Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 15:43

Photo: Joaquim Dassonville pour la revue Mission

tziganes_2007.jpgL’été, le saviez-vous, est aussi la saison des marronniers. Dès les premiers rayons de soleil, voilà que les régimes miracles s’empilent dans les kiosques, tandis que les dermatologues peaufinent leur discours sur le capital solaire. Et quelque part entre « les filières courtes qui décrochent les bons jobs » et les soldes, il n’est pas un journal local qui ne titre sur Vie et Lumière, la mission évangélique des Tsiganes.

 

Alors je profite de ce que mes estimés amis Pierre-Baptiste Cordier et Henrik Lindell aient porté à ma connaissance le texte de la Fédération protestante de France sur les Tsiganes pour vous parler plus particulièrement de la moitié d'entre eux: les Tsiganes évangéliques.

Un trait significatif de la méconnaissance profonde de beaucoup pour ces concitoyens-là tient en un mot : évangéliste. Une bonne part de la presse quotidienne régionale patine : le Midi Libre, que ce soit dans sont édition de Montpellier ou de Bagnols, La Provence, La Dépêche, Le Dauphiné Libéré,  L’Union. Car ces gitans sont évangéli-ques, et non évangéli-stes. Et j'y apprends également, un poil étonnée tout de même, que le dimanche, ils vont à la messe et non au culte. Détails ? Pas tant que ça. Outre que personnellement ça me gonflerait assez de m’entendre appeler catholiste quand je suis catholique et que l'on appelle bonze mon curé, ma maman m’a toujours répété que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » - j’ai appris bien des années plus tard qu’elle avait plagié Boileau. Cela dit, on peut compliquer un peu les choses, juste pour sourire : certains sont en même temps évangéli-stes, c’est-à-dire qu’ils ont dans leur église un ministère bien précis d’annonce de la Bonne Nouvelle, ministère qui cohabite avec le ministère de pasteur, d’ancien, de diacre, etc. Ce qui fait d’eux des évangéli-stes évangéli-ques. Ou le contraire.

Or les évangéliques, c’est bien simple, on n’y comprend rien. A part le fait que ce sont des suppôts de Bush. Des convertis-par-les-missionnaires-américains, qui se roulent par terre la bave aux lèvres en hurlant « Jésus, Jésus ! », sisisi, je l'ai même vu à la télé. Quand en plus ils sont tsiganes (autant dire des voleurs de poules), alors c’est le pompon.

Sébastien Fath, dans ce qui est à mon sens son meilleur ouvrage, avait pourtant brillamment nuancé les choses. On apprenait par exemple, au fil des pages, que si vous croisez un réformé en Bretagne, c’est qu’il n’est probablement pas Breton de souche. Car les protestants historiques en Bretagne ne sont pas calvinistes, mais méthodistes, c’est-à-dire évangéliques, et ce depuis le début du XIXe siècle. Que les évangéliques américains ne le sont que grâce à une poignée d’Européens issus de la Réforme radicale. Et en tout cas que ces chrétiens-là sont bien chrétiens, avec une histoire de plusieurs siècles, qui n’a rien à envier à la nôtre ; ce sont même eux qui ont fondé les Etats-Unis bien avant qu’ils ne soient les Etats-Unis.

La Pennsylvanie ? Elle tire son nom de William Penn, le fondateur des Quakers, fondateur d’une colonie chrétienne utopiste depuis 1682. Le Massachussets ? Par les puritains, qui avant d’être une insulte étaient des Anglais du XVIe siècle. Rhode Island, capitale : Providence ? Par un théologien baptiste venu réaliser sur place l’idéal de paix et de fraternité qui l’habitait (notamment avec les Indiens) et fonder une colonie utopique, où la liberté religieuse était le principe absolu, y compris – et c’est suffisamment unique au XVIIe siècle pour être souligné  - pour les Juifs et les musulmans.

Mais revenons à nos Tsiganes. Ah ! On me signale dans l’oreillette que ce terme-là n’est pas clair non plus. Tsiganes, c’est quoi ? Ben les gens du voyage. Oui, les Manouches, les Roms, les Gitans, les Bohémiens quoi. Peu importe, m’assure la voix dans mon oreillette : on voit en gros de qui il s’agit.

Bon. Je ne vous referai pas le coup de "catholiste", Boileau, ma mère, etc. Mais le problème est encore là. Je vous renverrai donc à l’excellent site d’A part entière pour une information détaillée.

Or ces Tsiganes évangéliques sont et font l’objet, chaque année, de bras de fer plus ou moins musclés de la part des autorités municipales où ils posent leurs caravanes. En général, le schéma est toujours le même : ils demandent à stationner sur le territoire d’une commune, dans l’une des aires d’accueil prévues par la loi, qui se révèle trop petite, insalubre ou inexistante ; ils se mettent alors ailleurs (sur un stade, dans une aire privée, etc), le maire prend un arrêté d’expulsion, les gens du voyage attaquent la légalité de l’arrêté auprès du tribunal administratif, et qu’ils perdent ou gagnent, cela leur laisse le temps de rester les quelques jours prévus. Parfois, cela se passe plutôt bien, comme ici ou là ; parfois les tensions sont palpables entre nomades et riverains, comme ou encore . Ce dernier article donne d’ailleurs toute la mesure de la situation ubuesque dans laquelle sont les gens du voyage : une commune ayant rempli son obligation légale de construire une aire d’accueil est furieuse que les Roms aient fait un campement sauvage. Or l’aire d’accueil est conçue pour… dix caravanes. Qu’étaient-ils censés faire, nos évangéliques ? Poser dix véhicules et demander aux 90 autres de rouler jusqu’à trouver une municipalité plus accueillante ?

