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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 15:38

  1-presid-illustration-vote-abstention_228.jpgJe sais pas vous, mais moi, cette campagne présidentielle, j'en ai ras la calotte. Une overdose comme j'en ai rarement eu. D'autant que, en bonne catholique, je représente une cible fort convoitée, si j'en juge le nombre d’œillades que me fait le candidat le moins bien placé pour le 2e tour. Et quand je parle d’œillades, je devrais dire drague obscène. Au point que, alors que je m'étais promis de ne pas écrire sur le sujet, me voilà à mon pupitre.

Voyez-vous, cela fait quelques jours que je ne peux plus ouvrir ma page Facebook sans avoir l’œil agressé par des affirmations péremptoires du style : ''Les cathos qui voulaient voter Hollande, lisez ça et changez d'avis !'', ou encore : ''Je pars en direction du Trocadéro pour soutenir Sarkozy, le président pour lequel je veux voter. Je ne suis pas favorable au vote blanc, ni à un certain purisme catho (motivé en apparence par la Vérité... mais qui au fond n'est pas incarné, et tremble de peur face aux spectres du laïcisme, des images médiatiques faussées et diabolisatrices de Sarko, et du binarisme manichéen gauche/droite)''. Ou bien : ''Le seul vote cohérent est le vote responsable ! Votez utile ! Votez Sarko !'' Ou ceci : ''Rappel et conseil à qui pense voter blanc, nul ou s'abstenir : Ça ne sert strictement à rien!'' Allez, un dernier pour la route : ''Excellent article synthétique qui répond admirablement aux catholiques qui seraient tentés de voter Hollande en raison de leur sensibilité de gauche ou aux belles âmes qui voudraient voter blanc''.

My God, si j'ai encore le droit de le dire.

Car je finis par me poser la question. Moi, le 6 mai, je ne voterai pas Sarkozy. Je suis donc, si j'en crois les statuts FB pré-cités, et qui proviennent de gens que j'estime, voire que j'aime : 1/ une girouette, 2/ pas incarnée et peureuse, 3/ irresponsable, 4/ un peu coconne, 5/ ''belle âme'' péchant par ''sensibilité''. Ouille, mes dents.

Mieux : si j'en crois le discours sous-jacent, je ne suis même pas une bonne catholique. Et c'est d'ailleurs ce que trois éminents prêtres tradis, dont l'abbé de Tanoüarn, que je considère comme l'un des cerveaux de prêtre les plus brillants que je connaisse – et cela dit sans ironie aucune – m'ont déjà expliqué dans une lettre qui n'est ''en aucun cas une consigne de vote'' mais dans laquelle on m'explique que le programme de François Hollande n'est pas catholique.

Plus écoeurant encore : il circule en ce moment un faux mail, attribué à un carme parisien, qui reprend toutes les prises de position du président Sarkozy en faveur de l'identité chrétienne de notre pays, des valeurs chrétiennes en général et de tout ce qui va avec'', et explique que le seul vote cohérent pour un catholique est le vote Sarko. Manque de bol, le frère Christophe Marie, joint par un mien ami, n'est absolument pas au courant qu'il a écrit ce texte. Quelqu'un a simplement usurpé son identité pour donner une crédibilité au message.

Ce dernier procédé m’écœure.

Pour le reste, j'ai le cuir solide, et rassurez-vous : je ne suis pas blottie dans mon lit à pleurer parce que mes amis n'ont pas les mêmes opinions que moi. Et je sais bien que nous sommes à la veille du deuxième tour, que les esprits s'échauffent, que la direction que prend la société - qu'elle tourne à droite ou à gauche – est terrifiante. Cela fait plusieurs années que je ne cesse de le dire à travers ce blog.

Est-ce une raison pour tomber à ce point dans l'anathème ? Cher ami blogueur-catho-de-droite, fais-moi la grâce de ne pas me penser totalement idiote. Estime-moi capable d'une réflexion, ne fût-elle pas la tienne. Épargne-moi les slogans binaires matraqués, les syllogismes trop court, la culpabilisation sourcils froncés. Tu es un grand garçon ou une grande fille, et moi aussi.

Vois-tu, je ne voterai pas Sarkozy. Je ne voterai pas Hollande non plus. Je ne voterai pas du tout, en fait. Et je l'assume. Et je vais t'expliquer pourquoi.

Cette élection du 2e tour, je la vois comme un choix pervers. Ce qu'il me faut choisir, c'est moins un président que la survie d'une des catégories de faibles de notre société. Et la perversité est là : si je choisis tel faible, je condamne tel autre. Si je vote Sarkozy, je sauve le vieillard souffrant à qui l'on explique qu'il n'est plus digne et qu'il n'a qu'à se suicider. Si je vote Hollande, je sauve le gamin sans papiers en centre de rétention. Si je vote Sarkozy, je participe au matraquage des chômeurs, dont il veut nous faire croire que ce sont des nantis passant leur temps à refuser des offres d'emploi pour continuer à buller aux frais du contribuable. Si je vote Hollande, je participe au délire collectif d'une gauche obnubilée par le contrôle étatique du sexe, qui s'arroge le pouvoir de dire par la loi ce qui est anthropologique et ce qui ne l'est pas. Voter Sarkozy ? Impossible, je déteste les ambiances sociales à couper au couteau. Voter Hollande ? Hors de question, j'ai en horreur le totalitarisme soft. Le choix qu'on me propose ? L'obsession du fric contre l'obsession du cul.

Sans moi, cher ami. La vie m'a appris que lorsqu'un choix pervers nous est proposé, le mieux est de ne pas en faire.

Et mon non-vote n'est pas une démission. Rassure-toi, j'ai lu les textes, celui de Jean-Paul II parlant du devoir de chaque chrétien de participer à la vie politique, celui de la Conférence des évêques de France, et quelques autres. Mais la participation à la vie politique se résume-t-elle au vote ? Non, Dieu merci. Cela fait longtemps que je crois, et que j'écris, que l'influence d'un groupe n'est pas tant affaire d'élections que de lobbying. D'autres que nous ont montré la voie : chapeau bas au lobby gay qui a réussi à faire en sorte qu'une élection présidentielle dans un pays au bord du gouffre puisse se jouer sur les préoccupations d'une infime partie des personnes homosexuelles; félicitations à l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité qui, à une poignée de clampins, est parvenue à imposer l'idée que le grand âge est un fardeau. Un grand bravo, vraiment. Et à très vite : c'est votre exemple qu'il faut suivre.

Le 6 mai, vive la pêche au goujon. Le 7, rendez-vous dans l'arène.

