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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 13:23

homoparentalite-hollande.jpgIl est quelque chose qui me déplaît souverainement dans le débat public actuel. Une dérive qui s'apparente à une forme de totalitarisme : je veux parler de la mort de la pensée devant l'affect.

Sur les questions dites ''de société'', depuis des années, c'est toujours le même schéma : on prend un cas particulier excessivement dramatique, et on le matraque partout de façon à ce que l'adversaire passe pour un épouvantable cœur de pierre s'il ose émettre un semblant de réflexion contradictoire. Le Pacs ? Il faut voir les débats de l'époque : la France était alors peuplée de personnes homosexuelles qu'aucune loi ne protégeait, qui se retrouvaient jetées à la rue sans possibilité de recours à cause de l'épouvantable famille de leur conjoint décédé qui captait leur héritage légitime. Jusque-là, les concubins hétérosexuels trouvaient bien le moyen de ne pas se marier sans que cela n'inquiète personne ; mais peu importe. On fit donc une loi pour pallier cette épouvantable atteinte à l'Amour.

Avec le débat sur l'euthanasie, même chose. Voici un cas particulier, celui d'une mère contrainte ''d'aider son fils à mourir'' parce que l'on refuse au malheureux le DROIT de mourir. Nos chaumières, abreuvées du sublime façon Nous deux + un roman et tétanisées par les larmes de cette famille brisée, trouvèrent absolument admirable qu'une maman administre à son fils pour le tuer du pentobarbital de sodium, un produit que les Etats-Unis eux-mêmes récusent dans la mise à mort de leurs condamnés.

Et voici qu'avec l'élection de François Hollande, nous nous précipitons à marche forcée vers l'ouverture du mariage aux couples homosexuels. Une véritable urgence, une priorité absolue : comme le reconnaissait ingénument Najat Vallaud-Belkacem dans une interview au magazine Hétéroclite il y a peu, comme de toute façon le nouveau président a les mains liées en matière budgétaire, ''cette loi ne coûtera rien aux finances publiques.[...] Dans cette campagne présidentielle, on a le sentiment que l’air est très lourd. Il y a la crise économique, les gens souffrent, on parle de sujets très sérieux, très techniques : l’économie, l’Europe, la finance, les banques… Une mesure comme celle-ci donnera l’occasion de respirer, de rêver aussi''. Le mariage gay comme opium du peuple en souffrance, en somme.

 

Et c'est toujours la même trame, le même scénario de ''débat'' pipé. Devant la souffrance terrible de Jean et Romain, marine-sarko-bayrou.jpgobligés de cacher leur couple aux yeux de l'Aide sociale à l'enfance pour que Jean puisse adopter la petite Emma, qui ne pourra jamais être élevée par Romain s'il arrive quelque chose à Jean, l'empathie s'emballe, la compassion déborde. Les sceptiques face à l'adoption par un couple homosexuel auront beau avancer leurs arguments, les larmes du camp d'en face balaient toute réflexion : quiconque raisonne froidement face à de tels drames ne peut au mieux qu'être insensible, au pire un affreux homophobe masqué.

 

Piégé, le débat. Quel débat d'ailleurs ? A coups de citations tronquées, de chiffres délirants (selon l'Association des parents gays et lesbiens, en 2001, 30.000 enfants vivaient dans des familles homoparentales ; en juin 2004, ils étaient 150,000 ; en septembre de la même année, 200.000 ; en 2005, entre 200 et 500.000) on tente de nous faire croire qu'en France, les couples homosexuels ont en moyenne quinze enfants et vivent dans une zone de non-droit familial absolu.

 

Le seul argument, dans les débats actuels consiste à dire : ''Et si c'était vous ? Si c'était vous qui étiez homosexuel, n'aimeriez-vous pas que l'on vous y autorise ?'' D'où la profusion de campagnes mettant en scène les hommes politiques, que ce soit pour l'euthanasie, l'homoparentalité... ou même contre l'avortement (même si cette dernière affiche, représentant François Hollande en foetus, est une parodie créée par le blogueur Fik Fikmonskov, elle a été largement diffusée sur les réseaux sociaux).

 

Faudra-t-il pour débattre, montrer patte blanche, justifier de sa propre souffrance, opposer la douleur du couple stérile à la détresse de l'enfant adopté ? Si oui, souffrez alors que je sois légitime : 100% de mon couple et 100% de ma fratrie sont adoptés. Est-ce assez ? Sans doute. Mais je refuse d'entrer là-dedans.