Je vous l'avoue, la violence des commentaires postés sous les articles sus-cités m'effraie. Ce n'est même pas dans l'indifférence que ce déni de droit s'opère et se renouvelle chaque été. C'est avec le sentiment communément partagé que les choses sont bien ainsi.

 

La mission Vie et Lumière, pour mémoire, est une association tout ce qu’il y a de plus réglo, membre de la Fédération Protestante de France (FPF) depuis 1975, c’est-à-dire 20 ans avant la très respectable Armée du Salut. Et les gens du voyage – pour reprendre le terme administratif – sont des citoyens français. Qui malgré tout ne disposent pas des mêmes droits que tout le monde, et sont l’objet d’une suspicion généralisée, ainsi que le rappelle la FPF dans son très opportun communiqué de jeudi dernier, dont voici le texte intégral :

Gens du voyage : n'ajoutons pas une injustice de plus

Communiqué de la Fédération protestante de France — 22 juillet 2010. Un groupe de personnes, gens du voyage sédentarisés, a vandalisé le centre-ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) en réaction au décès d’un jeune.

 

 

Un groupe de personnes, gens du voyage sédentarisés, a vandalisé le centre-ville de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) en réaction au décès d’un jeune. Les images diffusées sont violentes et font leur effet. Toute une population est alors stigmatisée alors que ces épisodes de violence relèvent du droit commun.
Rappelons que la grande majorité des gens du voyage est française même si ceux-ci ne jouissent pas des droits de tous les Français (ils ne peuvent pas voter avant 19 ans, par exemple).
Une partie importante d’entre eux est protestante et travaille activement de diverses manières à aider la population tzigane à s’intégrer.
Avant de stigmatiser ces Français, réfléchissons aux dénis de citoyenneté qui leur sont infligés. Quand aujourd’hui on veut leur appliquer la loi dans toute sa rigueur concernant les aires de stationnement par exemple, il faut se souvenir que la loi (du 5 juillet 2000) impose aux municipalités de plus de 5000 habitants de mettre à disposition des aires d’accueil et aux normes pour les gens du voyage. Ce que la majorité d’entre-elles n’a jamais fait impunément. Qui doit montrer l’exemple ?

Au délit de faciès dont souffrent quotidiennement les Tziganes, Roms et autres Manouches, qui sont sans cesse contrôlés, méprisés, suspectés, n’ajoutons pas une injustice de plus en les mettant pour des raisons troubles au pilori de la nation. »

Comme dans toute population pauvre et largement marginalisée, les délinquances sont plus visibles qu’ailleurs. Faut-il se contenter de punir ou reprendre la question fondamentale de la justice sociale ?

Jean de La Fontaine, dans Les animaux malades de la peste, mettait déjà en garde contre la tentation de crier haro sur le baudet et de condamner cyniquement les plus faibles. La Fédération protestante de France ne peut pas laisser maltraiter une part de ses membres, et plus largement appelle les pouvoirs publics à ne pas agir sans discernement et à faire respecter les obligations des communes.

 

Par Nystagmus - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

 

Les tsiganes, voleurs de poules? il y a aussi plus hard : les tsiganes voleurs d'enfants. Je me souviens d'une histoire parue en feuilleton dans la Semaine de Suzette, qui portait sur ce thème : à la fin, tout était bien qui finissait bien, le roi et la reine retrouvaient leur fillette; les tsiganes étaient chassés du royaume. Emouvant, n'est-ce pas? Ou encore, L'Enfant et la Rivière d'Henri Bosco : le narrateur fait la connaissance d'un enfant volé, qui retrouvera son père juste le temps de le voir mourir. Et c'est la maîtresse qui nous avait fait lire ce roman, en primaire! Pour le moment, on ne les a pas encore accusés de meurtre rituel ou d'antropophagie, mais la persécution dont ils sont victimes est répugnante.

Qu'on ne me dise pas que le génocide des tsiganes, c'est la faute des allemands! la haine à leur égard était largement répandue en France. N'oublions pas la loi tristement célèbre du 16 juillet 1912, abolie seulement en 1969. La mentalité générale n'a pas beaucoup changée depuis. Et rappelons - mais vous le faites - qu'il existe une loi qui oblige les communes à prévoir un terrain pour les tsiganes. Quand les maires n'ont pas respecté la loi, ils devraient, c'est la moindre des choses, s'excuser.

 

En fait, la passivité qui entoure les propos démagogiques de notre président est choquante. Sans compter les commentaires intolérants qui pululent sur la toile. De même la passivité de l'Eglise. Que font les catholiques?

Commentaire n°1 posté par Blaise le 27/07/2010 à 03h05
Dire que les Tziganes sont des citoyens de seconde zone, c'est bien, mais je pense qu'il faut aussi voir qu'il n'est pas évident pour une société d'accepter des comportements à la fois très minoritaires et très marginaux. Les gens du voyage sont très peu nombreux, mais ont un mode de vie TOUT A FAIT différent du nôtre. Je trouve qu'une société qui prévoit d'accueillir malgré tout ces gens, en ne leur demandant pas de changer ce mode de vie, est très généreuse. L'est-on assez? Sans doute pas. La loi n'est pas respectée. Mais est-il bien raisonnable que toute commune soit obligée de prévoir un terrain d'accueil, quand bien même personne ne viendrait jamais? Tout cela est très complexe, je trouve. Et puis, n'oublions pas que certains se sédentarisent sur les terrains d'accueil. Privant tous les autres de la place. Il pourrait y avoir une autre solution : pourquoi la communauté des Gens du voyage ne financerait pas l'achat de terrains qui lui appartiendrait et sur laquelle elle ferait ce qui lui plairait? Personnellement, je ne demande pas à l'Etat de me trouver un logement. Et quand tu vois les bagnoles et caravanes de certains, tu pleures. Je fais partie de ces journalistes dont tu parles, qui couvrent parfois - maladroitement sans doute de temps à autre - les tensions qui existent entre sédentaires et nomades, et à part les Roms, qui sont dans un cas très particulier et dans un dénuement qui ne peut inspirer que la volonté de les secourir, j'ai souvent trouvé des gens arrogants, revendicatifs, qui croient que tout leur est dû. Après, ce n'est que le fruit de mon expérience, je ne connais pas tous les nomades de France. Enfin, car il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, n'oublions pas aussi que les problèmes d'accueil des Gens du voyage ne sont pas que du fait de la communauté sédentaire. Il y a encore beaucoup trop de délinquants parmi les Gens du voyage, et ça, ce n'est pas de la haine ou de la stigmatisation, mais la simple expression d'un fait.
Commentaire n°2 posté par le chafouin le 27/07/2010 à 09h47