Par Nystagmus - Publié dans : Société
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Commentaires

Beau texte qui me rassure quant à l'avenir. Quel que soit le vainqueur, l'attendu ou l'autre, nous devrons tous nous retrouver dès le 7 mai pour défendre, combattre... mais surtout reconstruire.

Je ne te ferai pas de laïus sur l'absention : il en faudrait beaucoup pour que je m'abstienne ou vote blanc, mais c'est plus une question de principe personnel qu'un choix rationnel que j'aurai envie de défendre. Mon choix est fait, mais j'ai du mal à militer pour ;)

En face, il y a aussi eu, cela dit, le battage des puristes du non-négociable qui nous disaient qu'il n'y avait qu'un seul choix possible. 

Donc attendons le 7 mai pour nous retrouver. Après tout, les premiers chrétiens ont réussi à construire des choses intéressantes dans une société pas tellement mieux que l'actuelle :)

 

Commentaire n°1 posté par Henry le Barde le 02/05/2012 à 15h56

j'avoue que j'ai un peu honte, je n'arrivais pas à nommer un sentiment de malaise face à la recrudescence des messages de mes contacts pour "bien" voter aux élections, avec toute la liberté intérieure supposée, et le message explicite: l'un des deux est incompatible. 

je viens de saisir: c'est la logique du "t'es pas un vrai catho si tu ne me ressembles pas". Et je viens te forcer la main pour que tu votes comme moi. Hollande a plus que l'obsession du cul, il drague un autre électorat aussi. Bref. Je voterai, sûrement. Mais je vais avoir (du) mal. 

Commentaire n°2 posté par David le 02/05/2012 à 16h18

Bravo !

Commentaire n°3 posté par Jibitou le 02/05/2012 à 16h25

ah, et je viens de retrouver le truc que j'avais en tête http://davidlerouge.fr/index.php?post/2009/09/16/T-es-pas-un-vrai-catho%2C-tu-ne-me-ressembles-pas%21 (que des clichés... plus vrais que nature). Avec une mention pour ma dernière phrase. L'enjeu, après les élections, c'est bien de continuer à faire communauté

Commentaire n°4 posté par David le 02/05/2012 à 16h29

"t'es pas un vrai catho si tu ne me ressembles pas" (David)

Tout est dit. Nous fonctionnons souvent comme ça, nous autres catholiques (cf. Golgotha Picnic, etc.)...

Commentaire n°5 posté par Henry le Barde le 02/05/2012 à 16h40

N'ayez pas honte, une abstention n'est pas une maladie grave.

Et, de plus, ça permet de se regarder dans la glace "je ne me sens pas coupable de ...". Et pourtant, j'observe, chez les chrétiens en particulier, cette forme d'auto-flagelation (là, j'avoue avoir poussé)  résultant du sentiment qu'il y a toujours une différence.

Croyez-moi, le cas de conscience est vraiment artificiel car l'un annonce des propositions auxquelles il ne croit pas, et l'autre des propositions cadrant avec les idées des lobbies qui le supportent mais qu'il ne réalisera pas.

De toute façon, on va au casse-pipe, alors un peu plus ou un peu moins ...

Et bon corage tout de même ...

Commentaire n°6 posté par René de Sévérac le 02/05/2012 à 16h51

Un bon nombre d'entre vous jouit déjà des droits politiques, du droit de vote. A ces droits correspondent autant de devoirs ; au droit de vote, le devoir de voter, le devoir de n'accorder votre suffrage qu'aux candidats ou aux listes de candidats qui présentent non pas des promesses vagues et ambiguës, mais des garanties sûres qu'ils respecteront les droits de Dieu et de la religion.

Pensez-y bien : ce devoir est pour vous sacré ; il vous oblige en conscience ; il vous oblige devant Dieu, car avec votre bulletin de vote vous avez entre les mains les intérêts supérieurs de votre patrie : il s'agit de garantir et de conserver à votre peuple sa civilisation chrétienne, à ses jeunes filles et à ses femmes leur dignité, à ses familles leurs mères chrétiennes.

L'heure est grave. Soyez conscientes de votre responsabilité. Allez, allez toutes de l'avant, jeunes filles et adolescentes. Allez de l'avant par votre exemple. Allez et éclairez les consciences ignorantes, incertaines, hésitantes. Allez et instruisez de maison en maison, de famille en famille, de rue en rue, de région en région. Ne vous laissez vaincre par personne en activité, en ferveur, en zèle, en esprit de vérité, de justice, d'amou 

Signé Pie XII

Cordialement, un de ceux qui appelle au barrage à Hollande sur sa page facebook.

Commentaire n°7 posté par fazol le 02/05/2012 à 17h07

OK. Mais dans ce cas mieux vaut voter blanc  plutôt que de s'abstenir.

Commentaire n°8 posté par R. Gary le 02/05/2012 à 17h16

j'en suis arrivée à exactement la même dénomination:

choisir entre le parti du fric ou le parti du cul.

par contre, je n'ai pas la même conclusion.

à l'instar de je ne sais plus quel roi dans la Bible, je ne sais plus à quel chapitre, que son ennemi pressait de toute part et qui a accepté tous les sacrifices qu'il demandait tant que cen'était que du matériel, mais qui a refusé et est parti en guerre lorsque cet ennemi lui a demandé de lui sacrifier ses femmes et ses gosses, (et il a gagné, mais bon, je ne sais pas si c'est historique ou mythique),

je me suis dit que je pouvais supporter beaucoup tant que ce n'était qu'à notre fric qu'on allait toucher, tant que ce n'étaient qu'une poignée de nantis qu'on se proposer de privilégier, ou des pauvres qu'on allait renvoyer à leur pauvreté, quitte ensuite à l'Eglise de les aider...

mais que par contre, quand on commence à faire des lois pour faire de mon fils un meurtier de sa mère (parce que je ne doute pas que ma foin de vie sera trash, vu ce qu'a été le début), le meurtrier de ses probables enfants par la promotion de "partenaires multiples" sous le gracieux vocable d' "expériences sexuelles" et en lui mentant sur la fiabilité des contraceptifs, et que pendant ce temps on fait tout pour empêcher les chrétiens de parler de Jésus, le seul qui a vraiment une issue pour nous, qu'on va commencer comme l'avait déjà initié AUbry, à faire couler toutes les associations caritatives chrétiennes sous prétexte de laicité, (je ne délire pas, elle a fait une loi qui a eu cet effet pour un cartain nombre d'assocs catho non internationales),

alors là, je me suis dit que je ne pouvais pas faire autrement que de choisir le moins dangereux de ces deux fléaux, pour faire barrage à celui qui m'apparaît terriblement irréversible, qui a déjà bien trop de poids dans l'opposition, et qui, du coup, cumulerait tous les pouvoirs, et combattrait le seul véritable contre pouvoir qu'est l'Eglise.

mais bon, en même temps, je frémis en me disant qu'en votant Sarko, c'est vrai, je mets peut-être un futur Hitler sur son trône. simplement, pour le moment, je n'ai aucune certitude de ça.