 

Si je suis opposée à l'adoption par les couples de même sexe, ce n'est pas du fait de ma propre histoire d'enfant adoptée. Je ne crois absolument pas que la légitimité se fonde sur l'expérience intime, qui varie d'une personne à l'autre. Sans doute cela me donne-t-il une sensibilité particulière à cette question ; mais elle n'est pas plus ni moins légitime que la sensibilité elle aussi épidermique de l'homosexuel qui veut adopter. Je ne crois pas non plus que les personnes homosexuelles soient dépourvues, loin s'en faut, des qualités nécessaires à l'éducation d'un enfant.

 

Par contre, je dis que l'homosexualité est par nature biologiquement stérile. Et qu'une loi décrétant le contraire n'y changera rien. L'anthropologie ne se décrète pas. Oui, on peut légiférer en disant qu'un enfant peut naître de deux hommes et de deux femmes, à l'image de l'adoption plénière qui inscrit l'enfant dans une filiation non biologique. Bien sûr qu'on le peut. Et cela ne donnera pas pour autant des suicides collectifs d'enfants de couples homoparentaux. Par contre, oui, ce sera plus compliqué pour eux.

 

hollande-foetus.jpgL'adoption, au fond, qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, qui se trouve par accident privé d'un père et d'une mère. Et qui rencontre un homme et une femme, par nature fertiles mais stériles par accident. Les uns et les autres trouvent dans l'adoption le moyen de réparer ce qui, dans leurs parcours de vie respectifs, constitue une blessure.

 

L'adoption, que sera-ce demain ? Ce sera un enfant, né par nature d'un homme et d'une femme, que l'on prive volontairement de son père et de sa mère. Et qui rencontrera deux hommes ou deux femmes, par nature infertiles, qui, refusant cette infertilité ontologique, feront comme si l'enfant avait pu naître d'eux.

 

Parce que dire qu'on peut être issu de deux hommes ou de deux femmes, c'est un mensonge.

 

On peut vivre dans le mensonge. On enrichit quelques psys au passage, on en bave, on est mal, mais on peut.

 

Mais ça reste un mensonge.

 

L'alliance VITA propose une pétition pour le droit de l'enfant à avoir un père et une mère. C'est ici.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Commentaires

"qui, refusant cette infertilité ontologique, feront comme si l'enfant avait pu naître d'eux".

Vous voulez dire, donc, que deux homosexuel(le)s, peuvent penser qu'un enfant peut naître de leur union ? Vous estimez sérieusement que l'intelligence leur fait défaut en plus de la capacité à enfanter conjointement ?

C'est porter bien peu de crédit à une réflexion parfois longue, douloureuse et frapper du sceau de la bêtise des hommes et des femmes qui se remettent sans doute plus en question que nombre d'entre nous.

Commentaire n°1 posté par Stieg le 16/05/2012 à 14h18

Heu... jamais je n'ai écrit, ni même pensé, que "l'intelligence leur fait défaut en plus de la capacité à enfanter conjointement".

Adopter un enfant, c'est l'inscrire dans une filiation, au sens le plus administratif du terme. Cela veut dire que, si l'adoption est ouverte aux couples homosexuels, sur la fiche d'état civil de l'enfant, il y aura écrit que l'enfant X est né de Mme Y et Mme Z. C'est tout.

Etpourquoi les personnes homosexuelles se remettraient-elles plus en question que ce que vous appelez énigmatiquement "nombre d'entre nous?" Autant, sûrement, différemment, sans doute (quoique), mais pourquoi "plus"?

Réponse de Nystagmus le 16/05/2012 à 14h22

Il y a quelques semaines, Le Monde proposait un test en ligne pour voir de quel candidat à la présidentielle on était le plus proche. Le site proposait unemagnifique réponse au sujet de l'adoption par des couples homosexuels : http://t.co/DMmjpweg

"Les couples homosexuels devraient, au moins, pouvoir avoir des enfants"

C'est vrai, merde quoi, qu'attend le nouveau président de la République pour les autoriser à tomber enceint(e)s ? Exemple à la fois drôle et triste des mensonges autour de ce sujet...