En l'occurence, mon cher Chafouin, toute commune n'est pas obligée d'avoir une aire d'accueil. Toute commune de plus de 5000 habitants, en revanche, est obligée de participer financièrement à la construction d'une telle aire, à partir du moment où le schéma départemental en a fait ressortir la nécessité.

Il existe actuellement 8000 places de caravanes sur l'ensemble du territoire français. L'évaluation la plus basse des besoins existants (celle des autorités) indique qu'il en faudrait 30 000. Ne pas construire ces aires d'accueil est donc une façon de pousser les gens du voyage à l'illégalité. Et c'est un jeu dangereux: si de toute façon, même lorsqu'ils ne font rien d'autre que voyager, ils sont dans l'illégalité, pourquoi s'intégreraient-ils? Il n'existe pas à l'heure actuelle un seul camping privé qui les accepte.

Alors on peut bien dire que ce n'est pas raisonnable, mais la question reste entière: que faire des 22 000 caravanes qui restent en rade? Obliger les gens à se sédentariser? On a vu ce que cela donnait.

Ajoutons à cela que, comme le pointe très bien la FPF, la Mission évangélique Vie et Lumière fait un travail social tout à fait remarquable envers la communauté tsigane. Si on se met en plus à traiter comme des voleurs des gens qui prêchent l'amour de Jésus-Christ et aident leurs frères à se sortir du ghetto, on marche sur la tête.

Réponse de Nystagmus le 27/07/2010 à 10h12

On ne se met pas à les traiter comme des voleurs. On - c'est-à-dire beaucoup de nos concitoyens intolérants - les traite comme des voleurs. La mythologie tsigane est d'autant moins supportable qu'elle a justifié leur extermination. Auparavant, la loi de 1912 en faisait des citoyens de seconde zone : les législateurs de l'époque voulaient ainsi protéger les sédentaires contre les gens du voyage, en particulier contre  les vols d'enfants. Nous sommes en plein irrationnel!

Les tsiganes pourront cesser d'être revendicatifs le jour où nous les respecterons, - ce qui n'est pas près d'être le cas. Toujours la haine, la peur et le mépris. Ce comportement est indigne.

Trouvez-vous normal, pour reprendre un exemple présenté plus haut, qu'un livre tel que L'Enfant et la rivière, très marqué idéologiquement, soit mis au programme en primaire? j'espère que ce n'est plus le cas. Voici comment la haine se transmet de génération en génération. A ma connaissance, il n'y a pas eu d'excuse. Il n'y a pas eu d'excuses parce qu'il n'y a pas eu de regrets.

 

Le 6 juillet 1970, au N° 294 de Droit et Liberté, mon grand-père -qui a été président de la commission interministérielle ayant abouti à la loi de 1969 -  pouvait écrire :  

« Beaucoup reste à faire [...] Les réalisations dépendront de l’état de l’opinion et en définitive des électeurs. Ce sont ces derniers, c’est la foule des français moyens et non le gouvernement qui, par leur crainte du voisinage des gens du voyage, par méconnaissance de leurs problèmes, rendent si difficiles la création de terrains de stationnement, notamment dans la région parisienne. La tâche essentielle qu’il faut poursuivre est de rallier l’opinion publique… ».

Ce qu'il écrivait à l'époque est toujours vrai. Et nous vivons en 2010. Même, certains comme Chaffouin trouvent que nous nous sommes montrés trop généreux. Cette racaille ne mérite pas tant de considérations!

J'attends que la société civile, comme on dit, se mobilise davantage. - Mais la société civile n'a pas bougé. Quant au chef de l'Etat il a décidé d'entreprendre une politique persécutrice. En plus, trotte dans sa tête semblet-il, que les tsiganes seraient des étrangers, la vermine souillant le corps virginal de la France.  Bien qu'il soit davantage un démagogue qu'un convaincu. D'autres encore vont jusqu'à remettre en cause leur nationalité française.

Que faisons-nous, catholiques, pour les tsiganes? passe encore que des athées et des agnostiques se laissent porter par leur instinct persécuteur. Mais en tant que chrétiens nous ne pouvons pas.

