Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 00:30

pub-gleeden-adultere-1.jpgC’est par David Desgouilles que j’ai eu vent de cette fabuleuse première dans notre belle MDH® (Modernité Décomplexée et Heureuse, voir note du 9 décembre dernier) : dès ce matin, un peu partout sur les murs de Paris, le site Gleeden.com, « premier site de rencontres extraconjugales » (sic), lance une grande campagne de pub en faveur de l’infidélité. Qu’on se rassure : le but n’est pas philanthropique, il ne s’agit aucunement d’une campagne visant à délivrer les masses de l’odieuse chaîne matrimoniale. Il s’agit juste, comme c’est étonnant, de promouvoir un site afin de faire du pognon.

Juste pour le plaisir, voici le communiqué qui l’annonce : "Afin de dépassionner le sujet, Melville a choisi la dérision et l’ironie pour réaliser une première série d’affiches qui sera visible dès lundi à Paris pour une durée d’une semaine sur 200 faces du réseau MediaKiosk. La campagne comprend également un dispositif de bannières web.".

C’est vrai que l’adultère, allez savoir pourquoi, est un sujet « passionné ». L’homme ou la femme du 21e siècle n’a guère évolué sur ce plan-là depuis la nuit des temps : être cocu, c’est pas super-plaisant. Il y a même des fâcheux qui prennent ça carrément mal. Et ce, malgré l’impressionnant battage médiatique expliquant à longueur de unes de magazines depuis une bonne décennie à quel point l’infidélité est une chance pour le couple.

Comme le chaland moyen n’est quand même pas tout à fait stupide, et qu’il se doute bien que peut-être l’infidélité n’est pas le meilleur moyen de s’épargner une bonne dépression ou un divorce pour faute (ou les deux), on le met non dans la peau du cocu, mais de l’infidèle. Or, le problème de l’infidèle, c’est qu’il n’a en général pas bonne presse. La compassion dans la plupart des cas va spontanément au bafoué. Il faut donc le faire paraître cool, décalé, second degré, plein d’autodérision, branché quoi. D’où la finesse incommensurable des slogans choisis : « Tout le monde peut se tromper, surtout maintenant » (mouhahahaha), « Par principe nous ne proposons pas de carte de fidélité » (huhuhu) ou « C’est parfois en restant fidèle qu’on se trompe le plus » (et là, on fait mouarf mouarf ! de rire et puis ooooohhhh !!! quand on comprend le double sens vachement philosophique).

Nul doute que cette campagne va « dépassionner » le sujet. Et c’est une catastrophe pour bien des secteurs. Vous imaginez, si l’adultère devient « dépassionné » ? La quasi-totalité de la presse people qui met la clé sous la porte. L’industrie cinématographique carbonisée. Les avocats et notaires sinistrés. Les Feux de l’Amour, déprogrammés. La cata.

Heureusement pour eux, les petits malins de gleeden.com savent bien que, tant que l’humain sera ce qu’il est, ni le fait d’être trompé, ni le fait d’être infidèle ne le laisseront indifférent. Il s’agit juste de promouvoir un monde de salauds décomplexés et de salopes qui assument, en espérant qu’attirés par le côté branchouille de la campagne, ils soient valorisés (au sens financier du terme bien sûr).

Rien que pour ça, si un jour je trompe mon époux, j’irai sur Meetic.

Na.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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