Commentaire n°2 posté par Goéland le 16/05/2012 à 14h20

Et bien voilà. C'est simple, c'est clair, c'est juste.

Commentaire n°3 posté par armel h le 16/05/2012 à 14h27

Ce qui est amusant, c'est que pour susciter l'émotion on entend le fameux "si c'était vous" mais dans le même temps sur les même sujet on est souvent disqualifié parce que l'on n'a jamais été concerné ("tu ne peux pas en parler, tu ne sais pas ce que c'est..."). Ce sont seulement des techniques pour fermer le débat dans une société qui se veut pourtant libérale.

Commentaire n°4 posté par nicolas le 16/05/2012 à 14h32

Tout ce long prolégomène pour finalement atterrir sur l'argument de nature... Ca fait long à lire pour pas grand chose...

Beaucoup d'associations militantes homos en font des tonnes et utilisent ces procédés larmoyants que vous décrivez, c'est bien vrai. Néanmoins, il y a aussi beaucoup de promoteurs du mariage et de l'adoption pour tous qui ont des arguments bien plus rationnels et entendables.

Malheureusement les mouvements de prosélytisme religieux ne sont pas bien plus honnêtes intellectuellement que les mouvements de prosélytisme gay.

Personnellement je ne me suis fait un avis que tardivement, étant à la fois de culture catholique et homosexuel. La tristesse de ce débat est qu'elle vide souvent de son sens le mariage, dès qu'elle le dissocie de l'adoption. Car le mariage n'existe pour moi qu'en vue de la création d'un foyer et donc de la perpétuation d'un peuple. Donc si on doit accorder le droit aux homos de se marier, il faut que cela vienne avec l'adoption. Sans possibilité de fonder une famille, on crée un mariage homo fantoche et dénué de sens. En revanche, après mure réflexion, je suis pour le mariage homo. Nombreuses sont les études de sources diverses qui montrent que les enfants d'homos ne sont pas plus malmenés que l'enfant moyen, étant entendu qu'il faut arrêter d'idéaliser le parcours de l'enfant moyen à une époque où 2 couples sur 3 divorcent notamment. Il y a de nombreux couples homos stables, sains d'esprits et de valeurs, tout à fait capables d'aimer des enfants et de s'en occuper, plus que bien des couples hétéros. Cette réalité là est souvent passée sous silence par les catholiques militants, qui ont une vision d'une homosexualité qui serait nécessairement frivole. Et vous reconnaissez vous même qu'il n'y a pas de raison de penser que les homosexuels n'auraient pas la capacité d'élever des enfants.

J'ajoute qu'offrir un cadre légitime et reconnu aux homosexuels est aussi un moyen fort pour eux de construire des couples plus stables et donc plus prompts à durer et à accueillir des enfants. Un couple qui n'est reconnu par rien que par un vague PACS n'a aucune raison de se battre pour rester ensemble lorsque surviennent les doutes et les épreuves. Cette frivolité qu'on prête fréquemment aux homos, je pense qu'elle est plus le fait d'une société qui ne les reconnait pas, plutot que le résultat d'une nature de l'homosexualité que certains fantasment comme nécessairement déviante.

Et puis enfin, il faut bien le dire, car ca semble souvent être une crainte chez les gens comme vous : ce n'est pas parce qu'on autorisera le mariage homo qu'il y aura plus d'homo... Nous ne nous reproduisons pas, comme vous le dites vous mêmes. Ca nous tombe dessus. L'homosexualité ne résulte pas d'un choix... Donc le vivier d'hétérosexuels n'aura pas à pâtir d'une reconnaissance par la République de l'homosexualité. Le vivier de prêtre par contre... C'est une autre histoire...

La description narquoise que vous dessinez des arguments pro-PACS montre aussi de votre part un total mépris vis-à-vis de ce partenariat civil. Ce qui me paraît difficilement concevable en 2012, sauf à être franchement homophobe. En effet, le PACS n'a pas eu d'incidences négatives sur le nombre de mariage, il n'a pas non plus fait monter en flèche l'homosexualité. Il a juste permis de régulariser des couples - hétéréos comme homos - qui ne pouvaient pas se marier ou ne l'envisageaient pas. Ses bienfaits sont à peu près incontestables avec le recul. Vous vous moquez de ce qu'on a promu le PACS en ne mettant en avant que des cas extrêmes, mais il faut reconnaître que pour une certaine génération d'homos ravagée par le sida, la question de la mort du conjoint se posait avec une fréquence accrue par rapport aux hétérosexuels. Et la famille au sens où l'entend la chrétienté n'a pas eu à pâtir de ce partenariat, il me semble.