Plutôt que de se complaire dans de vieux préjugés - particulièrement condamnables d'un point de vue chrétien (étant donné leur caractère potentiellement criminel) - l'information est un devoir. Un abonnement à Etudes Tsiganes ne serait pas de trop :

http://www.etudestsiganes.asso.fr/

 

 

 

Commentaire n°3 posté par Blaise le 27/07/2010 à 11h28

 

Un article du Monde met les choses au point concernant la persécution des Tsiganes en France :

 

« La mise au ban des "bohémiens" a commencé avant le régime de Vichy »

 

http://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/02/23/la-mise-au-ban-des-bohemiens-a-commence-avant-le-regime-de-vichy_1310178_3476.html

Commentaire n°4 posté par Blaise le 27/07/2010 à 11h55

 

Voici un article plus fourni, s'étendant sur une période plus longue :

http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20100707_Tsiganes_Filhol.pdf

Commentaire n°5 posté par Blaise le 27/07/2010 à 11h58

Voici un article de Marie-Christine Hubert sur « Les réglementations anti-tsiganes en France et en Allemagne, avant et pendant l’occupation » :

 

http://www.memorialdelashoah.org/upload/medias/fr/A1_seltextes_167_hubert.pdf

 

Marie-Christine Hubert est l’auteur de différents ouvrages sur la question !:

 

 

Les tsiganes en France : un sort à part 1939-1946 Perrin, 2009 (en collaboration avec Emmanuel Filhol)

 

Un camp pour les bohémiens, Actes Sud, 2001 (en collaboration avec Matthieu Pernot)

 

Les tsiganes en France : 1939-1946, Ed. du CNRS, 2010 (en collaboration avec Denis Peschanski et Emmanuel Philippon)

 

 

Commentaire n°6 posté par Blaise le 27/07/2010 à 12h14

 

 

Pour comprendre l’identité tsigane de l’intérieur – et non à partir des fantasmes et des dénigrements habituels, voici un article intéressant :

 

« Naissance du pouvoir tsigane » de Jean-Pierre Liégeois, paru en 1975 dans la Revue française de sociologie :

 

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsoc_0035-2969_1975_num_16_3_5798

 

Cet article permet d’écarter les allégations de ceux qui les décrivent comme de dangereux « vagabonds ».

 

 

Commentaire n°7 posté par Blaise le 27/07/2010 à 12h33

Le Collectif des Associations Tsiganes a répondu à la déclaration de guerre du président de la République :

Déclaration de paix du CAT (Collectif des Associations Tziganes)

 

« Le Président de la République a déclaré la guerre aux gens du voyage et aux Rroms. Les Tziganes entendent répondre par une déclaration de paix pour éviter une explosion sociale.

 

L’organisation le 28 juillet d’une réunion à l’Elysée sur les « problèmes » posés par les Tziganes est une première depuis la Libération.

 

Comme trop souvent dans leur histoire, les Tziganes sont une fois de plus les boucs-émissaires privilégiés d’une classe dirigeante empêtrée dans les scandales politico-financiers.

 

Si Nicolas Sarkozy devait réitérer sa déclaration de guerre, le Collectif des Associations Tziganes serait amené à diligenter des actions judiciaires pour provocation à la haine raciale et à demander aux parlementaires de s’interroger sur la nécessité de réunir la Haute Cour.

 

La prégnance du racisme anti-tzigane dans la société française est telle que la confirmation le 1er juillet 2010 par la Cour d’appel de Paris de la condamnation de France Télévisions pour provocation à la haine raciale en raison du contenu d’une émission C dans l’air intitulée : « Délinquance : la route des Roms » est passée totalement inaperçue.

 

Alors que la France a fait l’objet de maintes condamnations par les instances européennes et risque de se retrouver au ban de l’Europe, aucun effort n’est fait par les pouvoirs publics pour lutter contre la multiplication des actes et des propos racistes dirigés contre les Tziganes.

 

Le 18 juillet 2010, la France a enfin reconnu officiellement le drame de l’internement et de la déportation des Tziganes de 1940 à 1946 par le biais d’un discours prononcé par le secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

 

Dix jours plus tard, Nicolas Sarkozy prend l’initiative d’une politique de nature raciale qui, si elle venait à être mise en œuvre, risquerait fort de constituer une nouvelle page noire de l’histoire de France tant il est vrai que Les Tziganes, au delà des profondes différences qui existent entre Rroms et gens du voyage, sont soumis en France à un véritable régime d’apartheid en raison d’une législation d’exception indigne d’un pays démocratique.

 

Le Collectif des Associations Tziganes demande à être reçu par le chef de l’Etat pour évoquer les problèmes que posent les propos racistes de certains parmi les ministres et les parlementaires de l’UMP.

 

Le Collectif des Associations Tziganes demande l’abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l’Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane.

 

Pour la sauvegarde des valeurs universelles qui ont fait la grandeur de la France, le Collectif des Associations Tziganes lance un appel en reprenant les mots exacts utilisés il y a vingt-cinq ans par Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, dans son appel lancé à l’occasion du 41ème anniversaire de la bataille du Mont Gargan :

 

En 1985, j’en appelle aux hommes et aux femmes à l’âme géné

Commentaire n°8 posté par Blaise le 27/07/2010 à 13h40

Le Vénérable Jean-Paul II s’est exprimé sur les Tsiganes. Le 9 novembre 1989, au IIIe Congrès international de la pastorale sur les Tsiganes (http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1989/november/documents/hf_jp-ii_spe_19891109_3-worldcongress-nomads_fr.html) il déclarait : « Dans le cadre de l'enseignement de l'Eglise, toujours attentive aux problèmes de l'homme, toute discrimination à l'égard des tsiganes est à la fois criante et injuste, car radicalement opposée aux enseignements de l'Evangile pour lequel tout homme est Fils de Dieu et frère du Christ. Aussi, c'est à juste titre que Paul VI a pu affirmer en 1965, à Pomezia, lorsqu'il les rencontra à l'occasion de leur premier pèlerinage international qui les avait amenés sur la Tombe des Apôtres: Vous êtes dans le cœur de l'Eglise car vous êtes pauvres, car vous êtes seuls (Enseignements, III, 1965, p. 491-492). »

 

