´événement. Je connais des évêques amis qui ont comme règle de conduite de dire : “ attention, si nous sommes ouverts à l´événement de Medjugorje nous risquons peut-être d´encourager quelque chose qui n´est pas authentique ”. Il y un risque. Moi je suis sensible plutôt au risque inverse, je me dis : “ il est possible également, il est probable que le Ciel ait parlé aux hommes en ce lieu et je ne désire pas prendre le risque de me fermer à priori à cette grâce ” (…) Il y a le risque de passer à côté d´un don de la grâce. »
- la Communauté des Béatitudes, en particulier Frère Ephraïm (son fondateur) et Sœur Emmanuel,
- et tant d’autres : on pourrait en citer des pages et des pages, autant de personnalités fortes dans l’Eglise que beaucoup de catholiques seraient sans doute bien inspirés d’écouter.
... et plus modestement moi-même, qui ai repris le chemin de l'Eglise que j'avais abandonnée depuis longtemps.
Au regard de tous les livres en faveur de Medjugorje et des personnes dignes de foi : le Père Daniel-Ange (ardeur défenseur de ces apparitions mariales) le Père Laurentin, le Père Jean Derobert (confesseur de Pie XII)et fils spirituel de Saint Padre Pio, Monseigneur Shoenborn, le Professeur Loron (qui a étudié ces apparitions et également la stigmatisation de Myrna à Soufanieh) et de bien d'autres encore, je crois donc fermement, au regard de toutes les grâces reçues là-bas, que c'est bien l'oeuvre du Seigneur.
Chère Francine,
Vous avez, je vois, d'excellentes raisons de croire en l'authenticité des événements de Medjugorje. Sur chacun des points je pourrais vous répondre avec des faits vérifiés (la citation de Jean-Paul II, par exemple, est apocryphe, le père Laurentin a rempli un travail considérable sur Lourdes mais s'est déjà lamentablement planté sur Vassula Ryden, etc) mais en cherchant, notamment sur l'excellent site de Louis Bellanger www.medjupedia.org, vous trouverez aisément.
Vos raisons de croire sont donc sans doute excellentes, mais elles ne sont pas catholiques. Entendez-moi bien, je ne me permets absolument pas de juger du "niveau" de votre foi. Simplement en cette matière, dans notre belle Eglise, le discernement des choses surnaturelles est confié aux successeurs des apôtres que sont les évêques. Privilégier votre interprétation à la leur, c'est un droit que nul ne vous dénie, mais qui n'est pas catholique.
Bien cordialement à vous