Catholicisme

Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 21:39

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Cher Père Noël petit Jésus,

Voici ma lettre pour ton anniversaire. Je voulais, comme il est de coutume, te faire une liste de cadeaux. Mais si tu veux bien, ce sera une liste des cadeaux que tu m'as faits cette année.

 

Merci Seigneur, de m'avoir appris à travailler l'abandon à ta volonté, en scrutant avec mon mari pendant neuf mois les courbes de mes cycles de l'an passé pour arriver à comprendre comment, mais COMMENT, MAIS COMMENT on l'a fait, ce troisième bébé-pas-prévu-adorable.

 

Merci Seigneur, de m'avoir aidée à travailler mon humilité en passant pour une hystérique totale aux yeux des habitants de mon quartier, lorsqu'ils me voient hirsute et habillée comme l'as de pique, sortir de l'immeuble chaque matin à 8h, trois enfants courant partout en criant autour de moi, à essayer d'asseoir mon autorité à grand renfort de hurlements – sans grand succès.

 

Merci Seigneur, de m'avoir appris le détachement, lorsque mon fils de trois ans demande dans le métro bondé d'une voix cent fois plus forte que lui si le monsieur, là, qui est gros, hé ben il est gros parce qu'on lui a coupé le zizi comme les bœufs qui sont gros parce qu'ils n'ont plus de zizi.

 

Merci Seigneur, de m'avoir donné un bébé qui tète trois fois par nuit, ce qui me permet de passer du temps avec Toi vu que je peux pas mettre la télé parce que mon mari dort à côté.

 

Merci Seigneur, de m'avoir accordé cette fatigue de plomb depuis cinq ans, dont j'ai d'abord attendu qu'elle s'en aille avant de comprendre qu'elle était directement liée au souci de ces petits que tu nous a confiés.

 

Merci Seigneur, de cet émerveillement devant ma fille de 5 ans qui fait le pari de Pascal en m'expliquant que « moi je crois en lui parce que bon, s'il existe pas, tant pis, mais si il existe comme ça il sait que je crois en lui et il ne m'oubliera pas » - certes, elle ne parlait pas de Toi, mais du père Noël, mais bon, on va dire que c'est un début.

 

Merci pour cette fabuleuse grasse matinée que mon mari et moi avons pu faire jusqu'à 8h du matin, un jour, au lieu des 5, 6 ou 7h réglementaires.

 

Merci de me permettre, même quand je tente de prendre une douche, d'être toujours à l'écoute de mes enfants, comme cette fois-là : « Maman, François il a dit 'j'm'en fiche'. - Oui, ben j'm'en fiche. Débrouillez-vous, je prends ma douche. (le François en question, vaguement inquiet) Elle a dit quoi Maman ? (sa peste de sœur) – Elle a dit que tu devais m'obéir et me donner tes jouets ».

 

Oui, pour tout ça et plus encore, pour mon adorable mari, pour mes amis que j'aime, pour les rencontres par Internet et ailleurs, merci Seigneur.

 

Et bon anniversaire.

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 08:04

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Ma chère tante,

L’idée de cette lettre m’est venue en lisant cette réaction aussi outrée qu’outrancière sur le billet de mon ami Chafouin chez les Sacristains. Et comme le prologue du dernier  livre de Jean-Pierre Denis m’a beaucoup amusée(tu peux le lire ici), j’en ai pastiché le titre

Je t’ai croisée aux Etats généraux du christianisme. Tu étais venue assister au débat (d’excellente qualité par ailleurs) entre Xavier Lacroix et Pascal Bruckner sur le couple. Avec un groupe d’amis, tu observais l’assemblée nombreuse et, remarquant la majorité de têtes grisonnantes, blanches ou teintes, tu demandais, mi-gouailleuse mi-intriguée, à ton voisin : « C’est bien beau, mais ils sont où, les jeunes ? »

Je te rassure : s’ils n’étaient pas là les jeudi et vendredi, ils vinrent le samedi, et lors de la Nuit du christianisme ils étaient nombreux. Mais c’est une réflexion que tu t’es probablement déjà faite dans ta paroisse, comme je me la suis faite dans la mienne, pourtant fort pourvue en jeunes familles nombreuses et idéalement placée à côté d’une immense résidence universitaire : le jour où les têtes chenues auront disparu, combien serons-nous autour de l’autel ?

« Ils sont où, les jeunes ? » Il n’y a pas que dans l’Eglise, finalement, qu’on entend cette même question, sur ce même mode mi-paternaliste mi-inquiet. Syndicats, associations, partis politiques, même les francs-maçons, à ce que j’entends dire, sont à la recherche de sang neuf. Mais le fait que la tendance soit très probablement générale n’enlève rien à la question que toi et moi nous posons : où est-elle, l’Eglise de demain ?