Contrairement au Chaffouin, persuadé que les Tsiganes sont des enfants gâtés, le Pape déclarait : « ils ont énormément souffert et ils souffrent encore bien souvent des privations, de l'insécurité et des persécutions, et c'est justement pour cela qu'ils ont beaucoup à dire. […] Malgré la clarté de l'enseignement de l'Evangile que je viens d'évoquer, il arrive souvent que les Tsiganes soient rejetés ou regardés avec mépris. Le monde, en grande partie caractérisé par l'avidité du profit et par le mépris des plus faibles, doit changer d'attitude et accueillir nos frères nomades non plus simplement dans un esprit de tolérance, mais dans un esprit fraternel. »

 

« […] Mais cette perspective [occuper la place qui leur revient de droit dans la société] est encore éloignée. Les Tsiganes, parce que trop dispersés, trop faibles ou trop peu organisés, ont besoin d'être aidés pour qu'ils prennent conscience de leur dignité et de leur responsabilité. »

 

 

 

Commentaire n°9 posté par Blaise le 27/07/2010 à 13h57

Natalia,

Il ne s'agit pas de les traiter de voleurs mais d'essayer de s'interroger sur le pourquoi de cette situation. Je suis d'accord : il n'y a pas assez de places. Et en effet, bien des communes ne jouent pas le jeu. Mais on peut se demander si c'est à la société de règler ce problème, non?

 

Je ne crois pas que le nomadisme soit à l'origine d'illégalités ou de tentation délinquante. Mais si Sarkozy hausse le ton, c'est aussi parce qu'il complique souvent la tâche des enquêteurs :-)

Commentaire n°10 posté par le chafouin le 27/07/2010 à 13h58

Je retranscrit cet article où un tsigane répond aux accusation qu'on leur porte actuellement - et qui étaient les mêmes en 1983. Les discours visant à la stigmatisation sont en général redondants.

 

« ‘ Les gens du voyage ‘ aujourd'hui en Loire Atlantique » in Etudes Tsiganes, N°4 – 1983, p. 18-20.

 

« La rumeur s'avance, longeant les rives sablonneuses de la Loire, s'infiltre dans les boqueteaux de saules, pénètre dans les villages, s'approche de la grande ville : « Ils » cambriolent tout. « Ils » détruisent les récoltes. « Ils » ont volé 2 000 litres d'eau. « Ils » roulent comme des fous avec leurs voitures. « Ils » menacent. « Ils » vont bientôt être des milliers... ». « Ils » désignent les gens du voyage.

 

Dans le cadre de ses activités, l'association « Le Relais » a réalisé un film vidéo destiné à donner sa juste place à la peur chronique des sédentaires à l'égard des « voyageurs ».

 

L'interview de M. Ferret Wasso réalisée à cette occasion est très révélatrice des difficultés des voyageurs.

 

Question : Comment vous expliquez le fait que certaines Communes vous interdisent de stationner alors qu'on voit justement dans cette circulaire du 17 octobre 1972 à l'article 3 que :

 

(l’interdiction de stationnement isolé n'est pratiquement possible que s'il existe à « une distance raisonnable un terrain aménagé »,

 

or ce n'est pas le cas dans la plupart des communes où il n'existe pas de terrain aménagé ?

 

Réponse : Non évidemment, il n'y a pas de terrains aménagés dans d'innombrables Communes, mais « chapeau » pour celles qui ont quand même ouvert des terrains, parce qu'elles aiment les Gens du voyage.

 

Été comme hiver, nous vivons dans nos caravanes et l'hiver, aux abords des grandes villes, il n'y a pas toujours des endroits aménagés ou assez décents pour nous accueillir avec nos caravanes. Alors, il y a beaucoup de problèmes.., entre autres :

 

- le commerce,

- les arrêtés municipaux arbitraires relatifs au stationnement,

- les descentes de Police,

- la scolarisation,

- et même des procès-verbaux de stationnement.

On oublie trop souvent que la caravane demeure pour nous notre maison roulante et dans laquelle on vit avec notre famille d'une année à l'autre, on n'a pas d'autre pied à terre.

 

Pour les villes où il n'y a pas de terrains aménagés, il ne devrait pas non plus y avoir de panneaux interdisant d'une manière absolue aux Gens du voyage de stationner. Dernièrement, je suis passé avec ma voiture dans une Commune où j'ai stationné quelques mois auparavant. J'ai vu une pancarte. Intrigué, j'ai reculé ma voiture et j'ai lu :

 

« Arrêté Municipal : Stationnement interdit aux Gens du voyage »,

 

pourtant, cette commune possédait le terrain et les sanitaires pour pouvoir accueillir pour quelques jours les voyageurs.

 

Q. - L'arrêté était illégal ?

 

R. — Oui, l'arrêté était illégal.

 

Je me souviens une fois, il y a quelques années, je traversais une certaine région de France, je cherchais ma famille et j'étais perdu, je ne les trouvais pas. Très pauvre, je voyageais par litre d'essence et je devais repasser des ciseaux pour me déplacer. A l'entrée de chaque canton, je trouvais des panneaux :

 

Commentaire n°11 posté par Blaise le 27/07/2010 à 15h06

Un article de l’Express réagit contre la démagogie élyséenne du 22 juillet 2010 :

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/roms-tsiganes-gitans-qui-sont-ils_907966.html

 

Interrogé, l’anthropologue Marc Bordigoni rappelle quelques vérités de base :

 

« La majorité des "voyageurs" de l'Hexagone sont des citoyens français depuis plusieurs générations et sont très bien intégrés. Lorsque Nicolas Sarkozy parle d'expulser tous ceux qui sont sur "des campements en situation irrégulière", il fait référence à une petite minorité car les trois quarts d'entre eux sont aujourd'hui sédentaires. Ceux qui continuent d'être nomades (300 000 environ) le font pour des raisons économiques. Ils sont, par exemple, vendeurs sur les marchés ou font les saisons pendant la période estivale. »