Enfin, je finirai sur votre argument de nature. Donc avoir des enfants quand on est de même sexe c'est contre nature.

Il est un peu affligeant que l'Eglise s'en tienne à ca... L'humain n'est grand que dans sa capacité à aller au delà de l'état de nature. D'ailleurs, le mariage par lui-même n'a rien de naturel. Si on devait s'en tenir à la nature, on serait des bonobos à forniquer à hue et à dia avec tout ce qui passe. A ce rythme de pensée, ca falloir couper les éclairages publics, sous le prétexte que la nuit est noire par nature et qu'elle doit le rester... Bonjour les Amish...

Bref, voilà quelques points de réflexion que je pense respectueux et non fondés sur la dictature de l'émotionnel.

Bien à vous,

C.

 

Commentaire n°5 posté par C. le 16/05/2012 à 14h34

Plusieurs choses:

- Je n'ai écrit, ni ne pense, que l'homosexualité est nécessairement frivole.

- Je ne sais pas qui sont "les gens comme moi", mais je n'ai écrit nulle part, ni ne pense non plus, qu'il y aurait plus d'homosexuels si on autorisait le mariage gay. Et qu'il y ait plus ou moins de personnes homosexuelles m'importe assez peu, quelles que soient nos tendances nous sommes tous infiniment respectables. Y compris les prêtres, au passage. La question n'est pas là.

-Le pacs est utilisé à 90% par des couples hétérosexuels, et la majorité des homosexuels ne sont pas pacsés. C'est donc bien que le besoin auquel il prétendait répondre n'est pas si grand. Mais personnellement, le pacs ne me dérange pas: il n'ouvre pas le droit à l'adoption. Le mariage, en revanche, ouvre ce droit.

-On compte environ 8.000 agréments donnés chaque année à des familles, en France, pour qu'elles puissent adopter. La moitié d'entre elles y parvient: sur ces 4000, 800 foyers environ pourront adopter un pupille de l'Etat, les 3.200 autres pourront se tourner vers l'adoption à l'étranger, difficile et coûteuse, car de moins en moins d'enfants sont adoptables dans le monde. Cela veut dire, très concrètement, que la pénurie d'enfants adoptables mène directement - et les promoteurs du mariage gay ont déjà entamé cette bataille-là - à la fabrication réfléchie, raisonnée, d'enfants privés d'un ou des deux de leurs parents biologiques pour alimenter un marché en pleine expansion. Cela s'appelle la gestation pour autrui. Ou l'insémination avec donneur anonyme. Donc, la fabrication délibérée d'enfants amputés sciemment et non accidentellement d'un de leurs parents biologiques.

- La loi se doit de protéger le plus faible. Or, entre le couple homosexuel "stable, sain d'esprit et de valeurs, tout à fait capable d'aimer des enfants et de s'en occuper" et le couple hétérosexuel qui a les mêmes qualités, je maintiens que l'enfant abandonné sera mieux chez le couple hétérosexuel. Avoir un papa et une maman qui vivent ensemble, c'est ce qu'il y a de mieux pour un enfant, et la loi doit être là pour favoriser ce mieux.

- Pour le divorce: oui, deux couples sur trois divorcent. C'est dramatique. Cela a des conséquences terribles sur les enfants, on commence enfin à le dire. Ce n'est pas parce que la majorité des enfants aujourd'hui sont issus de parents séparés que cela ne les fait pas souffrir. Encore une fois, je ne voue pas les couples homosexuels aux gémonies. Mais je ne vois pas l'intérêt d'ajouter une complication à l'enfant sous prétexte que d'autres complications peuvent survenir.

Réponse de Nystagmus le 16/05/2012 à 15h01

"Quel débat ?" dites-vous.

Un vrai débat comme on en fait depuis peu; pemettez-moi de citer Muray :
"Quand on se crêpe le chignon, c'est 
entre opposants à la drogue et adversaires de sa dépénalisation ; 
entre partisans du cosmopolitisme et ennemis de la xénophobie; 
entre éradicateurs du machisme et anéantisseurs du sexisme."

Notre président, qui organise son "sacre" avec sa maîtresse, considère que le mariage n'est destiné qu'aux homosexuels. <b>La modernité, je vous dis !</b>
Commentaire n°6 posté par René de Sévérac le 16/05/2012 à 15h09

Le billet dit qu'il faut remplacer l'émotionnel par la raison, ne pas laisser l'affect remplacer la pensée, ce sur quoi je suis d'accord. Mais ensuite il tombe lui même dans l'affect en parlant de l'expérience personnelle d'une personne adoptée. Il y a là un gros paradoxe. Donc restons en à la raison : à propos du "mariage gay", on peut juste dire égalité des droits pour tous hommes et femmes. Concernant l'adoption, pour reprendre les termes de l'article, on peut dire que c'est lorqu'un enfant perd ses parents biologiques (ou ne peut être élevé par eux) et qu'alors d'autres adultes décident de prendre en charge son éducation et de lui apporter l'affection qui lui fait défaut. Et comme il est vrai que l'anthropologie de se décrète pas, basons nous sur elle et rappelons que dans de nombreuses cultures humaines, non occidentales, les enfants ne sont élevées que par des femmes ou que par des hommes sans incidence sur leur devenir d'être humain.

Commentaire n°7 posté par Philippe le 16/05/2012 à 15h11

Philippe: où avez-vous lu que j'utilise, justement, mon expérience d'enfant adoptée dans le débat? J'ai déjà évoqué ma situation dans un billet qui n'a rien à voir (sur l'école) et précisément, j'anticipe le fait que d'aucuns pourraient m'objecter que je pense ceci ou cela parce que j'ai vécu ci ou ça.

Je n'ai aucunement, me semble-t-il expliqué de quelle manière mon expérience intime d'adoptée aurait pu infléchir ma réflexion dans un sens ou un autre.

Réponse de Nystagmus le 16/05/2012 à 17h02

Nicolas, il y a encore pire. Quand on est dans le cas de figure concerné et qu'on ne répond pas dans le sens voulu, il y a tout de suite quelqu'un pour nous dire qu'en fait on ne souffre pas vraiment de la situation. Des couples qui souffrent de ne pas avoir d'enfants se sont entendus dire que, s'ils ne voulaient pas avoir recours à la fécondation in vitro ou qu'ils étaient contre la gestation pour autrui, c'est qu'au fond l'absence d'enfant ne leur pèse pas vraiment. Oui, on en est là, aujourd'hui, en France.

Commentaire n°8 posté par Marie le 16/05/2012 à 15h31

vous vous plaignez des sentiments, qui peuvent affecter notre jugement dans ces débats... mais nous sommes des Hommes, nous avons des sentiments, et la loi à toute époque s'inspire en partie de ceux-ci ! lorsqu'on dit "mettez vous à leur place", certes cela fait appel à nos sentiments, mais aussi à l'objectivité, d'envisager toutes les situations. je suis homosexuel, et catholique pratiquant, j'ai longtemps réfléchi avant de me prononcer en faveur du mariage gay, et dans ma réflexion, j'ai essayé de me mettre à la place d'autres que moi, heteros, homos, cathos ou pas... je comprend tout à fait qu'il puisse y avoir des réticences pour une telle évolution, et c'est pourquoi je ne suis pas forcément favorable à ce qu'elle soit mis en place maintenant, où elle heurterait encore beaucoup de personnes.

concernant vos aguments au moment du vote sur la loi du PACS, justement il faudrait que vous projettiez dans des situations d'homos: vous avez l'air de penser que se retrouver occupant sans titre du logement de votre conjoint décédé, est quelque chose sans importance, et que le minimum de sécurité juridique apportée à ces couples qui le souhaitent ne valait pas le coup !

concernant l'adoption, et en écartant les cas particuliers, et ce qui pourrait fausser notre jugement, on peut dire qu'en droit: un célibataire peut adopter un enfant, depuis l'arrêt Emmanuelle B de la CEDH, les célibataires homosexuels peuvent adopter... alors comment en toute logique (et sans sentimentalisme) peut on interdire à un couple homosexuel d'adopter ! un parent gay c'est possible, mais deux non ? en étant en couple ils perdent par la même occasion la capacité à élever un enfant... on se retrouve dans des situations rocambolesque où les gays cachent qu'ils sont en couples pour adopter, au détriment de la sécurité juridique de l'enfant (personnellement j'ai toujours pensé que deux parents valaient mieux qu'un, mais c'est peut être une idée particulièrement moderniste de gay !). Alors si vous pensez qu'il faut interdire l'adoption aux couples gays, commencez par interdire celle-ci aux célibataires gays et hétéros... et alors on sera dans un système logique !

 

Commentaire n°9 posté par christophe le 16/05/2012 à 18h06

Je suis absolument d'accord avec vous: l'adoption par des célibataires est un scandale. C'est un résidu juridique d'une époque où les enfants de l'Assistance publique, comme on disait à l'époque, n'étaient guère convoités et où l'on estimait qu'après tout, un parent valait mieux que pas du tout. Aujourd'hui, cela n'a plus lieu d'être.

Quant au pacs, il a institutionnalisé une situation que l'on pouvait déjà régler devant notaire. Tant mieux si cela a aidé des couples homosexuels; mais je persiste à croire qu'ils n'étaient pas, dans leur majorité, demandeurs, sinon comment expliquer que le pacs soit si peu contracté entre personnes homosexuelles?

Quant aux sentiments, c'est une grande et magnifique chose; je dis simplement que l'on ne peut prendre pour base juridique un sentiment, parce que l'on trouvera forcément un sentiment contraire.

Merci de votre commentaire en tout cas :)

Réponse de Nystagmus le 16/05/2012 à 18h12

Tu as si bien dit que la vérité n'existe pas dans le débat d'aujourd'hui, que chacun a sa propre vérité. Bravo! Il me semble que, dans le débat d'qujourd'hui, cette célébrité qui a avoué son homosexualité et déclaré qu'il est bon qu'un enfant ait son papa et sa maman, viendrait briser le schéma. Et pourtant il faut. L'affect passe aujourd'hui devant toute forme de raison, parfois même dans une discussion prof/collégien -et c'est très dur de constater à quel point mes collègues se font avoir. Mais tout n'est pas perdu. Continue avec ton blog, merci pour tout. Prières pour toi.

Commentaire n°10 posté par Walter Quiroga le 18/05/2012 à 08h36

Vous avez fort bien dit des choses essentielles.

Je tiens à vous le dire, parce que dans la profession qui est la vôtre, je crains que nombre de vos confrères vous fassent payer vos prises de position un jour ou l'autre, d'une façon ou d'une autre.

Alors,bon courage !

Commentaire n°11 posté par Physdémon le 30/05/2012 à 22h28

Merci!

Réponse de Nystagmus le 30/05/2012 à 22h39

à C

Comme vous l'indiquez justement, le mariage et la filiation sont liés, on en vient donc à l'adoption par les couples homosexuels pour ne pas etre hypocrites.

 

Et donc, pour ne pas etre hypocrites, à la légalisation de la gestation pour autrui.

 

Parcequ'une femme peut utiliser la procréation médicalement assistée, mais un homme, n'ayant pas d'utérus, non.Et que de facto, on discrimine donc le couple masculin par rapport au couple féminin...

Et de la gestation pour autrui, on glisse à la commercialisation du corps.

 

Et pourquoi discriminer aussi les tenants du polyamour ? il y a des civilisations qui élèvent les enfants plus ou moins collectivement non?

Donc, mariage à trois, ou à quatre...

 

On parle bien d'anthropologie.A -t-on le luxe de se payer un virage sur ce plan, dans cette période de confusion qui est la notre?

 

Nystagamus : merci d'avoir exposé de façon si claire la différence entre nature et accident.Nous vivons une époque de confusion, sans doute parce qu'à force de jouer les débats sur le plan émotionnel, on ne prend plus le temps de la réflexion philosophique.

La logique perd chaque jour du terrain :)

 

Commentaire n°12 posté par exilé le 31/05/2012 à 13h35

Il est curieux que François Hollande Président de la République, n'ayant jamais voulu se marier même avec 4 enfants, ni régulariser avec l'actuelle compagne (qu'on dit d'ailleurs pas encore divorcée de celui dont elle porte toujours le nom), soit pour le mariage des homosexuels. déjà cela, c'est incohérent!