...et puis je me redis que Staline et Hitler, ainsi que Kadhafi, et tant d'autres, ils étaient *socialistes*, eux. et ça n'a pas empêché. 

ensuite, je remets tout ça à Dieu, parce qu'ils les tient tous dans ses mains, et nous aussi, et que de toutes façons, notre valeur à chacun ne dépend pas tant que ça de ces gens. 

Commentaire n°9 posté par do le 02/05/2012 à 17h46

par contre, je trouve que quelque chose est beau,il me semble que beaucoup de gens de droite et de gauche ont enfin réussi à sortir de mleur parti pour affirmer leurs valeurs, et que certaines de ces valeurs sont plutôt unitives que propres à diviser les gens. à mon avis, c'est après le 7 mai que tout va commencer, quel que soit le candidat. et ce sera le combat des modérés contre les extrêmes, plutôt que la droite contre la gauche. enfin, j'espère.

Commentaire n°10 posté par do le 02/05/2012 à 17h50

Merci pour ce beau texte. Je fais parti des militants que tu décris et j’assume pleinement la paternité de : « Le seul vote utile est le vote responsable ! Votez utile ! Votez Sarko ! ». Récemment, j’ai eu quelques réactions, ce qui m’a poussé à faire quelques petits retours sur cette campagne et à sonder mon entourage proche. Cela m’a incité à écrire cet article http://charlesvaugirard.wordpress.com/2012/05/01/retours-sur-une-campagne/ afin d’expliquer ma démarche tant sur les articles et commentaires « militants » que sur les réflexions moins engagées (encore que…celles-ci expriment avant tout ma conviction). Mon but est clairement d’éviter tout malentendu et aussi de me tourner amicalement vers ceux que j’ai pu blesser par mon vocabulaire souvent énergique…

 

J’assume pleinement ma conviction pour mon candidat. Un choix du « moindre mal » que j’ai déjà argumenté, qui s’articule aussi avec le positionnement politique d’un mouvement dont je suis proche. Je ne prétends pas détenir la vérité, et donc je n’impose mon choix à personne…Néanmoins, étant convaincu, j’ai décidé de faire valoir mes arguments et donc à émettre une critique devant des positions qui, selon moi, étaient contradictoires.

 

Militer est aussi un droit, au même titre que celui de voter. Je comprends qu’un militant puisse agacer, mais il peut aussi aider les autres à réfléchir…et il est positif que des chrétiens se décident à s’engager pour l’un ou l’autre vote ou non-vote. Bien sur, en gardant une attitude fraternelle… Pour cela, la prière est d’un grand secours.

 

Bien entendu, cette campagne n’a pas été réussite. Pour personne… J’ai un gros goût amer dans la bouche : malgré de salutaires initiatives comme la vidéo de SAJE Prod, j’ai le sentiment que le message de l’Eglise (tout choix confondu) est inaudible. Ce que tu dis à la fin sur l’ADMD et le lobby homosexuel est tout à fait vrai (tu devances un projet de papier ;-) ). Eux, ils ont réussi à faire passer leurs idées…

 

Ce que je rêve… c’est qu’après ces élections, nous nous retrouvions tous pour tirer les conclusions de cette campagne…un grand debriefing pour qu’a l’avenir notre message soit enfin entendu. Donc oui : Vivement le 7 mai !

 

Assez-dit, je file à la FASM !

Commentaire n°11 posté par Charles Vaugirard le 02/05/2012 à 18h11

Cher Charles, un débriefing avec toi? Avec joie! mais avec une bonne bouteille, aussi ;)

Réponse de Nystagmus le 02/05/2012 à 18h31

Depuis très peu de temps à me balader sur twitter, j'imagine que FB c'est pareil, et très mal à l'aise aussi. Je me suis même dit:"si c'est ça, bof, pas très intéressant finalement." Pas intéressant d'avoir des consignes de vote, mais je n'en ai pas besoin. Je me sens libre d'être catholique comme je l'entends et pas forcément pour suivre une ligne. Quelle ligne d'ailleurs???

Je vais voter parce que c'est un droit que je ne m'aimerais pas qu'on m'enlève un jour, c'est tout; le vote et le résultat ne me satisferont jamais entièrement. Mais ensuite je pense que cela me donnera le "droit" de me mobiliser si besoin. Et puis, une dernière chose, j'ai bien aimé votre billet  parce que je me suis posée une question: est-ce qu'un jour dans ma vie, au dernier tour d'une élection présidentielle, j'ai voté pour quelqu'un dont le programme me satisfaisait complètement? Finalement non.

Commentaire n°12 posté par Corine le 02/05/2012 à 18h24

Je comprends ton soucis des plus pauvres. De par mon métier je vois combien parfois, la pauvreté matérielle des autres est ignorée par les cathos... Mais dans une perspective eschatologique il me semble néanmoins qu'il y a une hiérarchie des points importants. Car quelles que soient les orientations politiques futures prises sur les questions "de vie" il sera toujours impossible de fuir les autres réalités de misère humaine qui nous sauteront toujours aux yeux. Alors que les réalités invisibles sont d'autant plus structurantes pour la société en ce sens que niées elle produiront d'autant plus de misère et souffrance visible! C'est pour cela qu'il me semble que les critères de choix sur la vie me semblent prioritaires... Çà n'est pas innocent pour moi que Mère Thérésa, qu'on ne peut taxer d'indifférence et d'inactive face à la misère et le souffrance, a cité l'avortement comme le drame le plus grave de nos jours... Mais effectivement comme ce sont des réalités invisibles je peux comprendre même si c'est fort dommage que certains cathos votent PS sans voir combien la vision anthropologique proposée détruit l'homme intérieur.... Et effectivement en ce sens l'absention que tu t'apprête à faire est un moindre mal, mais je ne peux moi, en conscience me résoudre à (pour moi , je ne te juge pas) participer éventuellement par omission...