 

« Le gouvernement les confond avec les Roms qui sont généralement des citoyens européens. Ils sont venus en France pour des raisons financières et vivent souvent dans une extrême pauvreté. La plupart d'entre eux sont là de manière transitoire. N'ayant pas accès au marché du travail, ils vivent de petits boulots, de la musique et de la mendicité... Ils sont une toute petite minorité -environ 15 000 en France- mais ce sont ceux que les gens voient car les autres sont complètements intégrés. »

 

Bordigoni donne un exemple de la persécution courante dont sont victimes les tsiganes : « […] lorsqu'ils font l'objet d'un contrôle d'identité, cela ne dure pas trois minutes comme pour tout le monde mais trois quarts d'heure car généralement les policiers vérifient que les numéros de série du châssis, du moteur, de la caravane... sont conformes. Cela, même si la voiture est totalement neuve. Et ils sont contrôlés très régulièrement. On les soupçonne toujours du pire. […] »

 

 

Commentaire n°12 posté par Blaise le 27/07/2010 à 15h24

@ Chaffouin

Si M. Sarkozy hausse le ton, c'est parce qu'il cherche à en tirer un bénéfice politique. Comme auparavant il s'en était pris aux "musulmans". Dès qu'il est dans une situation politique instable, il cherche à trouver un bouc-émissaire pour détourner l'attention. Il y a aussi sans doute la volonté de séduire un électorat d'extrême-droite. Manque de pot : les électeurs d'extrême-droite sont aussi déçus. Ils ont l'impression désagréable de s'être fait abuser.

J'espère que vous n'allez pas conclure à la nécessité de revenir à la défunte loi de 1912 sur la circulation des nomades.

Commentaire n°13 posté par Blaise le 27/07/2010 à 15h37

Cher Blaise,

Je vois à quel point la situation des gens du voyage vous touche, et je vous remercie de la somme de documents que vous fournissez en commentaires. Je me permettrais cependant de prendre la défense de mon ami Chafouin, qui est un homme de tête et de coeur, et qui au même titre que moi n'est pas comme vous aussi spécialiste de la question. Et je trouve bon que l'on puisse poser toutes les questions, même celles qui dérangent, de façon à pouvoir justement aller au-delà des préjugés que nous avons tous. Le fait que le Chafouin pose ces questions et interroge à la fois son opinion et sa propre pratique du journalisme ne veut pas nécessairement dire qu'il espère revenir aux temps de la persécution d'Etat.

Cordialement à vous deux!

Réponse de Nystagmus le 27/07/2010 à 16h20

Je viens de m'apercevoir que l'interview de M. Ferret Wasso n'est pas passée en entier. Je vous donne la suite en deux parties. Voici la première :

 

" interdiction de stationner aux forains et nomades sur tout le territoire de la Commune".

 

Cela a duré sur plus de 100 kilomètres. Il faut être logique et humain. Si le stationnement est interdit sur tout le territoire d'une Commune, c'est pire que d'interdire l'accès d'un de ses parkings, c'est un territoire qui devient interdit aux forains et nomades. C'est une grave et triste réalité dans certaines régions encore actuellement ; car si chaque ville, canton et village osait mettre de tels panneaux à l'entrée de son agglomération, il ne resterait plus aux Gens du voyage qu'à quitter la France, car il n'y aurait plus de place pour eux.

 

Je suis arrivé un jour dans un canton, et j'ai voulu mettre mes enfants en classe. La Directrice m'a beaucoup étonné lorsqu'elle me demanda mon titre de permission pour stationner dans la Commune. Je lui fis remarquer que ce n'était pas là son rôle. Alors, elle me dit que l'ordre du Maire est formel : pas de permission, pas d'école pour les enfants.

 

Je suis allé à la Mairie et inutile de vous dire que la dite permission de stationner m'a été refusée tout net, alors que la Commune avait de quoi m'héberger pour quelques jours. C'est navrant.

 

Q.Vous parliez de descente de Police. Vous est-il arrivé des histoires effectivement de Police qui soient à fa fois illégales et en dehors de toutes conventions légales ?

 

R. — C'est certain, car en général, les forces de l'ordre obéissent à des ordres venant de plus haut. Pourtant, c'est regrettable que beaucoup montrent un zèle excessif et déplacé, donnant libre cours à leur mépris du Gitan. J'en ai rencontré quelques-uns qui n'étaient certainement pas dignes de l'uniforme qu'ils portaient.

 

Nous nous sommes, un jour, arrêtés dans la banlieue d'une grande ville, et nous. avons mis nos enfants en classe à l'école. La Police est venue. Il faut partir !... Impossible dirent nos femmes, les maris sont partis faire la tournée et nos enfants sont en classe.

 

Eh bien, la Police est allée à l'école et a fait sortir nos enfants, en disant :

 

" Les enfants des Gitans, voulez-vous venir ici ".

 

Ils les ont sortis de l'école et nous ont renvoyés le jour même avec des procès-verbaux en disant :

 

" Vous ne pouvez pas stationner, car il n'y a pas d'eau ni de sanitaires ".

 

Évidemment, c'est une bonne excuse pour plusieurs localités qui ne veulent pas de forains chez eux. C'est pas encore demain qu'ils envisageraient de favoriser leur stationnement car on a encore peur du Gitan. C'est, pense-t-on, le va nus pieds, le voleur de poules, mais c'est un point de vue dépassé et moyenâgeux.

 

En général, les Gens du voyage redoutent la Police et les Gendarmes, parce que très souvent leurs contrôles sont volontairement excessifs et méchants. Cela fait toujours plaisir d'en rencontrer qui soient corrects et humains, même si c'est au prix d'un contrôle.