C 'est vraiment le monde à l'envers.... mais cela avait été prédit lors de nombreuses apparitions de la Vierge notamment à Fatima. Maintenant à peine 4% des gens sont pratiquants, donc les chrétiens perdent pied complètement face à la normalité... Tiens vous avez dit qu'on vait un Président "normal"???? Non il n'est pas normal. Il ne rentre pas dans la norme qui est de considérer qu'une famille noramle a un père et une mère et des enfants biologiques ou adoptés (c'est à dire élevés par les mêmes parents de préférence...

On me prétextera qu'il y a des veuves qui élèvent des enfants seules, ceci est un accident de la vie... mais au moins la maman pourra parler du père absent à son enfant qui comprendra... car il y a l'amour et l'estime qui restent, une image paternelle sans tache...

Cela me conduit à réfléchir au problème de votre amie Isabelle abandonnée juste avant la naissance de son 3ème enfant. C'est inhumain, horrible. C'est "techniquement" la même situation mais pas moralement...une blessure béante. Rien à voir....

Je ne suis pas contre les homosexuels qui n'ont pas choisi leur état, mais contre le mariage homo qui n'a pas de sens. le mariage vous l'avez très bien expliqué donc je ne reviendrai pas dessus....

Commentaire n°13 posté par Anne-Laure le 01/06/2012 à 23h25

Je poste ce commentaire bien après la bataille simplement pour questionner un argument que vous utilisez à propos du PACS et qui est souvent repris par ceux qui le critiquent, à savoir que la majorité des PACS étant contractés par des couples hétérosexuels, cela signifie qu'il ne répondait pas à un réel besoin pour les homosexuels. Cet argument ne cessera pas de m'étonner.

Le PACS est ouvert à tous les couples. Or il se trouve que la majorité des êtres humains sont hétérosexuels. Dans ces conditions, n'est-ce pas la logique même que la majorité des PACS soient contractés par des couples hétérosexuels ? Ce que le pourcentage indiquerait plutôt, c'est que le PACS ne répondait pas seulement à un besoin des couples homosexuels, mais de tous les couples, pour ceux qui ne souhaitaient pas se marier.

Par ailleurs, il me paraît très difficile de dire que parce qu'une minorité de couples homosexuels sont pacsés, cela signifie que la majorité des homosexuels n'en ont pas besoin ou ne le souhaitent pas. Le PACS répond à un besoin pour les couples qui se sont pacsé, mais aussi pour tous ceux qui n'ont pas encore rencontré la personne avec qui ils pensent pouvoir construire quelque chose (le PACS étant pour les homosexuels la seule forme d'union reconnue possible, on peut comprendre qu'il revête pour eux une dimension beaucoup plus importante et symbolique que pour les hétérosexuels, ce n'est pas un simple contrat), mais encore pour ceux qui ne souhaitent pas se pacser mais pour qui la reconnaissance possible d'un couple change tout au niveau du symbolique, même si cela reste très limité. Je connais très peu d'homosexuels, pacsés ou non, en couple ou non, qui diraient que le PACS ne répond pas à un besoin. 

Commentaire n°14 posté par Paul le 11/06/2012 à 10h41

L'embêtant avec ces projets, c'est qu'elle divise la société et notament les gens qui ont une sensibilité "de gauche" dans le sens où l'on est pour le progrés social avec moins d'inégalités, moins d'exploitation et le progrés écologique. Or, si l'on émet le moindre doute sur l'homoparentalité, l'euthanasie, etc... on est taxé de gros réactionnaire proche du "patronat", une vision des choses funestes qui arrange les vrais dirigeants de cette planète. Merci pour cet article

Commentaire n°15 posté par Esclarmonde le 29/08/2012 à 10h44

Esclarmonde, vous pointez du doigt quelque chose d'essentiel. Ces questions révèlent la fracture qu'il y a "à gauche" (pour simplifier très sommairement) sur la question du libéralisme et de la compatibilité entre le libéralisme des moeurs et l'antilibéralisme économique. Beaucoup de personnes de gauche considèrent qu'on peut tout à fait être antilibéral d'un point de vue économique et libéral sur les sujets de société, alors que le libéralisme "sociétal" prend racine dans le libéralisme économique. Les analyses de Jean-Claude Michéa sont très éclairantes pour comprendre à quel point la partie de la gauche qui refuse de dépasser cette contradiction est en train de se suicider, doucement mais surement.

Commentaire n°16 posté par Mahaut le 29/08/2012 à 12h37

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