Pour tenter de répondre à cette question, il me faut partir de ton enfance à toi.

Vois-tu ma tante, quand je rentre dans un confessionnal, je ne me revois pas enfant, âgée de six ou sept ans, à ma séance d’examen de conscience hebdomadaire et obligatoire, ma liste de péchés plus ou moins cochée sous le bras et la mort dans l’âme. Je n’ai pas vécu tes traumatismes, et je vois un lieu et un rite dont j’ai découvert il n’y a pas si longtemps qu’ils pouvaient encore servir malgré leur relégation dans le fond poussiéreux de la sacristie et durant les grandes fêtes.

Toi, dans les grandes bâtisses de bois et de béton que tu as investies avec ferveur, tu as banni les bancs à prie-Dieu, frissonnant encore des cals aux genoux hérités de l’école des Ursulines . Moi qui aimerais bien m’agenouiller durant la consécration, à la messe, il me faut le faire sur ces fameuses dalles de ciment incrustées de galets chères aux imitateurs de Le Corbusier, mosaïques modernes que je ne comprends pas.

Toi, quand tu entends un chant en latin, tu revis intensément le long ennui de tes dimanches arides, à devoir rester immobile et affamée durant plus d’une heure à écouter un prêtre en chasuble marmonner en te tournant le dos. Moi, quand j’entends certains chants de l’école Gianadda/Akepsimas, je revois les interminables soirées bol-de-riz de carême où l’on m’expliquait que ne pas finir mon assiette serait probablement la cause de la prochaine famine au Sahel.

Toi que ton enfance corsetée a marquée à jamais de la culpabilité liée au plaisir, tu cherches avec frénésie dans le bouddhisme zen et le hata-yoga – issus de cultures pauvres, donc forcément authentiques - de quoi prier avec ton corps. Moi, je découvre avec le sentiment d’avoir été flouée de mon héritage l’intensité toute physique du plain-chant.

En même temps, je te dois beaucoup, ma tante. Grâce à toi, j’ai acquis un solide sens de la fraternité humaine, et encore aujourd’hui cela me nourrit. J’aurais juste voulu entendre parler un peu plus de Dieu avant d’apprendre à Le voir dans mon prochain. Je ne renie pas mon héritage, je réclame juste un droit d’inventaire légitime.

Et je suis un peu étonnée. Toi qui as révolutionné l’éducation afin que mon esprit critique en devienne le centre, toi qui me demandais de penser par moi-même, toi qui as passé ta vie à combattre toute pensée unique ou vécue comme telle, tu t’insurges de ce que je veuille faire le tri dans ce que tu me laisseras. Mais tu sais, ma tante, entonner  « Je crois en Dieu qui chante et qui fait chanter la vie », ça te parlait à toi dont les lendemains seraient forcément à l’unisson. Peut-être ma fille redécouvrira-t-elle avec ravissement la spiritualité que recouvrent ces vers ; moi, à l’heure de la grande crise, de la fin des idéologies et de l’esclavage généralisé à Mammon, j’ai juste envie de dire gravement « Credo in unum Deum ».

Je n’y peux rien, j’ai au moins autant besoin de verticalité que d’horizontalité. De m’agenouiller en recevant la communion que de prendre la main de l’inconnu à côté de moi durant le Notre père

Et ce qui m’agace un tout petit peu, ma chère tante que j’aime, ce qui me chagrine et pour tout dire me préoccupe, c’est que j’ai la nette impression que cela t’est insupportable. Tu constates que l’église de la paroisse est vide de cheveux non gris, mais plutôt que de proposer aux jeunes une nuit d’adoration continue, un kyrie sans djembé ou pourquoi pas un car pour le pélé de Chartres, tu regardes avec un demi-sourire la fraternité Saint Pierre ou la communauté du Verbe de Vie recruter à tour de bras, en disant : « y’en a beaucoup qui entrent, mais beaucoup en sortiront… » Peut-être, je n’en sais rien. Mais si certains quittent ces tribus-là, je ne suis pas sûre que ce soit pour rejoindre ta paroisse, ma tante. Et je te ferai grâce de l’hémorragie de prêtres défroqués dans les années 70-80.

Puisque nous en sommes à nous parler franchement, veux-tu que je te dise ? Tes combats ne sont pas les miens. Tu reçois le bulletin de la Conférence des baptisé-e-s de France ? Moi je me demande ce qui fonde cette association, par ailleurs composée de gens estimables, à parler en mon nom. Parce que je ne comprends même pas leurs revendications. Le mariage des prêtres, le ministère des femmes ? Je ne vois même pas pourquoi il faudrait que je me positionne tant je trouve que le débat n’est pas là. Mais c’est un syndrome de ta génération, ma tante : à force de ne pas vouloir passer, à force de vouloir absolument régler l’ordre et la teneur des débats que l’on peut ou pas avoir, toi qui as décrété que tu serais jeune jusqu’à ta mort, tu verrouilles ce que tu rêves être l’Eglise de demain. Je voudrais que l’Eglise nous donne un grand texte magistériel sur l’Islam? Tu décrètes que l’urgence, c’est d’ordonner les hommes mariés. Je demande à parler liturgie? Tu as décidé que le débat, c’est savoir si Mgr Vingt-Trois est mysogyne, pour une boutade qui franchement ne m’a même pas écorché le lobe de l’oreille.

L’Eglise de demain, elle est bel et bien déjà là. Mais elle n’est pas le grand soir catho que tu attendais. Elle veut du sacré, de la transcendance, parce qu’elle a un vécu différent du tien. Tu peux la traiter de réac, voire de facho – ça s’est vu – mais il serait dommage que, parce que la liturgie m’importe, tu dresses un mur d’incompréhension de plus entre nous. Au ciel, François d’Assise fraternise avec Louis-Marie Grignon de Montfort, Frédéric Ozanam avec Bernadette Soubirous ; l’option préférentielle pour les pauvres a de beaux canonisés, mais la récitation du chapelet aussi ;  on devrait pouvoir, toi et moi, cohabiter, et pourquoi pas prier ensemble.

Je te fais de gros bisous, ma tante. A très vite.

 

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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Mercredi 5 mai 2010 3 05 /05 /Mai /2010 18:50

Apparition-Medjugorje.jpg

Merci à Edmond Prochain pour le titre ;)

C’est une info qui, sans  passer tout à fait inaperçue, n’a guère provoqué de commentaires dans la presse généraliste. Le 17 mars dernier, le Vatican a confirmé la création d’une commission d’enquête sur les apparitions de Medjugorje. On comprend que l’info n’ait pas, en dehors du cercle assez réduit des pro- et anti-Medjugorje, soulevé l’enthousiasme des foules. Mais la création de cette commission est exemplaire de la façon dont Benoît XVI est décidé à s’attaquer à tout ce qui peut créer le scandale dans l’Eglise. On l’a vu avec la pugnacité dont il a fait preuve dans l’épouvantable dossier des Légionnaires du Christ, même au prix d’une tourmente telle que l’Eglise n’en avait pas connue depuis des années.

Petite parenthèse pour un rappel des faits. En juin 1981, six gamins de la petite ville de Medjugorje vont se cacher pour fumer (ce qu’ils ont reconnu sous serment). A leur retour, ils disent avoir vu une Dame (Gospa en croate). Les franciscains qui tiennent la paroisse les soutiennent. La nouvelle se répand. Les messages de la Dame, qui révèle être la Sainte Vierge, se suivent, bizarres, contradictoires, et pour tout dire bien peu orthodoxes. L’apparition incite en effet à désobéir à l’évêque, demande à ce qu’un chauffeur de taxi jette un mouchoir ensanglanté à la rivière pour éviter la fin du monde, manque faire tomber l’Enfant Jésus, etc. Les voyants se contredisent à maintes reprises. Des religieux qui les entourent sont convaincus de mensonge, voire pire (deux au moins ont eu des enfants). La totalité des mensonges, semi-vérités, bizarreries et bourdes théologiques de la Gospa ne tiendrait pas en 100 pages ; ceux qui veulent aller plus loin, consulteront avec profit l’excellent site de Michel Leblanc Vitam Impadere Vero.

Revenons-en plutôt à la commission, dont on peut consulter la liste exhaustive ici. Pourquoi est-elle exceptionnelle ? Tout d’abord parce qu’en matière d’apparitions, Rome ne se prononce jamais. Ou du moins pas avant l’ordinaire du lieu. En l’espèce, les évêques successifs de Mostar, Mgr Zanič tout d’abord puis son successeur Mgr Perić, ont dénié aux apparitions de la Gospa tout caractère surnaturel.

Ensuite, parce que la composition de cette commission est extrêmement intéressante si l’on y regarde de plus près. Un certain nombre de ses membres, en effet, à commencer par son président, ne croit pas aux apparitions de la Gospa.

Commençons justement par le président, Mgr Camillo Ruini. Cet ancien vicaire de Rome, ex-président de la Conférence ruini.jpgépiscopale italienne, est un fin politique. Estimé de Benoît XVI, il n’avait pas hésité à faire de la CEI une voix importante du débat politique italien. A la retraite depuis peu, il avait à plusieurs reprises manifesté de sérieuses réserves quant à l’authenticité des apparitions de Medjugorje, notamment lorsqu’il avait été chargé par le cardinal Ratzinger de trancher l’affaire de la Madone de Civitavecchia, une statue de la Gospa qui pleurait des larmes de sang. L’évêque du lieu avait alors réuni à la hâte une commission qui s’était prononcée en faveur du constat de supernaturalitate (i.e. « cause surnaturelle ») le 19 avril 1995, par sept voix pour, une voix contre et trois abstentions, dans une ambiance fort œcuménique (le maire communiste de cette petite cité, imaginant déjà les retombées économiques de l’affaire, avait offert de l’argent à l’église locale pour la construction d’une basilique), à peine assombrie par le fait que le sang sur la statue était masculin et que son propriétaire avait fait appel à la Cour constitutionnelle italienne pour s’assurer de son droit à ne pas faire les examens sanguins requis par l’évêque. Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait décidé de casser la décision de supernaturalitate en créant à son tour une commission, présidée déjà par Ruini, qui a conclu à un constat de non-supernaturalitate.

On trouve également dans cette commission le cardinal Angelo Amato. Un autre fidèle de Benoît XVI avec lequel il a travaillé à la Congrégation pour la doctrine de la foi avant de devenir préfet de la Congrégation pour la cause des Saints. Il y remplace depuis 2008 un adversaire déclaré de Medjugorje, le cardinal Saraiva Martins (voir son interview ici), atteint par la limite d’âge. Mgr Amato est lui aussi extrêmement réticent devant les prétendues apparitions. En voici pour preuve l’instruction qu’il a donnée à la Conférence épiscopale de Toscane en 2007, où il invite les évêques toscans à diffuser la position de l’évêque de Mostar.

Parmi les autres cardinaux, le cardinal Julian Herranz, membre de l’Opus Dei, président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs et président de la Commission disciplinaire de la curie romaine. On sait que l’Opus Dei, comme beaucoup de mouvements classés à droite de l’échiquier romain, n’est pas grandement fan de Medjugorje ; et le fait qu’un spécialiste de la discipline ecclésiastique soit compté dans la commission est assez révélateur. Surtout lorsque l’on sait que plusieurs franciscains proches des voyants, le père Tomislav Vlasic, le père Vego, le père Zovko, le père Prusina, ont été lourdement sanctionnés par l’Eglise ; le père Vlasic, par exemple, a été suspendu a divinis pour hérésie, schisme et actes scandaleux contra sextum (contre le 6e commandement) – en raison de l’enfant qu’il a eu avec une religieuse.

puljic.jpgDu côté des autorités locales, c’est le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo, président de la Conférence épiscopale de Bosnie-Herzégovine, qui siège à la commission, et non l’évêque de Mostar, Mgr Peric. Cela semble assez malin : le pauvre Mgr Peric a subi tant d’injures de la part des partisans de Medjugorje qu’une décision invalidant les apparitions apparaîtrait aussitôt, s’il était membre de la commission, comme l’œuvre de Satan au sein du Vatican. S'ajoute à ceci un point de droit: il ne peut être à la fois juge et partie. Quant à Mgr Puljic, il s’était plaint en 2004 de ce que les phénomènes de Medjugorje étaient « source de divisions dans l’Eglise » ; s’appuyant sur la décision de la Commission épiscopale bosniaque, qui avait dénié en 1991 tout caractère surnaturel aux apparitions, il affirmait en novembre dernier : « Le problème doctrinal du phénomène de Medjugorje est résolu, mais sa signification pastorale doit encore être pris en compte ».

Deux franciscains dans la commission. C’était incontournable : il est probable que l’affaire Medjugorje n’aurait jamais pris une telle ampleur sans la complicité des franciscains du lieu, en guerre ouverte contre les évêques successifs de Mostar depuis des années. Il faut savoir que la Bosnie a été pour une immense part évangélisée par les disciples de Saint François ; que ceux-ci y sont devenus une véritable élite économique et politique, et que lorsque Rome a nommé pour la première fois, en 1980, un évêque qui n’était pas issu de leurs rangs et qui a eu l’outrecuidance de demander à ce que les paroisses sous contrôle franciscain soient rendues au diocèse, ce fut un tollé et le début d’une guerre de tranchées entre le diocèse et les frères locaux. Les voyants de Medjugorje n’obtenant pas de soutien – bien au contraire – de la part de Mgr Zanic, ils s’allièrent aux franciscains rebelles et l’on vit la Gospa fustiger l’évêque et appeler à la désobéissance. Depuis, de nombreuses sanctions sont tombées sur les frères rebelles ; mais il aurait été de fort mauvaise politique d’écarter l’Ordre des frères mineurs de cette commission. On va voir que le choix des deux franciscains dans cette commission est loin d’être anodin.

  Tout d’abord, le père David Jaeger. Un spécialiste des dossiers ultra-sensibles. De nationalité israélienne, il a suivi pour le Vatican pendant des années le dossier ô combien épineux et complexe de l’application, toujours lettre morte à ce jour, de l’Accord fondamental entre le Saint-Siège et Israël.

Le deuxième franciscain est le père Zdzisław Józef Kijas. Encore un profil intéressant : recteur de l’Université pontificale de Théologie Saint-Bonaventure à Rome, il n’est membre de la Congrégation kijas.jpgpour la Cause des Saints que depuis janvier de cette année. Un mois de janvier riche en événements dans l’affaire qui nous intéresse ;  convocation du Cardinal Schönborn (voir infra) et volte-face aussi  subite qu’étrange du principal thuriféraire de la Gospa, René Laurentin. On peut se demander si cette nomination n’a pas été justement faite en vue de la création de la commission.

On le voit, cette commission ne paraît guère devoir s’occuper du caractère surnaturel ou non des apparitions ; la religion de ses membres semble faite, si j’ose dire. Ajoutez à cela que le pape actuel a lui-même réduit à l’état laïc le père franciscain Vlasic ; que le cardinal Schönborn, après une visite-surprise à Medjugorje, a été convoqué précipitamment à Rome (en général, pour des félicitations, on ne hâte pas les choses ainsi) ; que Benoît XVI alors cardinal Ratzinger, a fermement démenti (voir ici avec photocopie de la lettre originale) les histoires apocryphes qui courent sur une soi-disant vénération par lui-même ou son prédécesseur de la Gospa, et l’on voit que si Benoît XVI est bien décidé à s’attaquer au dossier Medjugorje, ce n’est probablement pas pour reconnaître les apparitions.

Il faut sans doute plutôt y voir la continuation d’une opération de purification d’un Benoît XVI décidément étonnant. Après s’être attaqué au dossier des intégristes, puis des Légionnaires du Christ, le voilà qui continue à lever un à un les dossiers sensibles. Et Dieu sait que celui-ci l’est. Parce que Medjugorje, ce n’est pas uniquement une affaire d’apparitions ou pas. C’est également une affaire de fruits.

« Les fruits de Medjugorje »… L’argument principal des défenseurs des apparitions. Des millions de pèlerins qui se rendent sur les lieux depuis 30 ans. Des conversions, des gens qui retrouvent le chemin de la prière et des sacrements. C’est indéniable. Ces gens-là ont droit à une parole claire de l’Eglise. Cette parole existe, depuis que l’évêque de Mostar suivi par la Conférence des évêques bosniaques a rendu son verdict. Mais les partisans de Medjugorje n’ont cessé de dénigrer ces décisions en arguant que c’était à Rome de trancher, et ils l’ont si bien fait que la voix des évêques locaux est devenue inaudible ou suspecte pour beaucoup. Aujourd’hui, beaucoup de pèlerins sincères sont persuadés que l’Eglise ne s’est pas prononcée. Il fallait donc que Rome se saisisse du dossier pour mettre un terme à la controverse.

Il faut aussi que l’Eglise puisse accompagner en discernement et en vérité les fidèles sur place. Ce qu’elle fait déjà – mais la tâche n’est pas aisée ; là-bas, vous pouvez assister aux « visions » des voyants, puis vous confesser à un prêtre qui pense que ces visions sont une supercherie. Et il y a l’implication d’une partie non négligeable du Renouveau charismatique à Medjugorje - partie totalement absente de la commission vaticane par ailleurs – qui pose un problème supplémentaire : on sait que beaucoup de communautés nouvelles ont le vent en poupe et voient affluer beaucoup de convertis. On le voit, la comparaison avec la gestion du dossier des Légionnaires du Christ (que Joachim Bouflet avait déjà faite)  n’est pas fortuite : un mouvement qui recrute énormément, qui suscite des vocations nombreuses, cela ne vaudrait-il pas la peine de fermer les yeux sur les irrégularités que l’on y constate ?

Et puis il y a tout un volet politique à cette affaire. Quand on sait que les pèlerinages à la Gospa constituent la principale source de devises étrangères de la Bosnie Herzégovine, on comprend pourquoi la commission vaticane comporte autant de diplomates et de fins politiques.

La commission a décidé de prendre son temps. On ne peut que l’en féliciter. Sortir de ce sac de nœuds ne se fera pas en quelques jours. Mais quand même… Quel début de pontificat. Chapeau Benoît XVI.

 

 

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 18:54

medium_Benoit_XVI.jpgLa revue de presse que l’on peut commencer à effectuer sur la réception de la Lettre pastorale de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande, en France et en Europe, est assez convenue : la déception est partout. Pédophilie : des victimes irlandaises déçues par la lettre du Pape, titre ainsi France-Info. Le papier de Hervé Amauric reprend les propos de la directrice générale de l’association One in Four, une association d’aide aux victimes d’abus sexuels.  Face à la pédophilie, le pape privilégie les réponses spirituelles, accuse le titre du Monde, avant de livrer un papier de Stéphanie Le Bars en revanche plutôt équilibré. Pédophilie : la lettre du Pape n’a pas calmé les esprits, annonce Euronews. Et les autres journaux de décliner le thème : Pédophilie : les victimes déçues pour le Figaro ; Abus sexuels : les « paroles pieuses » du Pape déçoivent pour le Républicain Lorrain, « Accueil glacial pour la lettre du Pape » pour Vosges Matin. Et les citations de victimes se suivent et se ressemblent : elles sont déçues, choquées, mécontentes, blessées, etc. Tous ces propos ont bien été tenus, pas de doute, on peut le vérifier dans la presse irlandaise. Mais lorsqu’on lit la fameuse lettre (disponible un peu partout, notamment sur le site de la Conférence des évêques de France), on peut s’étonner d’une telle unanimité de réactions et se dire qu’une fois de plus, ce pauvre Benoît a raté son objectif dans les grandes largeurs. Car de deux choses l’une : soit le monde entier d’un côté et les victimes irlandaises de l’autre n’ont pas lu la même missive, soit les choses sont légèrement plus complexes que ne le rapporte la presse française.

En effet, ne sont rapportées par nos journaux (qui se basent tous, peu ou prou, sur la même dépêche de l’AFP) que les réactions négatives des victimes ou de leurs associations. Or, si l’on prend le temps de vérifier toutes les interviews données ici ou là par les représentants de ces associations, la vue d’ensemble est nettement plus nuancée.

Il y a d’abord les victimes qui sont si blessées qu’aucune parole, aucun geste ne peut les apaiser. Comment ne pas les comprendre ? Si mon identité avait été détruite aussi profondément par  des gens qui avaient tout pouvoir sur moi, sans qu’aucune des institutions chargées de me protéger, police, justice, église, n’ait levé le petit doigt pour faire cesser cela, il est probable que je hurlerais également.

 Parmi ces personnes, il y a Christine Buckley, présidente du Aisleen Centre. Avant même la publication de la lettre, elle avait annoncé qu’elle n’attendait rien de celle-ci et que le pape allait certainement donner indirectement des leçons aux victimes ("I'm expecting absolutely nothing... I think it will be a lecture to us, indirectly."). Une fois la lettre parue, elle dit simplement vouloir rencontrer le pape en présence de la nonne qui l’a violentée. "Je veux que celle qui a abusé de moi soit là. Je veux qu'il entende en sa présence ce qu'elle a fait et comment elle a presque détruit ma vie." Elle est citée dans la dépêche AFP qui sert de base à plusieurs commentaires de nos journaux.

Il y a Andrew Madden, qui récuse l’idée même que cette lettre soit le début de quelque processus que ce soit, pour qui ce n’est qu’un moyen de « gagner du temps et de noyer le poisson » (« buying time, moving things out »), et qui appelle à la démission de Benoît XVI.

Il y a Maeve Lewis, de l’association One in Four, très citée dans les journaux français. La teneur de ses propos est correctement traduite dans Vosges Matin (qui s’inspire là encore de l’AFP), nous reprenons donc leur version : « Maeve Lewis relève " l'absence d'excuses, qui est douloureuse à l'extrême" : " Les victimes espéraient une reconnaissance de la manière outrageante dont elles ont été traitées."  " Le pape a manqué une occasion de s'expliquer sur la politique délibérée de l'Église catholique au plus haut niveau pour protéger les délinquants sexuels", a-t-elle accusé, déplorant qu'il " néglige le rôle du Vatican et refuse encore d'admettre l'évidence." »

Il y a Mary Collins, de Dublin, qui déplore que le Pape et la hiérarchie catholique « voient encore tout à travers le droit canon », et qu’elle voulait demander au Pape ce que le droit canonique avait à voir avec  Jésus et l’Eglise qu’il a fondée. « Je voudrais lui demander pourquoi l’Eglise catholique ne peut pas revenir au véritable message évangélique. » Et si elle salue le fait que les instances de l’Eglise se voient ordonner de coopérer , elle regrette qu’il ne soit « aucunement fait mention des directives du Vatican qui auraient couvert les affaires ».

Il y a Paddy Doyle, auteur de The God Squad, qui est dans le même registre en disant que s’il rencontre Benoît XVI, il n’y aura « ni génuflexion ni baiser à l’anneau de Pierre. Cette lettre est insuffisante car le Pape ne plaide pas coupable ».

On perçoit à travers la violence des propos à quel point ces personnes sont brisées, au point d’évoquer une conspiration vaticane du silence. Si elles avaient Dieu sous la main, elles exigeraient sa démission. Et une fois encore, comment ne pas comprendre, comment ne pas brûler de colère et de chagrin avec elles. Là n’est pas la question. En revanche, certaines de ces victimes, et c’est le propre de la douleur, ont une perception de la réalité qui ne correspond pas aux faits. Je pointe là les mots de Maeve Lewis qui dit que la lettre papale ne contient pas d’excuses. Il suffit de la lire pour admettre que ce n’est pas la réalité : « Aux victimes d'abus et à leurs familles, vous avez terriblement souffert et j'en suis vraiment désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez supporté. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. Beaucoup d'entre vous, alors que vous étiez suffisamment courageux pour parler de ce qui vous était arrivé, ont fait l'expérience que personne ne vous écoutait. Ceux d'entre vous qui ont subi des abus dans les collèges doivent avoir ressenti qu'il n'y avait pas moyen d'échapper à leur souffrance. Il est compréhensible que vous trouviez difficile de pardonner ou de vous réconcilier avec l'Eglise. En son nom, je vous exprime ouvertement la honte et le remord que nous éprouvons tous. »

Or la dépêche de l’AFP, en citant les propos de Maeve Lewis sans renvoyer au texte du pape, semble accréditer l’idée que la missive papale ne contient pas d’excuses. Mais il y a plus grave, car après tout, le texte de la Lettre du pape est suffisamment diffusé sur Internet pour que l'on puisse se faire sa propre opinion, pourvu que l'on en ait la curiosité bien sûr. 

 

En effet, d’autres victimes ont reçu la lettre différemment. Et de cela, il n’est fait mention nulle part dans la presse française.

Le Dublin Rape Crisis Centre s’est exprimé en ces termes : « Cette lettre est un acte décisif, écrit en toute honnêteté et transparence, qui pourrait rétablir le respect et la bonne volonté du peuple irlandais envers l'église catholique ». Se félicitant de la lettre, ces associations ont déclaré qu’elle contenait des excuses très tardives (mais) extrêmement émouvantes ».

L’ISOCA (Irish Survivors of Child Abuse) a réagi de son côté par la voix de son président, John Kelly, en disant que la lettre contient « une reconnaissance sans ambiguité du fait que l’Eglise catholique irlandaise a péché de la façon la plus grave envers les enfants durant des années » ("an unambiguous acknowledgement that the Irish Catholic church sinned most grievously against the young over many decades").  Dans la dépêche de l’AFP, seules les parties les plus dures envers la lettre de la réaction de Kelly sont mentionnées, pas un mot des paroles que je viens de vous citer.

Patrick Walsh, de ISA (Irish Survivors of Abuse) parle, lui, d’une lettre « sans précédent » qui contient « beaucoup de choses encourageantes » (the letter was "unprecedented" and there was much about it that he found "encouraging"). Il ajoute : « Il y a énormément d'appel à la prière, comme vous l’attendez bien sûr d'un homme dont le fonds de commerce est précisément la prière. Le contexte est bien sûr inapproprié, puisque c’est une lettre pastorale dont les seuls destinataires sont des catholiques pratiquants. Mais je coupe court à tout cela et ce que je vois ici est un document historique très important, sans précédent dans l'histoire du Saint-Siège, absolument sans précédent ».

 

Triste monde que celui dépeint dans nos médias, où les rôles sont distribués une fois pour toutes. Les mots du pape sont forcément insuffisants, les victimes sont forcément déçues. Les rôles sont figés, la nuance n’existe pas. Il y a encore une chose qui m’interroge, dans la façon qu’a eue la presse française de traiter de la lettre de Benoît XVI : c’est la course à l’échalote dans le choix des titres. L’article de Stéphanie Le Bars, dans Le Monde, est tout à fait honnête. Pourquoi dès lors titrer que le pape « privilégie les réponses spirituelles », alors que le corps de l’article nuance de beaucoup les choses ? Le Figaro fait la même chose. Lisez le lien hypertexte qui renvoie à l’article « Pédophilie : les victimes déçues ». Originellement, le titre de cet article était « Pédophilie, les victimes réservées » (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/03/20/97001-20100320FILWWW00416-pedophilie-les-victimes-reservees.php). Ça devait manquer de saignant, « réservées ».

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 15:27

cestac10.jpgCette fois, c'est la gloire. C'est bien simple, ma chère grand-mère - que Dieu ait son âme - serait en train d'appeler la terre entière si elle savait que La Vie me cite. Et pas n'importe qui à La Vie: Jean Mercier lui-même. Jean Mercier, dont je lis les papiers dans La Vie depuis des années, qui fait partie de ces gens qui m’ont donné envie de faire du journalisme. Plus encore que les deux à quatre cents visiteurs par jour de ce blog (merci au passage à vous ;)), que la citation dans La Croix, l’interview à Radio Notre-Dame, cette petite citation me comble d’aise. On a les faiblesses qu’on peut.

Parlant de ce blog, Jean Mercier dit « un site très engagé dans la défense de Benoît XVI ». Et j’avoue que ça me fait tout drôle. Suis-je très engagée dans la défense de Benoît XVI ? Honnêtement je ne me suis jamais posé la question, en ces termes en tout cas. Je vais même vous faire un aveu : le jour de l’élection de ce brave Benoît, comme beaucoup de catholiques français, je n’ai pas franchement sauté de joie. Dans les couloirs de la rédaction, j’ai croisé une bénévole, la soixantaine, les larmes aux yeux, qui m’a dit dans un souffle : « C’est pas possible, pas possible… Il n’y a plus de place pour moi dans l’Eglise… » Et sans aller jusqu’à pleurer, les catholiques autour de moi serraient sacrément les fesses. Celui que l’on appelait le Panzerkardinal était pape. Un prêtre ami, que j’aime et respecte énormément, m’a appelée ce soir-là. Et il m’a dit : « Il va falloir s’accrocher désespérément à Jésus-Christ. »

Moi, au milieu de tout ça, je n’en menais pas large. Après Jean-Paul II, Benoît XVI ? Après l’athlète de Dieu, le fonctionnaire du Christ ? « C’est fini, je passe chez les protestants », entendais-je partout autour de moi. Pour ma part, j’ai ravalé ma déception en me disant : après tout, on verra.

Et on a vu. Depuis son élection, on n’a pas arrêté de voir, dirais-je même. Ratisbonne, Recife, l’Afrique, chaque fois qu’une polémique s’éteignait, une autre s’allumait. Dans ce festival de polémiques, j’étais là, derrière mon ordinateur et mon micro. Et très vite, les premiers décalages sont apparus. Entre ce que je lisais des faits et dits du pape dans les journaux, et ce que j’en savais en allant à la source, en lisant simplement les discours de Benoît XVI en entier, en prenant le temps de confronter les sources. Et oui, j’ai vu. J’ai vu deux choses. La première, c’est que les journalistes se divisent en deux camps. Ceux qui ne connaissent pas le catholicisme, et ceux qui le haïssent. Les premiers sont mille fois plus nombreux que les seconds. Et qu’ils appartiennent à la deuxième ou à la première catégorie, ces journalistes plaquent leur grille de lecture sans chercher plus loin. Et c’est vrai qu’en voyant l’océan de bêtises qui se déversait sur Benoît XVI, il a commencé à m’apparaître comme éminemment sympathique, esprit de contradiction aidant.

La deuxième, c’est que, comme le dit si joliment Emmanuel Pic dans son Blog du curé, il y aurait un « livre que nous avons tous envie d'écrire sur l'Eglise et la communication ». J’ai vu l’Eglise s’embourber dans des contradictions de communication qui me font bondir. Des trucs idiots, qui montrent simplement qu’elle ne sait pas faire – même si elle apprend un peu par la force des choses. Dernier exemple en date : les chiffres donnés par le père Federico Lombardi sur les statistiques de la pédophilie en Autriche. Plusieurs agences de presse catholiques, Zenit, Imedia, Apic, etc., ont donné le chiffre de 17 cas de pédophilie par des prêtres pour 510 dans d’autres milieux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le site officiel du Vatican donne, lui 150 cas au lieu de 510. Il y a inversion du 5 et du 1. Lequel des deux se goure ? Impossible de le savoir, malgré les nombreux coups de fil passés à Zenit et ailleurs. Ça ne change pas le fait que les affaires dans l’Eglise sont minoritaires sur l’ensemble des affaires de pédophilie. Mais comment nous, charbonniers de l’info, pouvons-nous travailler correctement si nous n’avons pas des chiffres fiables ?

Alors voilà. Ce blog est né de ce double regard. Un regard qui voyage d’un point à l’autre, comme un nystagmus. Qui voudrait à la fois creuser des sujets que les autres journaux oublient, et reprendre les infos données par ces journaux en faisant le travail qui n’a pas été fait. « Très engagé dans la défense du pape » ? Par la force des choses, oui, ce blog l’est. Mais je n’oublie pas – et je compte sur vous, lecteurs, pour me le rappeler – que je suis journaliste. Et catholique, pas papiste. Si l’établissement de la vérité passe par la défense du pape, soit. Si ce n’est pas le cas, j’espère ne pas devenir apologiste avant d’être journaliste.

Par Nystagmus - Publié dans : Catholicisme
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