Commentaire n°13 posté par Rodolphe de Soras le 02/05/2012 à 18h38

Et de mon côté, je respecte absolument ceux qui ont décidé en conscience de voter, quel que soit le candidat! Merci de ce point de vue apaisé :)

Réponse de Nystagmus le 02/05/2012 à 18h48

J'ai longtemps hésité à commenter cette campagne électorale sur Facebook par peur d'être trop blessante à cause de l'énervenement que je ressens, mais ton billet m'en donne l'occasion.

Pour ma part, je sature de cette opposition stérile qui, à force de se concentrer sur les fameux points non-négociables, nous a fait perdre de vue l'essentiel et notamment l'un des points mis en avant par Benoît XVI, le bien commun. Une question me taraude depuis quelques temps: la présence des points non-négociables dans un programme présidentiel suffit-elle à faire oublier tout le reste et à attirer toutes les voix catholiques sur ce programme? Mais dans ce cas, le pire des salauds pourrait espérer récupérer tout le vote catholique pourvu qu'au milieu de dix mesures abjectes il case son opposition à l'euthanasie et au mariage homosexuel. Du coup, le bien commun est-il réductible aux fameux points non-négociables?

La bataille qui fait rage sur Internet et parmi les catholiques depuis un mois ignore aussi un autre aspect de cette élection présidentielle: le président a tellement divisé pour mieux régner et surtout érigé la division, le mépris permanent et la politique du bouc émissaire en fondements tactique de sa méthode de gouvernement qu'il est impossible d'essayer de convaincre rationnellement quelqu'un qui a entendu pendant cinq ans (en étant généreuse, je pourrais monter à presque dix avec les périodes pendant lesquelles il était ministre) Nicolas Sarkozy faire preuve de mépris pour sa profession ou ses activités de voter pour lui, même sur la base de valeurs partagées. La culture, l'environnement, l'éducation, la recherche, la santé sont des secteurs qui ont énormément souffert pendant ce quinquennat. Les petites formules chocs sur les vrais travailleurs et les assistés contribuent aussi à ce rejet. Or il est compréhensible que ceux que leur métier classe dans la catégorie des "assistés" ou des "faux travailleurs", selon une partie de la droite au pouvoir, saturent des appels répétés à renouveler leur confiance à cette même droite (par laquelle ils se sentent régulièrement insultés) qu'ils lisent à longueur de journée sur les réseaux sociaux. Et si en plus, alors qu'ils envisagent éventuellement de voter Hollande parce qu'ils n'ont vraiment pas envie d'en reprendre pour cinq ans à en entendre des vertes et des pas mures sur le fait qu'ils sont des parasites payés à ne rien faire, ils lisent les anathèmes qui ont pu fleurir ça et là sur ceux qui seraient tentés de voter Hollande, ils perdent toute envie de discuter dans le calme et la bonne humeur.

Pourquoi dire tout cela? Il y a une droite classique, avec qui on peut discuter sur le terrain des idées, argumenter, convaincre. Et il y a la droite qui nous gouverne depuis cinq ans, qui fait appel à l'émotion et non à la raison, qui exalte la division et la haine du voisin qui porte forcément sur ses épaules, lui, le poids des malheures qui accablent la France, une droite qui gouverne à partir des peurs qu'elles prêtent à l'opinion et de jugements qui ne reposent sur rien d'autre que des clichés. Le malentendu est là: les arguments rationnels, comme les points non-négociables, et qui carctérisent plutôt la droite classique, ne pèsent pas forcément grand chose face à toute l'accumulation de tension provoquée par le style de gouvernement actuel. Et cela explique que des personnes qui sont viscéralement attachées aux points non-négociables finissent néanmoins par voter Hollande, car elles estiment que le bien commun passe d'abord par l'apaisement des tensions qui secouent la société, ou du moins par un style de gouvernement qui ne les aggravent pas chaque jour. Mais comme ceux qui discutent et débattent de ces différentes positions ne se situent pas sur le même plan, il est difficile qu'ils se comprennent.

Le dernier commentaire que m'inspire cette campagne sera le suivant: vivement qu'on prenne de la hauteur de vue et qu'on parle enfin d'un projet commun visant le bien commun, et non de positions tout à fait estimables mais qui ne sont pas à elles seules un projet. Et vivement qu'on parle d'économie et d'environnement et qu'on raisonne à très long terme, pour sauver ce qu'il reste à sauver maintenant que l'homme a ravagé la planète.

Commentaire n°14 posté par Marie le 02/05/2012 à 19h33

Bonjour,

   Merci pour cet article très intéressant ! Petite contribution à la question sur mon blog : voter blanc, est-ce nul ? 

   Je reste convaincu que le vote blanc, comme l'abstention, est un peu un moyen de jeter l'éponge : "vous me demandez de choisir entre le mariage homosexuel et l'expulsion d'étrangers, je refuse votre jeu, débrouillez-vous tout seul pour choisir"

   C'est sûr qu'il est difficile d'adhérer à un programme dans sa totalité (à moins d'être candidat !), mais je ne crois pas que voter pour l'un ou l'autre soit motif légitime d'excommunication ;-) Ce qui me semble important c'est que l'outil du bulletin de vote nous est donné non pour nous, mais pour le bien commun. D'où l'intuition que le vote blanc (jeter l'éponge de la protection du bien commun) n'est pas une option. Le vote blanc est un signe de pessimisme : "l'un et l'autre sont nuls, on va dans le mur ! ". Le Christ nous invite à une espérance plus forte que ça. Choisissons le chemin qui nous paraît le mieux adapté à la sanctification de chacun, et engageons nous-y avec volontarisme. Dans un contexte morose, soyons le sel de la terre qui donne du goût aux aliments fades.

   L'action des chrétiens après le 7 mai est aussi importante, on a encore le temps et on aura plein d'occasions de saler nos vies, mais ça pourrait commencer le 6 mai alors c'est dommage de s'en priver... 

Commentaire n°15 posté par Bonnes Nouvelles le 02/05/2012 à 20h11

"chapeau bas au lobby gay qui a réussi à faire en sorte qu'une élection présidentielle dans un pays au bord du gouffre puisse se jouer sur les préoccupations d'une infime partie des personnes homosexuelles"

C'est faux, les thèmes du mariage homosexuel et de l'adoption par les couples de même sexe n'a absolument pas été un thème de campagne. Il n'y a qu'à avoir réécouter le débat de hier soir où ce point n'a pas été abordé.

De plus, tous les homosexuels ne sont pas pour le mariage homosexuel, tous les homosexuels ne votent pas à gauche (15% pour le pen, 10 pour sarkozy, 8 pour Bayrou selon les estimations), et les homosexuels s'ils ont des intérêts particuliers comme toutes catégories d'électeurs, votent selon leur idéologie et non seulement selon leurs intérêts.

