Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 10:47

imagec2f73f3f3ada1.pngC’est un article de 360°, le magazine suisse gay,  lesbien, bi et trans. Qui titre ainsi un article daté du 18 octobre dernier : Les sites de drague gay, nouveaux paradis de l’exclusion. On y apprend donc que sur les sites de drague gays, « la liste de «s'abstenir» devient interminables: gros, efféminés, blacks, asiatiques, vieux... les préférences sexuelles semblent, de plus en plus, ne s'exprimer que sous la forme d'une litanie d'exclusions ». Et que donc, comme c’est discriminant, c’est pas bien. Diantre.

Il me semblait, à moi, que le désir était ontologiquement discriminant. Que ce qui fait la nature même du désir sexuel, c’est le fait de se fixer arbitrairement sur telle ou telle caractéristique plus (il a un beau sourire) ou moins (elle a de gros seins) avouable. Hé bien non ! Le gay moderne, tout à sa béatitude de représenter l’essence de l’humanité post-moderne, devrait baiser à couilles rabattues avec tous, en prenant soin de ne négliger aucun quota.

Première remarque : les sites incriminés sont des sites… de cul. Quitte à vouloir un coup d’un soir, il est normal de le vouloir attirant, non ? Au nom de quelle névrose s’obliger à bander devant quelqu’un qui ne vous attire pas a priori ?

Seconde remarque : ce qui rend la chose laide, triste et étriquée, ce n’est pas que certains préfèrent avoir dans leur lit Elvis à vingt ans qu’Elvis à quarante ans. C’est que dans l’un et l’autre cas, personne ne s’intéresse à Elvis pour lui-même, juste pour le plaisir qu’il est susceptible de donner. Et ça, oui, c’est triste à mourir. Cela fait d’ailleurs plusieurs siècles que le christianisme le dit, que le désir tout seul c’est étriqué et moche.

On bute ici sur les limites bien réelles d’un désir homosexuel que certains voudraient tellement plus ouvert et épanouissant que le désir hétéro, forcément bourgeois et gagne-petit. On le voit bien, la réalité est tout aussi crue que chez les hétéros.

Troisième remarque : en catégorisant l’humanité dans des petites cases, en définissant les personnes selon leur sexualité, en réduisant finalement l’humain à sa génitalité, le gender n’est-il pas foncièrement discriminant ? Si l’on pousse un peu la logique portée par cet article, le fait de se déclarer anthropologiquement homosexuel n’est-il pas injuste envers les femmes ?

Allons plus loin encore :  si j’évoque mon cas personnel, au risque de me faire traîner en procès par des hordes de frustré-e-s de tous pays, âges, sexes, couleurs etc, il se trouve que je discrimine dans mon désir la totalité de l’humanité à l’exception de mon mari.

La vache.

Je suis la discrimination personnifiée.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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