 

Commentaire n°14 posté par Blaise le 27/07/2010 à 15h48

Q.Auriez-vous quelque chose d'autre à dire sur le stationnement ?

R. — Depuis le décret du 11 janvier 1972, qui encourage les Municipalités à créer des terrains d'accueil pour les Gens du voyage, il faut reconnaître une grande amélioration dans certaines régions de France et c'est tout à leur honneur, car elles contribuent à redonner aux forains leur dignité d'hommes en s'efforçant de les accueillir. Hélas, bien des Municipalités ne se sentent pas concernées par les forains et préfèrent leur envoyer la Police.

Un dernier mot, là où il n'y a rien pour nous recevoir, la tolérance devrait prendre le relais.

Q.Que pensez-vous des livrets de circulation : A et B ?

R.Les livrets de circulation A et B remplacent deux autres livrets.

Le premier, le A, qui doit être validé tous les deux ans au maximum, remplace l'ancien carnet de forains qui lui devait l'être tous les dix ans, comme une carte nationale. Nous sommes donc désavantagés.

Le second, le B, qui doit être validé tous les mois au maximum, remplace l'ancien carnet anthropométrique, qui devait être visé à chaque départ et à chaque arrivée dans une Commune, sous peine de prison. Ainsi les A et les B se retrouvent dans le même panier.

Changez-nous cette forme de contrôle et donnez-nous une pièce d'identité comme tout le monde, et c'est possible puisque nous sommes maintenant tenus d'avoir notre commune de rattachement.

Q.Avez-vous des choses à dire sur l'école et comment sont accueillis vos enfants à l'école. Comment ça se passe ?

R. — En général, ils sont ignorés, dans la classe on les laisse dans un coin sans les intéresser. Dans certaines écoles, il existe des classes pour Gitans ou Gens du voyage. Là encore, le plus souvent cela ressemble à une garderie, car ils ne font que des dessins et même des canevas.

Pourtant, ces classes peuvent jouer un rôle important de rattrapage, à condition que les instituteurs soient de bonne volonté. Bien sûr, car les enfants des Gens du voyage ne sont pas plus bêtes que d'autres. Il suffit de capter leur intérêt et de s'en occuper.

Q.Pour dépasser les mythes des caravanes, les sédentaires qui voient des caravanes, pensent que vous êtes riches, est-ce toujours le cas ?

R. — Des belles caravanes et des belles voitures, on n'est pas les seuls à en avoir. Il y a aussi les sédentaires qui ne les emploient qu'une paire de mois dans l'année, pour les vacances, parce qu'à côté de cela, ils ont de belles villas et de belles maisons. Nous, nous n'avons rien de tout cela pour la grande majorité ; car cette majorité des Gens du voyage ont de faibles revenus et les caravanes sont très chères, mais j'ai quand même l'impression qu'une maison coûte plus cher qu'une caravane. C'est pourquoi, beaucoup paient leur caravane avec leurs allocations familiales chez nous.

De ce côté-là, les Gens du voyage sont défavorisés par rapport aux sédentaires. En effet, ni les allocations familiales, ni l'État ne nous aident à nous loger.

Nous ne touchons pas d'allocations au logement, ni de prêt pour l'accession à la propriété et pourtant il faut la changer tous les trois ou quatre ans, cette caravane.

Les prix des terrains d'accueil coûtent entre 300 et 500 F par mois, à cela il faut ajouter le butane, et il va de soi que certains ne peuvent plus faire face. Ce qui serait souhaitable, c'est qu'au moins les prix des terrains d'accueil soient pris en charge par l'État ou les allocations familiales, ce qui serait une compensation pour le logement des Gens du voyage.

Commentaire n°15 posté par Blaise le 27/07/2010 à 15h53

@Blaise

"persuadé que les Tsiganes sont des enfants gâtés"

Je n'ai prétendu cela nulle part, et j'applaudis Jean-Paul II pour avoir condamné les vexations ou persécutions subies par les gens du voyage.

Commentaire n°16 posté par le chafouin le 27/07/2010 à 15h58

"Obliger les gens à se sédentariser? On a vu ce que cela donnait."

Bien des incompréhensions proviennent d'ignorances. Pour ma part, je connais mal le sujet. J'ignore donc les réponses aux questions suivantes :

- Que se passe-t-il quand on oblige les gens à se sédentariser ?

- Quels sont les sources de revenus des gens du voyage, hors spectacles itinérants ?

Si quelqu'un a des réponses, je suis preneur. Merci d'avance !

Commentaire n°17 posté par xerbias le 27/07/2010 à 18h09

@ Xerbias

 

J’ai cité plus haut Marc Bordigoni qui met les choses au clair :

 

 - les trois quarts des tsiganes sont aujourd’hui sédentarisés.

 

 - La minorité restante (30 000 environ) mène des activités professionnelles adaptées à son mode de vie nomade : vendeurs sur les marchés, travailleurs saisonniers.

 

- Il ne faut pas confondre les tsiganes avec les gens du voyage en général et surtout avec les Rroms qui en France sont des étrangers expatriés, vivant dans des conditions qu’ils n’ont pas choisies.

 

En conséquence, il n’existe pas de métiers tsiganes forcément originaux. Ils gagnent leur vie comme vous et moi. En revanche, ils sont les héritiers d’une culture authentique, mais qui a sa spécificité en fonction des régions.

 

Quant à la sédentarisation, évidemment, un changement de mode de vie aussi important que celui-là ne peut pas ne pas être sans conséquences culturelles. Le danger, plus précisément, c’est que, noyés dans la culture dominante, ils oublient leur culture propre. Mais je me garderai bien de porter un jugement dans un sens ou dans l’autre.