Enfin, le débat sur le mariage pour les homosexuels et l'adoption n'est pas un débat qui concernent seulement les homosexuels mais engagent la société entière, puisqu'il concerne le sens que l'on veut donner au mariage et aux liens de filiations, et la question de l'égalité des droits. De même que le débat sur le port du voile (intégral ou non), les sans-papiers en France, de même que l'impôt sur le revenu au delà de 75%, l'ISF, etc,  concernent un nombre très faible de personne. Bien moindre que celui des homosexuels. Et pourtant ces questions, comme les droits des homosexuels concernent l'ensemble de la société.

Vous votez en prenant en compte votre religion dans votre vote, c'est votre droit. D'autres le font en prenant en compte leur porte-feuille, d'autres tel ou tel thématique qui leur tient particulièrement à coeur. Et d'autres font de même en prenant en compte les droits des homosexuels. Et c'est bien sûr tout aussi légitime.

Mais à vrai dire, cela n'a pas d'importance, car refusant de voter au second tour, votre opinion n'aura finalement aucune conséquence :-)

Commentaire n°16 posté par jean le 03/05/2012 à 09h54

Merci !! vraiment merci pour ce billet !!!!

pour ma part, je ne pense pas (ou plus) voter blanc mais cette campagne où on me dit ce qu'il faut voter , ce que je dois voter si je suis catho, ça m'écoeure !!!!! rien de constructif ds tout ça ! Que de la diffamation et des préjugés, ça m'énerve !!!

vivement le 7 mai !! (ou le 6 au soir ;-) )

Commentaire n°17 posté par Véronique le 03/05/2012 à 10h45

Bon article que j'ai beaucoup apprécié à part pour la remarque de fin concernant l'abstention. Je trouve plus responsable, personnellement, de voter blanc même si le résultat à la fin sera le même.

Commentaire n°18 posté par A-L le 03/05/2012 à 13h29

Ce n'est pas la première fois que je tombe d'accord avec vous, mais vous l'écrivez mieux.

(Pour ma part, j'irai malgré tout voter, je pense, quoique d'accord avec vous sur tout ce que vous écrivez là)

Commentaire n°19 posté par armel h le 03/05/2012 à 16h06

Je voterai Sarkozy mais vraiment pas par gaité de cœur. En théorie je ne peux jamais voter pour un type qui a laissé dire que toutes les civilisations ne se valaient pas. Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autre. Je le fais juste pour les malades en hôpital à qui on proposera bientôt de les débrancher miséricodieusement; et qui en désespoir de cause accepteront. Je le fais aussi pour ces enfants qui au nom de l'égalité, ne pourront pas bénéficier d'un père et d'une mère comme les enfants des couples hétérosexuels. Mais ne vous figurez pas que je vois en Sarko un ange de Dieu. S'il sort de l'Elysée dans quelques semaines sous les huées, ce ne sera que justice.

Commentaire n°20 posté par CB le 03/05/2012 à 19h18

Le 5 avril dernier, place du Capitole, quand Mélenchon parlait de partage, de justice, d'émancipation de l'Homme, de dignité, de donner la main au plus faible, je me suis exclamée, non sans humour, "c'est Jésus !". Autant vous dire que j'ai eu droit aux regards foudroyants de mes voisins. Eh oui, pour les "gauchos", je ne suis qu'une catho réac et pour les cathos, je suis une inconsciente gauchiste. J'ai donc voté Mélenchon au 1er tour et je continue à aller à la messe quasi tous les dimanches !

Etre chrétien nous demande le recul et le discernement sur la vie qui nous entoure, pas d'être partisan en tant que chrétien, ce serait bien trop limité. Même si j'ai d'énormes difficultés à comprendre comment un chrétien peut voter (et penser que c'est un "bon vote chrétien") pour un candidat aussi méprisant des plus petits, des plus fragiles, xénophobe, dans la division d'une population, etc. ; je respecte les choix de ceux-là comme j'attends de leur part qu'ils respectent le choix des chrétiens de gauche sans jugement.

Je partage entièrement le point de vue de Marie sur le commentaire 14, sous pretexte d'incontournables, sommes-nous prêts à accepter n'importe quoi ? L'Eglise a déjà fait assez d'erreurs dans le passé et soutenu assez de dictateurs et autres boureaux pour qu'on ait le devoir d'être vigilant.

Dimanche, je voterai Hollande sans l'ombre d'une hésitation, même si les questions d'euthanasie (il reste très flou sur ce sujet d'ailleurs) et de mariage homosexuel me gênent. A nous chrétiens de faire entendre nos voix, comme nous le faisons déjà, sur les sujets qui nous tiennent à coeur, que ce soit sur les questions bioéthiques, mais AUSSI de justice sociale. Et restons LIBRES !

Merci pour cet article.

Commentaire n°21 posté par Karine le 03/05/2012 à 23h18

Salut miss,

Je me suis promis de venir commenter ici, alors voilà. La lecture de ton billet m'a fait du bien. Parce que dans la position où je suis, et la radicalité du choix que je pose, je me sentais extrêmement seul, et le manque de confiance n'aide pas toujours à écouter vraiment sa conscience, à asseoir ses convictions. Je me suis résolu au fait que j'aurai toujours un doute.

Une chose me rassure dans mon choix de ne plus participer à cette élection, en plus de ton billet et des réactions qu'il suscite : c'est le choix qui me demande le plus de courage dans ce qu'il suppose d'engagement de ma part. Chaque fois que je me dis que peut-être, je fais une erreur, c'est toujours pour envisager un choix plus sécurisant pour moi, le genre de truc où je pourrai ensuite m'en laver les mains parce qu'au fond, je n'ai pas fait pire que les autres.

Là, mon choix de l'abstention est vraiment pour moi radical. Parce qu'il ne suppose pas seulement de ne pas vouloir participer à cette élection, mais à ne pas reconnaitre le futur élu comme un gouvernant légitime. Parce qu'il m'engage ni plus ni moins qu'à oeuvrer ensuite pour le renverser, et contribuer à établir en France un gouvernement démocratique en lieu et place de cette oligarchie. Parce qu'il m'engage à rendre beaucoup de choses à César, beaucoup beaucoup de privilèges que ma complicité avec ce pouvoir m'a fait gagner.

Bon bref, je m'en suis expliqué ici : http://pneumatis.over-blog.com/article-revolution-104546518.html

Biz, A+

Commentaire n°22 posté par Pneumatis le 04/05/2012 à 13h28
Bonjour. Merci pour votre billet. Je me permets de joindre ici, en guise de commentaire, une lettre envoyée à la Conférence épiscopale après que celle-ci ait fait paraître, en octobre dernier, sa déclaration en vue des élections à venir. "Pardon, d'avance, si cette lettre qui se veut avant tout une contribution fraternelle blesse en quoi que ce soit mes bien-aimés frères évêques. Mais, en relisant ce texte, je comprends mieux pourquoi il me laissait si insatisfait. Cette belle déclaration, réfléchie, manque de ce dont nous avons le plus besoin, cette société, et nous catholiques, qui devons vivre dans le monde tout en n'étant pas du monde. Ce texte manque d'un souffle prophétique et je le dis, de respiration mystique. Car les temps présents nous crient leur besoin, et ils demandent plus que des considérations, même très bien pensées, qu'on laisse à la discrétion de futurs électeurs du système démocratique. Si, comme ils veulent en être témoins, les évêques "voient le malheur de leur peuple" et la souffrance du monde, ils doivent alors prendre la mesure et saisir la nature du mal qui atteint et fragilise les âmes. Le mal. Il faut en parler. Insister sur ce qu'il est d'abord: le nihilisme et le relativisme modernes. Avec Jean-Paul II, que j'écoute quand il constate: "la seule vérité absolue (dit la Modernité) est qu'il n'y a pas de vérité absolue". La conséquence est que sous nos yeux assoupis, des multitudes se retrouvent comme orphelines de la vérité, errantes au gré des envies et des pulsions comme des brebis sans berger. Leur ayant été également asséné que la conscience n'existe pas, que seul prime le sentiment de ce qui est bon pour soi, au détriment de l'irremplaçable bon sens et du bien commun. Sans vérité absolue partagée par le plus grand nombre, sans Bien et Mal communément admis comme tels, comment se faire même une idée du bonheur qui ne soit basée sur l'extension indéfinie des droits et des libertés ? Comment sortir d'une vie qui s'apparente toujours plus à une survie, faite de convoitise et de jouissance immédiate, nouvel opium pour oublier sa condition mortelle ? Comment fonder une vie sociale, commune, si tout se vaut ? Comment ne serait-ce qu'éduquer des enfants quand on ne sait plus sur quel socle moral (le mot est-t-il encore audible ?) on peut s'appuyer, si rien ne distingue ce qui est bien de ce qui est mal ? Si par exemple et en tout premier lieu, la vie, de son commencement à sa fin naturelle, ne demeure pas un bien sacré, la conséquence ne peut être que le refroidissement de l'amour, et avec lui le rejet des plus faibles, la tentation de l'eugénisme, toutes les manipulations, le chacun pour soi exacerbé. Où se fixe la limite de la vie digne pour l'enfant à naître (12 semaines, 4 mois, 7 mois, 9 mois et un jour ?), ou pour l'handicapé, ou le vieux oublié en fin de vie ? Qui décide du droit de vivre, et va-t-on vers la folie d'un devoir de mourir ? Et si la valeur de la vie est relative c'est toute la chaîne de la violence qui s'en trouve encouragée; nous le voyons bien avec la barbarie banalisée, où il ne se passe plus un jour sans qu'on n'entende parler d'un acte de sauvagerie. Il existe également un lien invisible mais certain entre la perte du sens du respect absolu de la vie et des réalités telles que dépression, anxiété, suicide, mais aussi la frénésie de consommation qui consacre l'argent ROI et fait de notre société inquiète, son esclave. Contre le Mal regardé en face et appelé par son nom, l’Église doit se souvenir qu'elle est experte en humanité. Et parce qu'elle en a reçu la grâce, elle a le devoir de faire entendre, car c'est MAINTENANT l'heure favorable, sa parole prophétique. Elle ne doit pas craindre de dénoncer le vide et le mensonge de l'esprit du monde, qui n'a de cesse de perdre les âmes (oui ou non ?), ne pas craindre de parler du combat spirituel dont plus aucun catholique ne semble conscient; ne pas craindre de connaitre la détresse et l'accablement des foules, et ne pas, pour cela, recourir à l'optimisme mais revivifier l'Espérance. Nous tous, pour reprendre souffle, avec Benoît XVI, homme de Dieu qui se laisse traverser par la Sagesse et qui nous montre aussi sa pauvreté, nous avons BESOIN d'entendre parler d'amour, de beauté, de vérité et de sainteté, de conversion, de joie, de compassion. Nous avons besoin de voir et d'opérer des signes et des prodiges. Car, par notre baptême nous sommes équipés et appelés à accomplir les œuvres du Christ, selon ce qu'il a lui-même déclaré: "vous ferez des œuvres plus grandes encore" (oui ou non ?). Nous avons besoin d'entendre et de voir des prêtres qui soient vrais, dans la pauvreté de cœur, et qui nous invitent; à croire que rien n'est impossible à Dieu (oui ou non ?), à veiller, à prier, à aimer se reconnaître, eux-mêmes y compris, pauvre et indigent, à accueillir la miséricorde, à entrer dans le mystère de la liturgie, à jouer et à danser. A désirer ardemment la Venue de Jésus, réalité spirituelle qui semble réservée à de très lointains et hypothétiques lendemains. Pourquoi ? Oui, contre le Mal tel qu'il est et non tel qu'on l'édulcore ou tel qu'on le ramène souvent à une dimension sociale horizontale, il nous faut entendre des pasteurs animés d'un grand désir du Royaume déjà au-milieu de nous. Et si nous parlons de Politique, concrètement, qu'attendons-nous d'une vision qui est totalement issue et se construit sur le refus de la transcendance ? D'une Droite et d'une Gauche qui s'accommodent, quand elles ne le revendiquent pas, de ce relativisme desséchant ? Courants pour lesquels le mal ne peut être qu’extérieur à l'homme, conduisant à chercher continûment un responsable et un coupable au moindre de nos mal-êtres. Éloignant les multitudes, depuis au-moins les Lumières, par le refus radical de la réalité du Péché, de toute notion de faute, de repentir et donc surtout, de miséricorde ? Car la Miséricorde demande (et attend de nous) de connaître sa misère, c'est-à-dire ses fautes, ses torts, sa fragilité, et exprimer son besoin de pardon et de guérison; "qui s'abaissera sera élevé" ... Cela, la Modernité politique, imbue d'elle-même, y est allergique. Cette pratique politique est fondamentalement amorale, même et surtout quand elle invente et substitue sa propre morale; quelle paix peut-on alors en attendre ? Elle est l'enfant de l'indépendance et de l'indifférence vis-à-vis de Dieu, quand ça n'en est pas le rejet; que peut-elle enfanter à son tour ? L'illusion, de toute-puissance, l'illusion du bonheur de peu de prix fait de consommation des biens et des autres, car une vie réduite au temporel ne vaut plus que par le gain qu'on tente d'en retirer, en lien étroit avec le refus angoissé de vieillir et de mourir qu'elle secrète nécessairement. Et il est urgent de parler de la mort avec la grâce de l'espérance pour réconcilier l'homme avec sa condition mortelle. Que produit cet humanisme qui se proclame salvateur ? Du bruit, du cynisme, cruel et "ludique", le vide et formatage de la pensée, (par la télévision vecteur du vulgaire, du futile et de la désinvolture morale ambiante), pornographie banalisée (l'influence de l'érotisation de masses dans les esprits est étonnamment sous-estimée en matière de violences sexuelles), abolition des limites et de l'ordre naturel (les théories du gender sont un des aspects de la guerre déclarée à la vision judéochrétienne de l'homme et la femme, appelés à se compléter dans l'amour), rejet de l'autorité, transgression et subversion encouragées, car signes de modernité, science sans conscience, compassion et dignité dévoyées par la pensée eugéniste, ... Cette vision (aveugle..) conduit à "la guerre de tous contre tous" (T. Hobbes). Car chacun est gagné par l'individualisme, voulant sauver sa peau ou son intérêt du moment, si rien ne s'inscrit plus dans la durée. Alors, aller voter ? Pour quel "changement" ? Choisir le "moindre mal" ? Voter blanc ? Aucun des principaux candidats n'a de vision morale de la société. Faut-il en arriver à se contenter des décisions les moins inacceptables ? Impossible pour moi. D'ailleurs il y a quelque chose de douloureux à ne pas pouvoir croire en un homme ou une femme (politique) capable de donner et redonner confiance en la Vie. Cet homme ou cette femme intègres et inspirés ne peuvent pas, s'ils existent, diriger un Pays dans l'ère moderne. Seul un Roi, ou une Reine, qui serait prophète, oint et humble de cœur, pourrait peut-être éveiller et réveiller les consciences. Il ou elle serait de toutes façons en butte à de nombreuses et virulentes adversités, de la part de croyants eux-mêmes. C'est la conversion du monde qu'il faut cependant désirer ardemment. Et pour cela, oui, nous avons besoin d'un souffle, d'une espérance vivante, et .... sans doute ..... d'accepter, s'il le faut, d'entrer dans une forme de martyre. Il faut savoir que s'opposer, même avec bienveillance, à tout ce qui heurte notre conscience, c'est non seulement devoir subir le procès d'intolérance, mais c'est aussi endurer l'incompréhension, souvent hostile, à commencer parfois par notre propre famille, de la part d'un grand nombre devenu très sensible et docile à l'idéologie humaniste dominante. J'ose dire en passant que l'humanisme, qui est une invention de la Modernité pour faire "oublier" que l'origine du Bien c'est Dieu, ne fait que rejoindre et flatter ce qui en chacun de nous désire la fin des limites et des interdits. Pour moi l'exemple de l'avortement est cruellement significatif. Et je parle là, aussi, en tant qu'homme qui, autrefois, a vécu nourri de cette idéologie. Je ne voyais aucune objection à la pratique de l'avortement. J'avais, comme la plupart dans cette génération, mis ma conscience en so
Commentaire n°23 posté par Jean-Marie Achéritéguy le 04/05/2012 à 13h52

@Karine

Mais, par exemple, de même on pourra s'étonner que, ayant "d'énormes difficultés à comprendre comment un chrétien peut voter (et penser que c'est un "bon vote chrétien") pour un candidat aussi méprisant des plus petits, des plus fragiles, xénophobe, dans la division d'une population, etc",
vous disiez votier pour M.Mélenchon, qui a fondé toute sa pensée, son discours et son argumentaire, sur la... division : les riches contre les pauvres - mais dans l'esprit de la plupart de ceux qui l'acclament, "les riches", comme pour d'autres "les étrangers", c'est toujours le voisin, celui dont on se persuade qu'il a plus, qu'il est favorisé, qu'il profite du système. C'est encore, là aussi, encourager les peurs, les haines, l'envie, la jalousie, l'ignorance (domaine dans lequel il excelle par ailleurs), pour en faire son fond de commerce.

On peut donc s'étonner de ce que vous vous étonniez que d'autres voient sous un jour favorable ce que vous-même appréciez et encouragez ailleurs.

Commentaire n°24 posté par armel h le 04/05/2012 à 13h58

Point de détail, mais quand même ; ne préféreriez-vous pas voter blanc plutôt que vous abstenir ? Pour moi, les gens qui votent blanc signifient qu'ils ne souhaitent pas choisir ce qu'on leur propose, alors que l'abstention... J'ai beau savoir que beaucoup de gens ne s'abstiennent pas dans cet esprit-là, je la vois comme un crachat à la figure de tous ceux qui se sont battus pour que chacun ait le droit de vote. L'abstention, pour moi, c'est dire "je m'en fous".

Commentaire n°25 posté par Anna le 04/05/2012 à 15h39

http://www.padreblog.fr/elections-presidentielles-face-au-second-tour

Commentaire n°26 posté par AVM le 04/05/2012 à 15h51

(suite au commentaire)

 

/... J'avais, comme la plupart dans cette génération, mis ma conscience en sommeil. L'important était de comprendre la détresse des femmes enceintes d'enfants non désirés (et il faut résolument la prendre en compte). Je n'avais aucun mal à me laisser convaincre que l'embryon était tout sauf une personne. Et déjà, à accepter l'idée, étayée par les penseurs progressistes des années 70, que la sexualité était évidemment à dissocier des sentiments. Que la contraception allait donc de soi. Etc. Ce faisant nous pouvions (pardon, il faut que les choses soient claires) faire l'amour au gré des envies et des pulsions, sans états d'âme. Et l'on avait clairement le sentiment de contribuer, de surcroît, au progrès de la liberté.

Relisons Paul aux Romains et à Timothée. Il énumère et dénonce les effets de l'esprit malin sur l'esprit humain. Il ne craint pas de mettre en garde ses frères contre ce qui se prépare et déjà se répand. "Dans leur prétention à la sagesse, ils sont devenus fous" (Rm 1, 22)

Pour finir, j'entends que des personnes qui se nomment "indignés" (septembre-octobre 2011) veulent se mobiliser en un même moment sur toute la planète pour manifester leur refus de l'austérité liée aux méfaits du capitalisme mercantile, et leur refus de ce dernier. Pourquoi pas ....?
Et nous, baptisés, porteurs d'un grand désir de salut du monde, ne pouvons-nous pas appeler, et nous encourager, à nous rassembler, soit tous les chrétiens du monde, à la même heure de grâce, jour ou nuit selon les lieux où nous habitons, en une seule grande prière de communion, unanimes au sens premier, pour implorer et demander, avec Marthe Robin, une effusion de l'Esprit de sainteté sur ce monde et sur son Église ? J'y aspire profondément. Car supplier c'est faire la louange de Dieu, dont on attend et désire la vie en abondance et le bonheur qu'il promet.

Avec mon amitié de pauvre, croyez-le, je vous exhorte à oser nous parler en tant que prêtres, prophètes et rois. Prions les uns pour les autres, maintenant." Jean-Marie Achéritéguy


Voilà, c'est ma façon de contribuer à votre réflexion, et comme personne qui n'a pas "le cuir dur".

Commentaire n°27 posté par Jean-Marie Achéritéguy le 04/05/2012 à 21h25

"L'abstention, pour moi, c'est dire "je m'en fous"." (com.25 : Anna)

Pas si vite : je vous invite à prendre connaissance des arguments que posent ce monsieur (pas spécialement catho) à propos de l'abstention... que, pour ma part, je dénommerais plus volontiers jeûne de vote : ça, ça fait catho !

Difficile de soupçonner celui-là de "s'en foutre" : parce que prendre la peine d'exprimer cent raisons de ne pas voter, cela démontre qu'on s'intéresse infiniment plus à la question que moult "indécis" de la dernière heure qui iront voter comme on va [auto-censure]... Certes, il y a à prendre et à laisser parmi toutes ces raisons. Il n'empêche qu'elles ont le mérite d'avoir été posées... sans complexe, par celui qui les émet.
Bonne liturgie à ceux que cela intéresse, ce dimanche ! (Je cause de la vraie, bien sûr : pas celle... qu'on finirait par croire que c'est la vraie aussi)

Commentaire n°28 posté par Michel le 04/05/2012 à 23h31

J'apprécie votre volonté de trouver un équilibre. Comme vous j'ai des scrupules à choisir entre deux propositions qui ne sont pas enthousiasmantes. Comme vous, je suis exaspéré par les allusions catho du discours de Sarko qui ne sont pas vraiment suivis d'acte (cf le travail le dimanche par exemple).

Cependant, je ne souscrit pas à votre conclusion. En effet, j'ai peur que votre prudence conduise à mettre sur le même plan des choses qui ne le sont pas.

Avec Hollande, il l'a annoncé, nous allons droit vers deux ruptures anthropologiques majeures. Celles ci toucheront, on le sait, le plus faible.

Avec N. Sarkozy, je le conçois, le plus faible peut aussi être touché. Seulement, le lien me semble beaucoup plus tenu. Est-ce qu'en votant Hollande on sauve vraiment le gamin sans papier ? Pour quelle raison ? Et est-ce que le meilleur moyen d'aider les immigrés est vraiment d'abolir les règles concernant l'immigration ? Est-ce qu'en votant Hollande, on protège vraiment mieux les travailleurs pauvres et les chomeurs ? Rien n'est moins sûr. Les riches, vous savez, même avec Hollande ils se débrouilleront très bien quitte à quitter la France et l'appauvrir encore plus. D'ailleurs vous savez comme moi que ce sont des hommes de gauche comme Delors qui ont participé à l'installation de l'ultralibéralisme en Europe. Et c'est sous Sarko qu'on a mis en place le RSA !

Au final donc, je ne vois pas la situation comme symétrique. Et je voterai donc Sarko, pour éviter le pire, même si ce dernier m'a bien évidemment beaucoup déçu dans son quinquennat.

Commentaire n°29 posté par Ludovic le 05/05/2012 à 10h12

Merci pour cet article. Personnellement,après avoir longtems hésité entre Melenchon (pour les mêmes raisons que Karine) et Joly et j'ai fialement voté pour Joly.Je connais  beaucoup d'autres catholiques engagés qui votent à gauche du pati socialiste ( au CCFD, au secours cahtolique, à la ACO, parmi les participants aux cercles de silence en soutien aux sans-papiers...) Ce sont d'ailleurs les programmes de Mélenchon et de Joly qui sont en accord avec les propositions du CCFD  pour plus de justice et de fraternité.

J'ai du mal à comprendre  comment on peut approuver une politique ou les riches sont assistés et les pauvres insultés; je ne supporte pas la dérive xenophobe, l'obsession de l'immigration(bravo à M.Bayrou pour l'avoir si clairement dénonçé!)Beaucoup de migrants sonts d'ailleurs des chrétiens fervents (comme de nombreux Africains, Tamouls, Haitiens...de ma paroisse)

 

Pour cequi est des questions  de la fin de vie et mariage homosexuel, la gauche me semble également plus proche des plus faibles:

Il ne faut pas compter sur Sarkozy pour développer les soins palliatifs  pour des gens qui peuvent pas  payer cher( voire la casse de l'hôpital public et le projet d'une médecine à deux vitesses); c'est Eva Joly qui a fait les propositions les plus pertinentes à ce sujet. Et il ne faut pas oublier qu'il s'agit uniquement de la dépenalisation de l'euthanasie pour es malades qui ont fait une demande explicite.

La lutte contre l'homophobie me semble vraiment en accord avec l'enseignement de Jésus( cequ'il dit sur le mariage n'est pas loin d'une rupture anthropologique, je trouve). N'oublions pas que  les adolescents homosexuels se suicident  sept fois plus souvent que les autres; ce sont  les personnes homosexuelles les plus chrétiennes qui souhaitent souvent se marier. Parmi mes élèves , beaucoup souffrent du fait que leur parents vivent leur héterosexualité de façon irrésponsable; je pense qu'ils seraient mieux avec un couple homosexuel fidèle et responsable.

Il ne faut pas se laisser impressionner par  quand Sarkozy évoque les traditions chrétiennes dont il se moque totalement( voire le travail du dimanche).

Pour finir , je ne comprends pas en quoi la droite serait  aujourd'hui plus éloignée d'une culture pornographique que la gauche; c'était particulièrement flagrant avecBerlusconi qui s'est également permis d'évoquer les valeurs chrétiennes...

Commentaire n°30 posté par nina le 05/05/2012 à 17h43

Article intéressant de René Poujol pour enrichir la discussion !

http://www.renepoujol.fr/ne-nous-trompons-pas-de-combat/

Commentaire n°31 posté par Karine le 07/05/2012 à 18h12

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