Commentaire n°18 posté par Blaise le 27/07/2010 à 22h56

Sur le site internet de L’Observatoire des Inégalités, on trouve un extrait d’une interview du sociologue Christophe Robert à propos des tsiganes :

 

http://www.inegalites.fr/spip.php?article889

 

Il évoque en particulier la persécution incessante à laquelle ils doivent faire face :

 

« Une violence terrible, permanente, insidieuse, qui s’exerce au travers des contrôles administratifs, parfois des brutalités policières, mais aussi à l’école, dans les magasins, dans la rue... Tout le temps, partout, ils croisent des regards méfiants, hostiles, affrontent la méchanceté au quotidien. Une famille veut acheter un terrain ou un logement ? C’est le soupçon a priori sur l’origine de l’argent. Le notaire repère le patronyme courant chez les Tsiganes. Les banques refusent le prêt. Quand les professionnels sont plus compréhensifs ou font leur travail normalement, que le dossier d’acquisition d’un terrain est bouclé, ce sont les voisins qui font pression pour le faire capoter. Pour bloquer des projets, les particuliers comme les élus sont capables de mobiliser beaucoup, beaucoup de moyens, à toutes les étapes... Ce phénomène est complètement intégré dans les groupes tsiganes, y compris par les enfants qui, très jeunes, développent des stratégies de défense. »

 

Il détaille les insuffisances graves de la législation à leur égard. Le fantôme de la loi de 1912 n’a pu être entièrement conjuré, hélas. Il dénonce la non-application de la loi Besson concernant la création d’aires de stationnement, ou son application d’une manière si restrictive qu’elle ne répond pas aux besoins réels des gens. Voici une information statistique particulièrement choquante :

 

 « […] 17 ans après son adoption, moins de 25 % des 40 000 places dont la création a été jugée nécessaire par les schémas départementaux sont installés ! Ce texte prévoyait aussi que le préfet pouvait se substituer aux communes défaillantes. Or cette mesure coercitive n’a jamais été appliquée.

 

[…] »

 

Même quand les familles achètent un terrain, elles ne sont pas au bout de leurs ennuis : « […] Certains acheteurs d’un terrain ont bien du mal à obtenir l’autorisation de le raccorder à l’eau et à l’électricité ou d’y installer une petite construction en dur ou un chalet. Il faut travailler sur la sécurisation de l’habitat permanent tout en maintenant la possibilité d’un habitat mobile. Car l’habitat caravane n’implique pas nécessairement une mobilité effective. Inversement, l’existence d’un point de fixation ne signifie pas forcément le renoncement à toute itinérance. Il peut y avoir simultanément ancrage et mobilité, c’est cela qu’il faut bien comprendre. »

 

Je renonce à faire un compte-rendu complet des difficultés auxquelles les tsiganes doivent faire face, et je vous invite à lire l’article.

Commentaire n°19 posté par Blaise le 27/07/2010 à 23h34

Concernant le taux de criminalité chez les tsiganes, voici un rapport intéressant :

 

« Etude de réalisation d’aires d’accueil pour les gens du voyage dans l’arrondissement de Saint-Etienne », à la page 30 :

 

« La délinquance si l’on excepte celle liée à des infractions administratives, reste limitée, environ 5% des adultes nomades de la région stéphanoise sont connus au “fichier”. Les incertitudes patronymiques peuvent faire penser que des familles entières sont impliquées dans des actes délictueux, d’autant que la presse retrace volontiers dans sa rubrique ”faits divers“ les délits mettant en cause les nomades. »

 

Commentaire n°20 posté par Blaise le 28/07/2010 à 00h16

Vous avez raison, chère Madame, d'apporter, cum grano salis, d'utiles précisions lexicographiques sur les "évangéliques". Mais, parlant de vous-même, précisez bien que vous êtes catholique romaine ("Se qui se conçoit bien ...", à lire votre citation). En effet, tous les chrétiens se réfèrent unanimement à l'acte de foi (credo) du concile de Nicée, en 325. Tous les chrétiens appartiennent dès lors à l'Eglise (une, sainte, universelle, soit catholique, et apostolique), les protestants comme les orthodoxes, les épiscopaliens et les coptes comme les catholiques grecs ou romains. Il convient à chaque fois de préciser l'appartenance, afin de ne pas faire accroire que seuls les catholiques (romains) seraint catholiques. Cela est peut-être commode, mais faux. Les luthériens, les melchites (etc.) le sont tout autant. Bref, chrétiens, nous sommes tous catholiques, mais pas catholiques romains. Il va sans dire, mais il va mieux en le disant.

Commentaire n°21 posté par Rainer Michael Mason le 23/08/2010 à 16h05

Les melkites sont catholiques, c'est un fait. Mais je me demande quelle tête feraient mes estimés amis luthériens si je les appelais catholiques!

Catholique signifie effectivement universel, mais ce n'est pas pour autant un synonyme de chrétien. Et vous avez bien deviné que je suis catholique romaine et non syrochaldéenne, c'est que ce n'était pas sidifficile à déduire ;)

Bien cordialement

Réponse de Nystagmus le 23/08/2010 à 16h18

Merci à vous d'avoir dès fin juillet présenté les "interrogations et positions" de la Fédération Protestante de France... Je m'inquiétais mais la presse comme d'habitude nne les avait pas relayé. De même pour l'épiscopat de l'Eglise Catholique... Chrétien mais sans être inféodé à une église quelconque, je pense que nous devons tous "montrer les dents" dans cette situation de grave déni d'humanisme et de démocratie incité par ce gouvernement fantoche ! Fil Vert http://filvert.blog.lemonde.fr

Commentaire n°22 posté par Fil Vert le 23/08/2010 à 16h21

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recherche

En 140 signes

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés