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    <title><![CDATA[Nystagmus]]></title>
    <link>http://www.nystagmus.me/</link>
    <description>L'oeil d'une journaliste catholique dans le tourbillon de l'actu</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Nystagmus]]></title>
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    <pubDate>Tue, 21 May 2013 20:33:48 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Tue, 21 May 2013 20:33:48 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2013 www.nystagmus.me</copyright>            <category>Actualité</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Pensée unique et pensée binaire]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-pensee-unique-et-pensee-binaire-117444971.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/70/96/09/balance1.gif" class="GcheTexte" alt="balance1.gif" height="184" width="187">«&nbsp;<em>Maintenant que cette loi est votée, peut-être que les voix
    qui se sont élevées de toutes parts, ces manifestations grandiloquentes, ces vedettes haranguant la foule, tels des camelots, pourraient rester sur leur lancée pour dénoncer les injustices
    sociales, les conditions de vie des personnes roms dans notre pays, les licenciements injustes… Bref, tout ce qui bafoue la dignité de l’être humain !</em>&nbsp;» Ces quelques mots,
    <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://chretienencetemps.wordpress.com/2013/04/27/ajustes-au-service/">sous la plume de Pierre-Baptiste Cordier</a></span></strong>,
    résument assez bien l'un des arguments-phares de ceux qui, catholiques ou non, trouvent que décidément, les chrétiens se sont fourvoyés en s'élevant massivement contre le projet de loi du
    «&nbsp;mariage pour tous&nbsp;». En un mot&nbsp;: c'est bien gentil tout ça, la récré a été amusante, mais maintenant, au boulot, Jésus se fiche que l'on prive un enfant de son père ou de sa
    mère, ce qu'il veut c'est qu'on s'occupe des pauvres.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Cet argument, disons-le tout net, a tendance à m'agacer un poil. Cela dresse un portrait du manifestant lambda qui ne correspond absolument pas à ce que j'ai pu observer autour de moi. Comme le
    souligne Isabelle de Gaulmyn <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://religion-gaulmyn.blogs.la-croix.com/generation-catholique-spontanee/2013/04/28/#.UX2NREFeCao.facebook">avec beaucoup de justesse dans son dernier billet</a></span></strong>,
    «&nbsp;<em>ces jeunes, on les sent « monter » depuis quelques années dans l’Eglise. Ils ont fait leurs armes dans l’organisation des dernières JMJ, notamment Madrid. Ils sont aussi souvent
    investis dans des actions très concrètes de charité, maraudes, colocations avec des exclus, ou autre « épicerie sociale</em>&nbsp;»<em>. Il serait stupide de les accuser de manquer de fibre
    sociale, car ils en ont.</em>&nbsp;» Faut-il vraiment choisir ses pauvres&nbsp;? Est-il absolument inconcevable de pouvoir se battre à la fois contre la PMA, l'IVG, la GPA et pour plus de justice
    sociale&nbsp;? Jésus a-t-il tracé, <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://bible.catholique.org/evangile-selon-saint-matthieu/3205-chapitre-25">dans Matthieu
    25</a></span></strong>, le portrait- robot du «&nbsp;bon pauvre&nbsp;» à l'exclusion de tous les autres&nbsp;? Faut-il choisir obligatoirement entre l'enfant rom et l'enfant à naître&nbsp;?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    On a beaucoup vu, durant ce débat, les deux parties en présence s'accuser mutuellement d'être le vassal de la «&nbsp;pensée unique&nbsp;». Le danger qui guette notre société, à mon sens, n'est
    pas qu'elle se retrouve enfermée dans une <em>pensée unique</em>, quelle qu'elle soit. La segmentation (dont les communautarismes en plein essor ne sont qu'une facette) à l’œuvre dans notre monde
    fait que ce risque d'uniformisation générale de la pensée se pose à mon sens assez peu. Par contre, ce qui nous menace, c'est la <em>pensée binaire</em>. Soit blanc, soit noir. Si tu es contre
    l'avortement, ça veut dire que tu es pour que des femmes meurent en couches. Si tu défends l'idée qu'il est scandaleux d'enfermer en centre de rétention administrative des enfants dont les
    parents n'ont pas de papiers, c'est que tu es pour l'envahissement de nos frontières. Si tu es contre le mariage gay, tu es homophobe. Or, la jeune génération des catholiques présents dans les
    récentes manifestations ont ceci en commun qu'ils refusent cette pensée binaire. L'idée, finalement, que le message chrétien se réduit à une seule de ses parties. Pour faire court&nbsp;: doctrine
    morale d'un côté, doctrine sociale de l'autre. Et c'est une excellente nouvelle.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Dès l'origine, les chrétiens ont refusé de choisir. Dans les Actes des apôtres, la communauté chrétienne <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.info-bible.org/lsg/44.Actes.html#2">est décrite ainsi</a></span></strong>&nbsp;: «&nbsp;<em>Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils
    vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun</em>&nbsp;». Et dans la Didachè, texte à peine plus tardif et qui manqua de
    peu sa place dans le canon biblique, <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.spiritualite-chretienne.com/perennit/Didache.html">on peut lire que le souci de la
    vie</a></span></strong> est également un impératif du chrétien&nbsp;: «&nbsp;<em>Tu ne tueras point l'enfant par avortement et tu ne le feras pas mourir après sa naissance</em>&nbsp;», ce qui,
    dans le contexte de l'Empire romain débutant, était d'une radicale nouveauté.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    D'autant que se pose ici la question de la visibilité et de l'efficacité. Quand il y a un projet de loi, le meilleur moyen de se faire entendre, c'est de descendre dans la rue. Moi, je veux bien
    descendre dans la rue pour dire non à la pauvreté, à la guerre, au sida, aux bombes à sous-munitions, mais il ne me semble pas que ce soit le meilleur moyen de lutter pour la paix et la justice.
    Si les cercles de silence initiés par les Franciscains de Toulouse signent la visibilité des chrétiens dans le combat pour un juste accueil des sans-papiers, si cette visibilité est importante et
    même spirituellement cruciale, elle ne va pas sans un travail souterrain, invisible, peu médiatique de travail au quotidien auprès de ces personnes. Et c'est finalement ce qui me gêne le plus
    dans l'accusation portée par certains de mes frères chrétiens&nbsp;: faut-il que je fasse – c'est tendance - publication de mon «&nbsp;patrimoine dans les cieux&nbsp;», de mes bonnes œuvres, de
    mes déductions fiscales quand je donne aux ONG, du temps que je passe avec telle ou telle catégorie de démunis&nbsp;? Dois-je, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.parolesmania.com/paroles_georges_brassens_9624/paroles_les_trompettes_de_la_renommee_334610.html">pour paraphraser le grand Georges</a></strong></span>, «&nbsp;<em>pour les besoins de
    la cause publicitaire, divulguer avec qui, et dans quelle position je plonge dans la misère et dans la compassion</em>&nbsp;» ?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    Tenez, mon ancien voisin, par exemple. Il m'a mise dans la liste de diffusion des mails qu'il envoie collectivement à ses contacts pour alerter sur les évolutions sociétales en cours. Il est à
    fond, comme on dit. Par contre, son dévouement auprès des personnes handicapées au sein de l'Arche, son projet de mise en place d'un réseau d'alerte auprès des personnes âgées isolées, son refus
    de gagner, dans son travail de consultant en ressources humaines, plus d'argent qu'il ne lui en faut pour nourrir sa famille, je ne les connais que par incidence. Et c'est très bien ainsi .En
    fait, la facilité avec laquelle certains chrétiens qui regardent les manifs de ces derniers mois en se pinçant le nez sortent leur appartenance au camp du Bien en énumérant leurs bienfaits et
    lieux de combats me choque un peu.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm; font-style: normal;">
    S'imaginer que les manifestants qui, durant des mois, ont défendu avec acharnement une certaine idée de la famille (famille dont ils savent bien qu'elle est le dernier matelas sur lequel viennent
    s'écraser les travailleurs balancés du haut des grandes tours de la finance) sont des nantis aveugles aux réalités sociales, voilà qui marque un bel exemple de pensée binaire – et finalement, ce
    serait une assez bonne nouvelle, sur le plan économique&nbsp;: mazette, ce qu'il y a comme nantis, en France&nbsp;! J'y vois, personnellement, un grand espoir, y compris sur le plan social.
    L'avenir ne devrait pas tarder à nous dire qui a raison.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 29 Apr 2013 11:44:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3495f82ba42a7ff0e59a3df103b850f1</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-pensee-unique-et-pensee-binaire-117444971-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Dieu se révèle dans les détails]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-dieu-se-revele-dans-les-details-116919861.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    Beaucoup de travail, e<img src="http://img.over-blog.com/300x199/3/70/96/09/celebration.jpg" class="GcheTexte" alt="celebration.jpg" height="199" width="300">n ce moment. Il y a eu la démission
    de Benoît XVI, l'élection de François, et la Matinale chrétienne de La Vie <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lavie.fr/religion/lamatinale/">que vous
    pouv</a></span></strong><strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lavie.fr/religion/lamatinale/">ez suivre ici cinq jours par semaine et liker</a></span></strong>,
    afin de me rendre millionnaire (en roupies)&nbsp;; puis ce livre pour enfants qui paraîtra à la rentrée et qui m'a demandé énormément de travail. Il y a cet autre livre que j'écris avec mon frère
    Pneumatis, qui en sort un également <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.adverbum.fr/notre-pere-cet-inconnu-sprung-joel-editions-gregoriennes_ouvrage-gregoriennes_4syyvvti1xc.html">à commander d'urgence</a></span></strong>, et qui lance dans le même temps
    <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.pneumatis.net/">un nouveau</a></span></strong> <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.pneumatis.net/">blog à mettre dans ses favoris toutes affai</a></span></strong><strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.pneumatis.net/">res
    cessantes</a></span></strong>. Ceux qui l'ont fait peuvent continuer à lire ce billet.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Beaucoup de travail, donc. Et le besoin, dans la grande crispation que nous vivons aujourd'hui, de me taire et de prier. Ce que j'avais à dire sur la grande casse de la famille, je l'ai dit.
    Aujourd'hui, alors que nous sommes bien plus nombreux à refuser les changements sociétaux que le gouvernement pousse à coups de lacrymos que lorsque j'ai commencé à en parler, je me recentre sur
    l'essentiel. Juste envie de partager avec vous quelques non-événements de ces derniers jours.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    J'ai demandé à quelques amies de me prêter leurs enfants le temps d'une après-midi, afin de tester sur eux le livre pour enfants que j'écris. Un livre sous forme de questions sur Dieu. Tous les
    profils chez mes petits cobayes&nbsp;: certains viennent de familles chrétiennes pratiquantes, d'autres sont vaguement acculturés, l'un d'eux a des parents musulmans, l'autre est issue d'une
    famille mi-protestante mi-franc-maçonne. Celui qui m'a le plus aidé est un petit prodige de dix ans, de parents agnostiques. A plusieurs reprises, dans les semaines qui viennent, sa mère fait
    allusion à cette séance sur un ton plutôt intrigué – je finis par comprendre qu'elle jetterait bien un œil à mon manuscrit. Je le lui envoie donc. Le soir, à la sortie de l'école, je lui demande
    si elle l'a reçu. Dans un éclat de rire un tout petit peu trop fort, elle me dit qu'elle s'est arrêtée à la troisième question parce qu'elle aurait eu trop de choses à dire.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    La troisième question, sur le pourquoi du mal dans le monde.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    On en reste là. Les jours passent, elle vient goûter à la maison avec ses enfants. On parle de choses et d'autres, et puis cette phrase qui me vient aux lèvres sans vraiment réfléchir -
    <em>«&nbsp;Il faudra que tu me dises, un jour, pourquoi tu es si en colère contre Dieu&nbsp;»</em>. Le même grand sourire défensif qui s'affiche et la réponse «&nbsp;<em>Il s'appelait David, il
    avait six ans, il a été tué par une voiture, c'était mon cousin. Un enterrement terriblement triste, sans cérémonie religieuse. Depuis, c'est terminé&nbsp;</em>». Je me mords les lèvres, je pense
    au père Guy Gilbert qui, il y a des années de cela, avait répondu à ma question de savoir comment accompagner les familles en deuil&nbsp;: «<em>&nbsp;Tu fermes ta gueule, tu t'assois et tu
    pleures avec eux&nbsp;</em>». Je dépose un baiser sur la joue de mon amie, et nous parlons d'autre chose. Quand nos proches nous quittent trop tôt, une chape de silence s'abat sur leur mémoire.
    Un ami cher qui a perdu récemment une nièce adorée me disait&nbsp;: «&nbsp;<em>Le plus dur, c'est que très vite tout le monde passe à autre chose, ne veut plus en entendre parler. Mais ces morts
    sont là pour toujours. Il ne faut pas guérir, il faut les aimer plus encore</em>&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Hasard du calendrier, le lendemain je pars pour une retraite de deux jours dans un carmel de province. Long échange avec la mère supérieure sur cet épisode qui me hante, moi qui ai la chance de
    trouver rassurante l'impossibilité d'expliquer le mal quand d'autres le vivent comme un supplice de plus. A la fin de l'entretien, elle me dit qu'elle priera pour cette famille, en particulier
    pendant la messe.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Le lendemain matin, messe du dimanche de la Divine Miséricorde, toujours au carmel. A la communion, on nous fait mettre en cercle autour de l'autel. En face de moi, la mère supérieure&nbsp;; à
    côté d'elle, voûtée, celle qui l'a précédée dans la charge, atteinte de la maladie d'Alzheimer. Son beau visage regarde fixement le vide. Légèrement penchée contre elle, la mère supérieure lui
    tient la main, son pouce caressant les doigts ridés. Quand elle reçoit la communion, elle en casse un morceau, le porte aux lèvres de la vieille dame qui ne réagit pas et n'ouvre pas la bouche,
    ses grands yeux fixant toujours le mur derrière moi. La mère supérieure reprend le morceau d'hostie et l'avale, sans cesser de caresser la main de l'autre. Ce que je regarde là, c'est la force
    d'amour de l'une qui prie à l'intérieur de l'autre. A cause de cela, les deux priaient, c'est pour moi une évidence. J'ai soudain pensé que David était au cœur de cette prière, comme la mère
    supérieure me l'avait promis.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    La tendresse infinie de Dieu: une amnésique et son amie qui la berçait faisaient mémoire en Lui du nom d'un enfant mort qu'aucune des deux n'avait connu.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 08 Apr 2013 13:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">80dc74d5909a290515f79c28f87861bc</guid>
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      <item>
        <title><![CDATA[Conférence "Mariage pour tous, changements pour tous?"]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-conference-mariage-pour-tous-changements-pour-tous-114642569.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    Conférence donnée à à l'Union départementale des associations familiales du Rhône le 14 décembre dernier par ma pomme. Bonne vidéo!
  </p>
  <div>
    <iframe src="http://www.youtube.com/embed/BNjKHca62sw" frameborder="0" height="315" width="560"></iframe>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Jan 2013 21:29:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6f4c68f2014f3295ef795784f0bbce6c</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-conference-mariage-pour-tous-changements-pour-tous-114642569-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Trêve de Noël]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-treve-de-noel-113787188.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x173/3/70/96/09/GUERNICA-Pablo-Picasso-1937-copie-2.jpg" class="GcheTexte" alt="GUERNICA-Pablo-Picasso-1937-copie-2.jpg" height="173" width="300">L'église
    s'est fait belle ce soir. La messe de 18h, dédiée aux familles, fera le plein&nbsp;: ceux qui arrivent vingt minutes avant l'heure pour être bien placés et qui, comme pour un concert, étalement
    tant qu'ils peuvent leurs manteaux sur trois chaises à la fois pour bien marquer que non, désolé, cherchez ailleurs, il y a des gens qui vont arriver, ils sont juste en train de se garer. Étrange
    impression d'être dépossédée de <em>mon</em> église, de <em>ma</em> messe, par ces inconnus d'une fois l'an que je ne reverrai pas ici, même si des quelques têtes hebdomadaires que je repère ici
    ou là, comme moi loin de leur banc habituel, je ne connais au mieux que le prénom. Ça grouille comme dans une adoration des bergers du Tintoret&nbsp;: beaucoup de très jeunes enfants courent et
    sautent sous le regard blasé des parents, meuglant et brayant autour de la crèche, sous le regard amusé du prêtre. Messe des familles, ce qui veut dire que les enfants participent. On repère déjà
    les parents qui regardent leur montre en blêmissant de se rendre compte qu'on vient juste de sauter le Kyrie à l'heure où l'on entame normalement l’alléluia, parce qu'il a fallu que les enfants
    viennent coller l'étoile de leur prénom sur un grand drap bleu. Mais les enfants sont ravis, ils regagnent leurs places comme une nuée de moineaux et petit à petit, tout le monde se détend,
    comprend que le brouhaha ne cessera pas et que ce n'est pas si grave. Je regarde Petite dernière qui a trouvé un fil par terre, le saisit, le suit et arrive tranquillement sous la guitare du chef
    de chœur au lutrin. Je me résigne à voir Fiston sautiller pour attraper la lumière rouge au-dessus du tabernacle&nbsp;: le Christ ne risque rien dans sa forteresse de béton, il est placé trop
    haut, même pour l'énergie débordante du gamin.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Rien ne manque, l'équipe d'animation a soigné les choses comme à son habitude. A peine arrivés, les plus sourcilleux ont vérifié que tout était bien en place&nbsp;: <em>Douce Nuit</em> en chant
    d'entrée, <em>Les Anges dans nos campagnes</em> au Gloria, <em>Il est né le Divin Enfant</em> en chant d'envoi. Les musiciens de la paroisse, têtes chenues ou poupines, soufflent corps et âmes
    dans leurs instruments. Vu la moyenne d'âge de l'assistance, rajeunie d'une bonne vingtaine d'années sous l'effet des multiples familles avec petits enfants, cette messe ne peut pas être
    recueillie dans le silence. Mais elle est comme recueillie dans le bruit. Tous ceux qui sont là, fidèles de la première heure et occasionnels du jour, ont fait l'effort de partager leur paroisse
    et leur rituel avec des inconnus de passage, qui eux-mêmes ont délaissé le confort du réveillon pour quelque chose auquel ils ont envie de croire. On sent le prêtre ému et grave, désireux de
    faire que cette place du jour se transforme en place pérenne, dans l'homélie où il s'adresse vraiment aux gens. Nous n'entendons qu'un mot sur deux, mais ce n'est pas grave&nbsp;: ce bruit, cette
    fureur, ces petites voix suraiguës qui réclament à boire, pipi, et le père Noël qui arrive quand, tout cela sonne comme une gigantesque métaphore de nos vies spirituelles, de cette salle commune
    où il y a si souvent bien peu de place pour le Nouveau-Né. Ici, on se tient les coudes serrés contre les coudes du voisin, on cède sa place à la grand-mère fatiguée, on renonce à suivre la messe
    pour permettre aux voisins des enfants de le faire. La foule des grands jours nous contraint à faire cette place. Et quand Jésus-Hostie nous rejoint, même ceux qui sont là pour faire plaisir à la
    famille sont à leur place&nbsp;: ils ont eux aussi déplacé leur désir propre pour faire place à celui d'autrui, ce qui est le commencement même de la foi.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Joyeux Noël à tous les lecteurs de ce blog, et que Dieu vous bénisse, vous et ceux que vous aimez&nbsp;!
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 8pt;"><em>(Illustration: La Messe de Noël des familles, par Pablo Picasso, 1937)</em></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 25 Dec 2012 20:57:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6c046dd7c6bab66f25ecf854859be824</guid>
                <category>Catholicisme</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-treve-de-noel-113787188-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Et pendant ce temps-là, en France]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-et-pendant-ce-temps-la-en-france-113016845.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <img src="http://img.over-blog.com/300x200/3/70/96/09/1302083359_185035194_1-Photos-de--ECRIVAIN-PUBLIC.jpg" class="GcheTexte" alt="1302083359_185035194_1-Photos-de--ECRIVAIN-PUBLIC.jpg" height=
    "200" width="300">Madame M est arrivée la première. En la voyant, toute petite sous le voile qui couvre impeccablement ses cheveux, des tas de petites cases de mon formulaire interne se sont
    cochées automatiquement&nbsp;: immigrée – sans travail – multiallocataire – famille nombreuse – époux au chômage - ne parle pas bien le français. Je lui souris, la fais asseoir. Je lui demande ce
    que je peux faire pour elle. «&nbsp;<em>Une lettre pour les impôts</em>&nbsp;». Pour leur dire quoi&nbsp;? « <em>S'ils pouvaient me faire rembourser en plusieurs fois</em>&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ça, c'est le bout du fil. Je le saisis, commence à dévider la pelote avec elle. Elle est française. Veuve. Travaille comme femme de ménage chez des particuliers depuis la mort de son mari il y a
    15 ans. Elle a cette phrase des mères qui ont perdu un enfant quand je lui demande combien elle en a&nbsp;: «&nbsp;<em>Quatre, enfin trois</em>&nbsp;». L'aînée est en train de passer l'internat,
    elle en est fière. Les deux autres ont «&nbsp;<em>une bonne situation</em>&nbsp;», comprenez qu'elles sont mariées. Est-elle suivie par les services sociaux&nbsp;? «&nbsp;<em>Jamais&nbsp;</em>»
    dit-elle, avec le sursaut de ceux que l'on insulte. Mon formulaire interne en prend un vieux coup.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Elle parle le français mais ne l'écrit pas. Il y a quatre ans, la voisine qui lui remplit sa déclaration d'impôts a coché la mauvaise case&nbsp;: «&nbsp;temps plein&nbsp;» au lieu de «&nbsp;temps
    partiel&nbsp;», et la voici éligible pour la prime pour l'emploi. Le fisc s'est aperçu de l'erreur. Il lui réclame de l'argent, une somme que ses 700 euros mensuels actuels dont 600 de loyer ne
    peuvent honorer. Elle est aux abois.&nbsp;Ils le sont tous, d'ailleurs&nbsp;: depuis que nous avons ouvert cette permanence hebdomadaire d'écrivain public, nous qui nous étions préparées à nous
    faire dicter des lettres d'amour, nous ne recevons que des gens à bout de forces, de solutions, de portes où frapper. A-t-elle fait des démarches pour percevoir une aide pour son loyer&nbsp;?
    «&nbsp;<em>Jamais&nbsp;</em>», de nouveau, appuyé avec la même force. Puis&nbsp;: «&nbsp;<em>Enfin, si, j'ai commencé une fois. Mais j'ai retrouvé du travail, alors j'ai tout annulé</em>&nbsp;».
    Nous faisons sa lettre. Ma collègue appelle devant elle le conseiller des impôts qui s'occupe de son cas. Deux mois de sursis, jusqu'à réception de sa nouvelle déclaration. Mais après&nbsp;? Elle
    remercie et c'est à ce moment-là qu'elle s'effondre. «&nbsp;<em>Vous vous rendez compte, la semaine dernière pour manger, j'ai pris sur la bourse de mon fils</em>&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    C'est au tour de Monsieur F. Il parle avec un fort accent espagnol, malgré ses quarante ans passés ici. Il est fatigué, chaque atome de son corps respire la fatigue profonde et résignée de cette
    maladie si souvent croisée ici de l'asthénie d'étiologie administrative. Il marche difficilement, en appuyant de tout son poids sur une béquille qui a l'air de crier grâce à chaque pas. Il veut
    une lettre, lui, pour des prunes. Quatre amendes pour infractions de stationnement en quatre mois. Il a été greffé du foie l'an dernier. Il vit seul. Il a fait une demande à la maison
    départementale des personnes handicapée pour avoir la carte de stationnement. Son dossier est en cours de traitement. En attendant, il est obligé de se garer comme il peut et où il peut, le plus
    près possible de sa pharmacie et de sa supérette, car marcher est une torture. Nous écrivons sa demande de recours gracieux. Lui faisons la photocopie du récépissé de sa demande de macaron, en
    lui conseillant de la mettre en évidence sur le tableau de bord quand il quitte son véhicule. Il nous remercie, esquisse l'ombre d'un sourire et repart à pas lents.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Elle, ce sont ses rondeurs qui me l'ont fait mettre dans la case «&nbsp;assistée&nbsp;», bien que j'aie les mêmes. Les clichés ont la vie dure. Mais celle de madame K. l'est aussi. Elle souhaite
    écrire un courrier pour la commission DALO (droit au logement opposable) de la préfecture. Elle pose sur le bureau un dossier énorme. Je commence à feuilleter. Le vertige.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Elle est mariée, elle a eu cinq enfants en sept ans. Son mari et elle travaillent pour une entreprise de nettoyage. Éligibles à un logement social, ils ont pris ce qu'on leur proposait, 90m² dans
    un immeuble géré par un bailleur social. Mille euros de loyer par mois pour un logement dont le bail indique qu'il est «&nbsp;non décent&nbsp;» - divers certificats le montrent carrément
    insalubre. Mais si elle veut en partir, ce n'est pas à cause des moisissures, de l'électricité aux normes douteuses ou des trous dans le mur. C'est à cause du voisin du dessus. Un déséquilibré
    qui terrorise les habitants. Elle a dû mettre ses deux plus grands garçons à l'abri chez une amie, à l'autre bout de la ville, parce que le cadet s'est fait fracturer l'épaule par une bouteille
    lancée exprès sur lui. Attestations du médecin. Le père qui travaille de nuit dort dans sa voiture tant les hurlements du voisins sont incessants le jour. Un jour, le fou a tambouriné à la porte
    d'un autre voisin, en pleine nuit, en hurlant tellement que le jeune homme a sauté par la fenêtre. Les attestations des voisins contiennent toutes une mention d'un anxyolitique. La police
    décourage les plaintes et ne veut plus prendre les mains courantes. «&nbsp;<em>Mais madame, si on devait l'embarquer à chaque fois, il passerait sa vie chez nous&nbsp;!</em>&nbsp;» Elle, elle
    veut juste pouvoir dormir de nouveau avec son mari et sous le même toit que ses enfants, sans avoir peur dès qu'elle ouvre la porte. Elle a demandé de l'aide partout. On l'a envoyée de structures
    municipales en structures départementales, elle croule sous des attestations plus hallucinantes les unes que les autres. Mais rien ne bouge. Nous écrivons la lettre. Une fois son dossier DALO
    posé, il lui faudra attendre la réponse six mois, et si elle est positive, encore trois mois d'attente le temps qu'un logement se libère.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ce qui me frappe le plus chez tous ces gens et bien d'autres, c'est plus encore que la fracture sociale. C'est la fracture sémantique doublée de la fracture numérique. Dans les problèmes qu'ils
    rencontrent, on peut tous se reconnaître. La différence entre eux et moi peut résider dans la taille des ennuis, mais elle réside surtout dans la différence de moyens. Je sais lire, je sais
    écrire, j'en ai même fait mon métier. Je sais faire la voix douce ou la voix fâchée au téléphone parce que je n'ai pas à me préoccuper de la syntaxe des phrases qui sortent de ma bouche, cela
    vient tout seul. Les rendez-vous avec la sécu, les allocations familiales, toutes les administrations, je règle ça en un coup de fil, parfois deux ou trois, ou en quelques clics. Je rouspète et
    vitupère quand exceptionnellement il faut que je finisse par me déplacer. Pour eux que l'école a laissés illettrés, ni le clavier ni le stylo ne peuvent porter leur voix, laquelle cherche déjà
    tellement ses mots. Ils sont ballottés d'administrations en administrations, qui croulent sous tellement de misère qu'elles parent au plus pressé faute de temps et de moyens humains et
    financiers. Je n'ai jamais rencontré, dans tous les interlocuteurs sociaux que j'ai eus au téléphone pour ces personnes, de fonctionnaires flemmards, méchants ou je-m'en-foutistes. Des gens
    submergés, ça, oui.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Pendant ce temps, la gauche est occupée. Il paraît qu'il y a plus urgent. Une promesse de campagne à tenir coûte que coûte - marier les couples de même sexe – et une promesse de campagne en voie
    de trahison – <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/09/26/les-economies-et-la-reforme-de-l-etat-version-hollande_1765917_823448.html" target="_blank">la fin de la RGPP</a></strong></span>.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Quitte à trahir une promesse sur deux, essayez donc d'échanger, pour voir. M'est avis que ça aiderait plus de gens.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Mais c'est sûr, ça fait moins cool.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 01 Dec 2012 14:56:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7305f12ca75ad031f39d001b59e26866</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-et-pendant-ce-temps-la-en-france-113016845-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[La souffrance n'excuse rien]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-la-souffrance-n-excuse-rien-112655145.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img src="http://img.over-blog.com/300x198/3/70/96/09/Capture-d-ecran-2012-11-19-a-15.14.35.png" class="GcheTexte" alt="Capture-d-ecran-2012-11-19-a-15.14.35.png" height="198" width="300">Grosse
    fatigue, ces jours-ci. Quand on entre dans le débat sur le «&nbsp;mariage pour tous&nbsp;», on est plein de bonne volonté. On argumente, on explique pourquoi l'on pense que ce projet est mauvais
    pour tous, pourquoi on n'est pas favorable à une telle conception de la société. En réponse, on se prend des tombereaux d'injures. Bon. On a le cuir solide, on se dit&nbsp;: la vache, ils doivent
    souffrir sacrément ces gens, pour être aussi agressifs. On essaye donc de discuter, d'argumenter mieux, de réfléchir avec l'autre. Parfois, ça marche&nbsp;: plusieurs commentateurs arrivés sur ce
    blog prêts à en découdre se sont radoucis au fil de la discussion. J'ai pris un pot avec certains. On n'est toujours pas d'accord, mais on se respecte – et du coup la discussion s'est arrêtée.
    C'est normal&nbsp;: certains, qui soutenaient ce projet avec une vraie intention louable de sécuriser juridiquement les couples de même sexe et les enfants élevés dans ce cadre, se sont
    simplement rendu compte que ce projet risquait de précariser tous les couples. D'autres assument le fait qu'ils ont une vision de l'humanité qui n'est pas la mienne, ni eux ni moi n'y
    renoncerons, donc soit nous restons en contact en évitant le débat, soit nous reprenons chacun notre chemin.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Là où je fatigue, c'est sur le concept de souffrance. L'idée que, parce que les personnes homos ont souffert, ou souffrent toujours, cela justifierait toute proposition de loi, toute réforme,
    même la plus absurde. Certes, il y a des personnes parmi les militants qui souffrent. C'est indéniable. Mais, mes petits cocos, je vais vous dire un grand secret&nbsp;: tout le monde souffre.
    Tout le monde. C'est même un truc qui s'appelle la condition humaine. Je défie n'importe lequel des lecteurs de mon blog, les pour, les contre et les ni l'un ni l'autre, tiens&nbsp;: on fait un
    concours. La souffrance n'est pas exclusive des personnes homos. Et surtout, elle n'excuse pas tout. Et certainement pas la violence, la méchanceté et le dénigrement.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Car depuis quelques temps, la pauvreté des arguments des pro-mariage pour tous est désormais visible. Le roi est nu. Les arguments juridiques, pour protéger de pauvres familles à la merci des
    accidents de la vie&nbsp;? Faux, <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.koztoujours.fr/?p=14807">comme l'a brillamment démontré Koztoujours</a></span></strong>.
    Reste donc l'insulte.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Le grand argument, ces jours-ci, c'est de dire que les enfants martyrisés <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "https://fr.twitter.com/pvgberge/status/269756175493496832">sont l'apanage des couples homme-femme</a></strong></span>. Beaucoup des arguments des militants pro-mariage gay tournent autour de la
    décrédibilisation de la famille homme-femme-enfants. Il y a plusieurs degrés dans cette assertion. Pour prouver que les parents de même sexe sont vachement mieux que les autres, on a d'abord eu
    recours à cet argument imparable&nbsp;: deux personnes de même sexe qui s'aiment valent mieux qu'un couple homme-femme qui se déteste / violent / alcoolique (rayez, ou pas, la mention inutile).
    Re-scoop&nbsp;: des bonnes carottes valent mieux que de mauvaises patates. Voilà qui éclaire le débat d'un jour nouveau. On sent l'argument de haut vol. Même que je suis d'accord avec, c'est
    dire. Et puis allez savoir comment, l'affaire Courjault s'est retrouvée au milieu du «&nbsp;débat&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ah&nbsp;! Cette affaire Courjault, chers militants LGBT, comme elle vous plaît. Comme vous vous délectez de cette «&nbsp;preuve&nbsp;» que l'infanticide est hétérosexuel. C'est même devenu un
    poncif. «<span style="text-decoration: underline;"><strong>&nbsp;<a href="https://twitter.com/Salomerainbow/status/269827990177857537">C'est vrai qu'il vaut mieux avoir M. et Mme Courjault comme
    parents que deux homos</a></strong></span>&nbsp;». Et <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="https://twitter.com/Nicofoto33/status/270902463626887168">là</a></strong></span>.
    Et <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="https://twitter.com/catcanelle/status/269724283683622913">là</a></strong></span>. Même Christophe Barbier, directeur de l'Express, y
    va <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/mariage-gay-les-raisons-de-mon-oui_1184049.html">de sa petite allusion
    taquine</a></strong></span> pour expliquer pourquoi il soutient la réforme du mariage «&nbsp;pour tous&nbsp;». Mieux&nbsp;: maintenant on <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://censored.fr/mag/ya-pas-que-les-enfants-dheteros-quon-peut-mettre-au-congelo/">pousse la comparaison jusqu'au bout</a></strong></span>&nbsp;:
    «&nbsp;y'a pas que les enfants d'hétéros qu'on peut mettre au congélo&nbsp;». Partagé près de 200 fois sur Facebook. Huhuhu. Humouuuuuuuur, on te dit. T'façons vous les cathos, <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://censored.fr/mag/ya-pas-que-les-enfants-dheteros-quon-peut-mettre-au-congelo/">zêtes coincés question blagues</a></strong></span>, pffffff.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Sauf que.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Sauf qu'il se trouve qu'au hasard d'une rencontre sur Facebook, je suis devenue amie avec un membre de la famille Courjault. Une femme qui a dû annoncer aux enfants de Véronique Courjault que
    leur maman était en prison et pourquoi. Une femme qui a vu la vie de tous les membres de sa famille brisée par ce drame. Une femme qui a elle-même des enfants, qui ne sont pour rien dans cette
    affaire, et qui se verront toute leur vie à la merci de blagues idiotes qui feront rire deux minutes ceux qui les profèrent et blesseront durablement ceux qui les reçoivent en plein cœur. Vous
    voulez prouver que vous aimez les enfants&nbsp;? Commencez donc par respecter ceux-là.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    D'autant que «&nbsp;l'argument&nbsp;», il peut se retourner facilement. Parce que forcément, un «&nbsp;argument&nbsp;» pareil, qui dit que les couples homos sont exempts de maltraitance, on
    cherche s'il est vrai. Parce qu'il existe <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.acpeds.org/Homosexual-Parenting-Is-It-Time-For-Change.html">des études
    flippantes</a></span></strong>. Parce que n'importe qui peut, en cherchant deux minutes sur internet, trouver des faits divers d'un sordide absolu concernant des enfants élevés par des couples de
    même sexe&nbsp;: <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.medindia.net/news/Lesbian-Moms-Reluctant-to-Report-Abuse-By-Partner-Fearing-Childs-Custody-Loss-81325-1.htm">ici</a></span></strong>, <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.freerepublic.com/focus/f-news/2814868/posts">ici</a></strong></span>, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.wral.com/news/local/story/5466526/">ici</a></strong></span>, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.globalpost.com/dispatch/news/regions/americas/united-states/120209/gay-sex-pornography-child-abuse-surrogacy-russia">ici</a></strong></span>, <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/1522158/Gay-couple-jailed-for-abusing-their-foster-children.html">ici</a></strong></span>, <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.lifesitenews.com/news/archive//ldn/2007/aug/07080204">ici</a></strong></span>, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://articles.chicagotribune.com/2001-01-03/news/0101250394_1_abused-broken-family-services">ici</a></strong></span>, <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.dailymail.co.uk/news/article-2043345/The-California-boy-11-undergoing-hormone-blocking-treatment.html">ici</a></span></strong> ou <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.iol.co.za/news/south-africa/mom-lesbian-lover-imprisoned-for-boy-s-death-1.305130#.UJphvMVmK3E">là</a></strong></span>, liste non
    exhaustive.Voilà, j'ai répondu à votre argument. Qu'est-ce qu'on a bien avancé, dites donc.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Si vous voulez absolument que la bataille se déroule dans le caniveau, soyez prêts à assumer le fait que votre "humour" et votre refus du dialogue soient parfaitement contre-productifs. Il est
    assez drôle à ce propos de lire, sur les réseaux sociaux, la façon dont vous répondez à des gens qui sont a priori plutôt d'accord avec vous qu'avec moi. Les malheureux se risquent-ils à oser
    dire que même si à titre personnel ils vous soutiennent, ils connaissent des gens qui sont contre cette loi et qui ne sont pas pour autant homophobes, que ça ne rate jamais: ils se font traiter
    d'homophobes. Remplacez "homophobe" par "raciste", et contemplez le résultat de vingt ans de matraquage sur le thème "si tu votes FN t'es raciste". C'est sûr, le FN a complètement disparu
    aujourd'hui.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Si vous êtes prêts à discuter honnêtement, sur des arguments juridiques, <a href="http://www.koztoujours.fr/?p=14807">c<strong><span style="text-decoration: underline;">ontre-argumentez donc le
    billet de Koz</span></strong></a> <strong>ou <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.nystagmus.me/article-petit-argumentaire-sur-le-mariage-pour-tous-108990683.html">le
    mien</a></span></strong>.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Vous voulez "l'égalité", ou plutôt l'idée que vous vous en faites? Montrez que vous êtes des citoyens comme les autres. Faites, finalement, comme tout le monde&nbsp;: gardez vos souffrances pour
    vous, et argumentez.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Chiche.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 20 Nov 2012 18:44:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e08aa5dd78f7232db7bc574e731ac73d</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-la-souffrance-n-excuse-rien-112655145-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Société suicidaire et gauche démissionnaire]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-societe-suicidaire-et-gauche-demissionnaire-111635188.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/70/96/09/snuffit1-copie-1.jpg" class="GcheTexte" alt="snuffit1-copie-1.jpg" height="261" width="375">Drôle de gouvernement de gauche. Elevée par des cathos
    de gauche engagés dans la société civile, ayant voté à gauche moi-même sans interruption jusqu'au 21 avril 2002, je ne reconnais plus la matrice qui m'a nourrie. Et je ne suis pas la seule, si
    j'en crois tous ces déçus qui ont voté Marine, Eva, François ou Jean-Luc dans l'espoir assez vain de retrouver la gauche ailleurs qu'à gauche. Moi,je ne sais pas où est passée la gauche, J'avais
    trouvé des effluves de son passage en 2007 – il y a un siècle – chez François Bayrou. J'y avais cru, je n'y crois plus. Ce que je sais, c'est que la gauche n'est pas au gouvernement.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Qu'est-ce que la gauche? C'est la défense de l'opprimé, du faible, du pauvre. La recherche, qui s'est si souvent perdue en cours de route, de la justice sociale. «&nbsp;Debout, les damnés de la
    Terre&nbsp;!&nbsp;» chante-t-on encore ici où là. Vœu pieux. Intention louable. Mais au-delà&nbsp;?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Aujourd'hui, la gauche au gouvernement ressemble à s'y méprendre à ces dames patronnesses d'Epinal qu'elle a autrefois moqué à raison, donnant du bout des doigts leurs miettes superflues à des
    nécessiteux qui les remerciaient en serrant les poings. Le droit de vote&nbsp;? Bah, donnons-le aux étrangers, puisque de toute façon Bruxelles aura le mot de la fin sur toutes les décisions
    votées par le peuple. Le mariage&nbsp;? Ouvrons-le aux couples de même sexe&nbsp;: il est déjà dans le coma, achevons-le. Donnons au peuple, finalement, nos vieilleries démodées, et gardons
    l'essentiel&nbsp;: un système global qui broie les individus, une misère sociale explosive, des garde-fous sociaux submergés. Mais surtout, ne nous préoccupons pas de mettre à bas, ni même de
    réformer, une société conduite par des chauffards fonçant dans un mur de béton juste pour voir si leur toute-puissance les sauve.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Cette frénésie mortifère se lit à longueur de télex sur les chaînes économiques. Les systèmes pyramidaux de type Madoff, <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://fr.wikipedia.org/wiki/Leveraged_buy-out">les LBO</a></span></strong> – systèmes illégaux ou pas – procèdent du même désir de créer ex-nihilo une richesse qui ne peut que s'effondrer,
    puisque le capital initial n'existe pas. Mais peu importe si l'entreprise en crève, avec ses cohortes de gens au chômage&nbsp;; peu importe que le cheval s'écroule d'épuisement sous nos reins,
    naseaux sanglants et écume au mors&nbsp;: le cavalier suicidaire est déjà parti poursuivre sa course folle sur une autre monture, laissant le palefrenier de la première sans travail et le
    propriétaire sans son gagne-pain. La souffrance au travail, cette hydre qui, si l'on osait se pencher sur elle, <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.nordeclair.fr/Actualite/2010/09/28/stress-et-souffrance-au-travail-une-ver.shtml">expliquerait tant de suicides</a></strong></span>, tant de dépressions, tant de comprimés et d'alcool
    avalés avant d'aller bosser, n'est que la face visible d'un système psychotique où ce que l'on demande aux travailleurs, c'est de tuer leurs entreprises.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Suicidaire. A coup sûr, notre société l'est. Les exemples ne manquent pas. De façon individuelle, nous sommes amenés à adopter des conduites suicidaires, par un bourrage de crâne dont la gauche
    n'est pas la seule responsable, mais où elle joue sa part. Deviens ce que tu crois être&nbsp;! Fais ce que tu veux&nbsp;! «&nbsp;Just do it&nbsp;!&nbsp;» «&nbsp;N'écoute que toi&nbsp;!&nbsp;» Le
    résultat&nbsp;? L'explosion des conduites suicidaires. Un ami psychiatre me racontait les nouvelles méthodes de défonce des jeunes et des très jeunes&nbsp;: tampons hygiéniques imbibés d'alcool
    pur dans l'anus, binge drinking, addictions au porno, aux jeux vidéos. Car cette concentration de tous les désirs et de toutes les attentes sur soi-même ne peut que nous enfermer dans une spirale
    de l'avoir au détriment de l'être, dans une survalorisation du moi où l'autre devient soit un obstacle, soit un moyen à la jouissance solitaire. Nous, êtres limités et imparfaits, avons renoncé à
    sortir de nos limites en nous ouvrant à l'altérité. Nous nous contentons de repousser tant bien que mal ces limites, à coups de scalpels, d'euphorisants et de possession. Et ce faisant, nous
    avons renoncé à notre incarnation.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Or, la désincarnation ressemble à s'y méprendre au suicide. La façon ultime de s'affranchir de son corps, n'est-ce pas la mort&nbsp;? Quelle pathologie <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.missplump.net/affection/actual/fev07c.htm">a explosé ces vingt dernières années</a></strong></span>&nbsp;? L'anorexie, cette volonté de
    contrôle de soi totalitaire et totalisante, où le corps se détruit du refus de l'extérieur à soi qu'est la nourriture. Terrifiante maladie où le corps est devenu le jouet d'un cerveau dont la
    perception est devenue pour la personne réalité. Je le <em>sens</em>, donc c'est <em>légitime</em>. Je suis <em>sincère</em>, donc c'est <em>vrai</em>. Même la perversion narcissique, finalement,
    trouble jusque-là peu répandu, dont on commence à parler des ravages qu'elle provoque dans les familles et les entreprises, et qui promet d'être <span style=
    "text-decoration: underline;"><strong><a href="http://blogs.psychologies.com/syletlesprincescharmants/psychologies-1312/une-epidemie--14937.html">un chantier immense de santé
    publique</a></strong></span> dans les prochaines décennies, nous dit, nous crie, nous hurle ce rapport dévié à l'altérité devenu la norme.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Et la gauche, dans tout ça&nbsp;? La gauche a abdiqué. Par paresse ou par peur, la gauche s'est mise à la remorque du système et, tout en entonnant les grands airs de la libération de l'homme, ne
    s'est pas aperçue qu'elle chantait la chanson du capital. Qu'elle participait au malheur collectif qu'elle avait vocation à combattre. La vraie gauche, elle aurait vocation à dénoncer la lente
    mais sûre déconstruction du lien social élémentaire qu'est la famille, parce que le portrait-robot du pauvre en France aujourd'hui, c'est la mère de famille monoparentale qui accepte n'importe
    quel job pour élever seule ses enfants. La vraie gauche, elle devrait se battre contre l'avortement de masse, parce qu'elle devrait être du côté du plus faible. La vraie gauche, elle
    n'applaudirait pas à des slogans comme «&nbsp;<em>Les homos aussi veulent pouvoir divorcer&nbsp;</em>», parce qu'elle saurait le drame individuel et social que tout divorce recouvre, et qu'elle
    n'enverrait pas les couples de même sexe au casse-pipe quand on sait que <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.rezosante.org/69-article/renseigne-toi-mieux-etre-la-violence-conjugale-dans-les-couples-masculinsviolence-conjugale-chez-les-gais-des-statistiques-alarmantes.html?ArticleCatID=30">le
    taux de violence</a></span></strong> conjugale <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16579209">et de divorce</a></strong></span> y est
    infiniment supérieur. Mais non&nbsp;: elle nous explique que s'il y a plus de violence et de divorce dans les couples de même sexe, c'est parce la société est intolérante. Imaginez un peu sa
    réaction indignée (et justifiée, pour le coup) si une personne noire tuant son épouse blanche (ou le contraire) expliquait à la barre que c'est la faute au racisme&nbsp;!
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Drôle de gauche, vraiment. Mais qui ne me fera pas passer à droite. La ligne de fracture aujourd'hui ne se dessine plus entre gauche et droite, mais entre ceux qui acceptent le réel, et ceux qui
    lui demandent de s'adapter à notre chaos intérieur. Ceux <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://jonastree.blogspot.fr/2012/10/on-est-jamais-assez-mefiant.html">qui
    veulent le dialogue et la rencontre</a></strong></span>, et ceux <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://henrylebarde.letempsdypenser.fr/2012/10/24/aux-trolls-de-unpapaunemaman/">qui insultent planqués sous des pseudos derrière leur écran</a></strong></span><span style=
    "font-size: 8pt;"><a id="sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></span>.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Choisis ton camp, camarade. J'ai choisi le mien.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    ________________________________________________
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a>Je fais allusion ici au contenu de ce billet, pas à son auteur.
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 24 Oct 2012 16:55:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6f8345fe18ae123277cd98f4dc08629a</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-societe-suicidaire-et-gauche-demissionnaire-111635188-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Lettre à mon député]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-lettre-a-mon-depute-110697408.html</link>        <description><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img src="http://img.over-blog.com/198x300/3/70/96/09/IMGP9191.jpg" class="GcheTexte" alt="IMGP9191.jpg" height="300" width="198">Monsieur le député,
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    C'est en tant que citoyenne française ayant une dette particulière envers la République que je vous écris.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Née sous X, j'ai en effet l'honneur d'avoir été pupille de l'Etat avant mon adoption, à l'âge de 6 mois. Et c'est véritablement un honneur pour moi: je puis peut-être davantage encore que
    d'autres dire que la République est ma mère, car elle a donné à ma mère biologique la possibilité de me faire naître dans le secret que nécessitait sa situation si difficile; la République m'a
    reconnue comme sa fille, me donnant un prénom et un nom, et cette nationalité française qui fait ma fierté; elle m'a recueillie, m'a nourrie, m'a soignée.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    La République m'a ensuite cherché et trouvé des parents.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ses fonctionnaires ont choisi parmi de nombreux candidats ceux qui sont devenus mes parents. Nous nous sommes adoptés mutuellement, reconnaissant dans nos blessures respectives – moi l'abandon,
    eux l'infertilité – la possibilité, non de réparer, mais de faire se rencontrer des accidents de la vie. Je suis devenue leur fille, ils sont devenus mes parents. Et la République, dans sa
    sagesse, a tout mis en œuvre pour que ni eux ni moi ne soyons considérés comme demi-parents ou semi-enfant&nbsp;: les deux états civils antérieurs à mon adoption ont été détruits, je porte
    désormais le nom de mes parents adoptifs, munie d'un nouveau prénom que leur amour m'a choisi. Si aucun de nous ne disait que j'avais été adoptée, personne ne le savait. J'ai eu, grâce à la
    République, un père et une mère comme tous les enfants.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Aujourd'hui, Monsieur le député, cette même République est sur le point de voter une loi inique. Une loi qui concernera au premier chef tous ceux qui, trente-sept ans après moi, lui sont confiés.
    Une loi qui ouvre l'adoption aux couples de même sexe. Une loi qui se propose de faire disparaître le droit de chaque enfant à être né d'un père et une mère, et à être élevé par eux.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Dans l'esprit de beaucoup, il semble que le sexe de ceux qui vous élèvent importe peu, que l'amour prime. Permettez-moi de vous dire que c'est un leurre, en particulier lorsqu'il s'agit d'enfants
    adoptés. L'amour est essentiel mais parfaitement insuffisant. Les qualités pédagogiques individuelles de chaque parent aussi. Ce dont un enfant a besoin avant tout, c'est de pouvoir dire
    «&nbsp;papa&nbsp;» et «&nbsp;maman&nbsp;». Nous, enfants nés sous X, le savons mieux que quiconque, car on ressent toujours plus fort ce dont on a failli être privé. Parce que tous les enfants du
    monde naissent d'un père et d'une mère, et que lorsque la vie vous en prive, il n'en reste pas moins que c'est d'un père et d'une mère que nous sommes nés. Je n'ai pas été élevée par l'homme et
    la femme qui m'ont mise au monde. J'ai eu en revanche la chance d'être élevée, et d'une certaine façon de naître, d'un père et d'une mère comme tous les enfants.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je ne puis me résoudre à voir la République que j'aime et à laquelle je dois tant s'engouffrer dans ce déni absolu de justice, qui consisterait à écrire dans la loi qu'un enfant peut naître de
    deux hommes ou de deux femmes. Ce faisant, vous vous placez du point de vue de la satisfaction de deux adultes, par ailleurs respectables. Pas du point de vue de l'enfant. Et l'enfant, Monsieur
    le député, devrait être votre préoccupation première. D'abord parce vous êtes un élu de la République, cette même République qui veut l'égalité de ses citoyens mais s'apprête à bafouer l'égalité
    des enfants à travers cette loi absurde. Ensuite parce que vous êtes un élu de gauche, et que vous avez le devoir, en tant que porteur d'une certaine idée de la défense du plus faible, de ne pas
    céder à la pression du plus fort.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ne pensez pas qu'en vous écrivant je défende un quelconque pré carré, ou quelque lobby que ce soit. J'essaie d'avoir, comme tous les vrais républicains, le souci de l'intérêt général. Ce n'est
    pas toujours évident: l'abandon sous X, par exemple, est quelque chose qui reste difficile à vivre. Pourtant je ne souhaite pas sa disparition, parce qu'il représente un intérêt supérieur à ma
    curiosité personnelle.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Je vous demande donc, Monsieur le député, de ne pas voter en faveur de cette loi, au nom d'une certaine idée de la République, qui se doit d'être au-dessus des groupes de pression afin de
    favoriser l'intérêt général, et d'offrir le meilleur à chacun de ses citoyens, en particulier les enfants.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <span style="font-size: 8pt;"><em>Cette lettre adressée à M. Thierry Braillard n'étant pas un billet, elle est fermée aux commentaires.</em></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 29 Sep 2012 21:54:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5459d8ca744f3035fafe96d2bf0cdc49</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-lettre-a-mon-depute-110697408-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Du désir d'enfant et autres catastrophes]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-du-desir-d-enfant-et-autres-catastrophes-109969002.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/70/96/09/I-Love-Divorce--V--Bodys-Bebes.png" class="GcheTexte" alt="I-Love-Divorce-(V)-Bodys-Bebes" height="378" width="378">Hier, au tribunal. Le juge qui
    reçoit l'épouse seule, dans le cadre de l'audience de conciliation d'un divorce à l'amiable. Lit à voix haute le prénom et la date de naissance des trois enfants du couple. Bute sur la date de
    naissance de la dernière&nbsp;: 2011. Regarde, estomaqué, la mère qui fait un geste d'impuissance. Il soupire. Et dit&nbsp;: «&nbsp;C'est l'époque&nbsp;».
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    L'époque est donc, sachez-le à l'abandon d'enfants. Pas un abandon à l'ancienne, où il résultait toujours d'un drame quelconque&nbsp;: pour avoir potassé durant des années des dossiers d'enfants
    nés sous X, je peux vous dire que ces abandons-là étaient le fruit de souffrances sans nom, de circonstances affreuses, de drames inimaginables. Aujourd'hui, l'abandon des enfants, bien plus
    massif, a une autre cause. Cela s'appelle le «&nbsp;développement personnel&nbsp;». Et il ne survient pas par accident. Maintenant, on le programme, on va chez le psy en amont pour préparer le
    traumatisme. «&nbsp;<em>On va se séparer, comment l'annoncer et qu'il le prenne bien&nbsp;?</em>&nbsp;» Magnifique.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Car dans notre monde où l'enfant ne doit naître que s'il est désiré, vient un temps où ce désir s'émousse. Où l'on se rend compte, les deux mains dans la troisième couche pleine de merde de la
    journée, que finalement le bébé qui hurle, là, collant de sueur et de morve, va nous faire encore passer une nuit pourrie. Que l'on va encore devoir téléphoner à son patron en expliquant qu'il
    est malade. Qu'il n'est jamais content, qu'il se fout éperdument de nos heures de sommeil, que la totalité des moments chouettes avec lui est incomparablement inférieure aux tracas et aux
    emmerdes qu'il nous cause. Et notre monde étant ainsi fait que lorsque le désir s'éteint, il faut se séparer, ben on se sépare. De ses enfants. Quel que soit l'âge. Et on va poursuivre sa quête
    de la Réalisation de Soi (qui passe, disons-le clairement, par le plus d'orgasmes possibles) ailleurs, en s'auto-persuadant que l'enfant que l'on largue en même temps que le conjoint sera
    d'autant plus heureux qu'on le sera nous-mêmes. C'est bien connu. Lorsque papa et maman se séparent, les enfants éperdus de reconnaissance leur sautent au cou en criant merci, des larmes de joie
    dans les yeux et la gratitude débordant des lèvres.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    «&nbsp;C'est l'époque&nbsp;». Dans mon entourage proche, quatre familles avec nourrissons brisées depuis deux ans, non parce que les parents se détestent, non parce que les parents se disputent
    sans cesse, non parce que l'un cogne l'autre, mais parce l'un des conjoints (presque toujours le père, désolée messieurs) s'emmerde. <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.psychomedia.qc.ca/sexualite/2005-11-30/difficultes-sexuelles-chez-les-parents-d-un-premier-enfant-de-six-mois">Et si j'en crois ce que je lis</a></strong></span>, ce que mes contacts
    instituteurs, orthophonistes, avocats, médecins me racontent, c'est un phénomène généralisé. C'est l'époque, oui. Notre époque est à la quête de soi qui ne passe plus guère par autrui. Une quête
    de gagne-petit, de Jean Moulin de supérette, qui préfère sacrifier sans hésiter l'enfant gêneur plutôt que son confort à son idéal infantile de jouissance sans frein.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Que va-t-elle devenir, cette génération d'enfants désirés, voulus, exigés, obtenus parfois après un parcours médical du combattant, et que l'on jette dès que l'obsolescence de ce désir arrive,
    comme arrive la date limite de péremption du dernier écran plat&nbsp;? Que vont-ils devenir, ces «&nbsp;<em>enfants du serment trahi&nbsp;</em>», selon la jolie mais terrible expression de
    Jean-Noël Dumont&nbsp;? Quelles conséquences tout au long de leur vie&nbsp;? <span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/redir/familles_monoparentales_france_rap36.pdf?utm_source=pdf&amp;utm_medium=familles_monoparentales_france_rap36"><strong>On commence tout juste à en
    mesurer quelques-unes</strong></a></span>. On sait <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href=
    "http://www.pcf-pg-paris.org/IMG/pdf/rapport_mie_familles_monoparentales_a_paris_-_etat_des_lieux_et_perspectives.pdf">qu'ils souffrent de conditions matérielles et
    psychologiques</a></strong></span> plus précaires. Que <span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.psychomedia.qc.ca/sexualite/2005-11-30/difficultes-sexuelles-chez-les-parents-d-un-premier-enfant-de-six-mois"><strong>la réussite à l'école</strong></a></span>, la réussite de leur
    futur couple en est grandement affectée. D'autant que la justice cautionne ces petits arrangements entre adultes&nbsp;: papa se barre après la naissance du premier enfant, mais surtout, il faut
    que maman et bébé s'adaptent à son petit confort. On fait donc jouer la garde alternée, formidable invention qui fait que papa et maman peuvent à égalité jouer leur rôle pendant 15 jours et se
    désintéresser de leur progéniture durant 15 autres jours, interdisant du même coup à l'enfant de dire «&nbsp;chez moi&nbsp;», mais seulement «&nbsp;chez papa&nbsp;» ou «&nbsp;chez maman&nbsp;».
    Étonnez-vous d'avoir une génération de gamins qui ne savent plus où ils habitent. Dans le meilleur des cas, la garde revient au conjoint qui subit, mais, comprenez, il ne faut surtout pas dire à
    l'enfant la réalité, à savoir que le parent fuyard l'a abandonné&nbsp;: non, il conserve ses droits parentaux au même titre que l'autre, ce qui lui permet de lui donner de grandes leçons par
    téléphone en sirotant sa bière quand l'autre se coltine le quotidien. Enfin, pas toujours&nbsp;: dans 34% des cas, <span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.cee-recherche.fr/fr/rapports/redir/familles_monoparentales_france_rap36.pdf?utm_source=pdf&amp;utm_medium=familles_monoparentales_france_rap36"><strong>l'enfant ne voit plus jamais
    son père après un divorce</strong></a></span>. Au moins, les choses sont claires.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Une question, au passage&nbsp;: il se passe quoi, si le conjoint quitté décide que lui/elle aussi a droit à son petit chemin de bonheur perso&nbsp;? Si aucun des deux ne veut la garde&nbsp;? Ils
    deviennent quoi les gamins&nbsp;? On les fout à l'ASE&nbsp;? On les euthanasie&nbsp;?
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Cela fait belle lurette que l'enfant n'est plus dans les faits un sujet. Il n'est plus qu'un objet de désir. Une dette sur pattes de voir son existence dépendre du désir tout-puissant d'adultes.
    Il est devenu la variable d'ajustement du bonheur d'individus incapables de concevoir le bonheur autrement qu'en termes de jouissance personnelle. Alors sachez-le avant de les faire, ces
    gamins&nbsp;: non, un enfant ce n'est pas épanouissant. Sauf fugacement à la boulangerie, quand ils disent bonjour et merci par inadvertance, et qu'on se rengorge parce que la boulangère les
    trouve tellement bien élevés. Être parent, ce n'est pas épanouissant. C'est répéter <em>ad nauseam</em> les mêmes choses tous les jours, c'est vivre dans une maison jamais vraiment rangée ni
    propre, et plus il y a d'enfants, plus c'est Beyrouth. C'est avoir une vie sexuelle en pointillés dans le meilleur des cas. C'est s'écrouler sur son lit à peine les enfants dans le leur, et
    sombrer dans le coma jusqu'à ce que la dernière décide qu'elle a fini de dormir à 2h du matin. Ça coûte un pognon fou, même quand on résiste à la DS réclamée sur un ton hystérique dès l'âge de 4
    ans. C'est tout le temps malade. Quand vient l'adolescence, c'est la prescription d'antidépresseurs pour les parents quasi-assurée. Ça décolle de chez vous de plus en plus tard. Ça fait des
    études qui vous mettent sur la paille. Ça, c'est la réalité. Et la réalité, c'est que pour qu'ils puissent être heureux, il faut sacrifier tous nos rêves de gloire, de voyages, de vie
    professionnelle parce qu'on est responsables d'eux, parce qu'ils n'ont rien demandé et certainement pas à vivre, et qu'on leur DOIT le meilleur. Et lorsqu'on emprunte cette route-là, oui, à la
    fin, quand ils deviennent véritablement sujets de leur propre existence, on peut se dire&nbsp;: j'ai fait ce que j'ai pu, et que j'aie réussi ou non, il y avait de la noblesse dans mon sacrifice.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Par pitié, cessez de désirer des enfants. Élevez-les, plutôt. Et acceptez de passer après.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    Ou alors, prenez un chien.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 11 Sep 2012 11:01:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9daa68694f873d0182c6d61c99897602</guid>
                <category>Société</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-du-desir-d-enfant-et-autres-catastrophes-109969002-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Eloge de la non-communion : une seconde réponse à René Poujol]]></title>
        <link>http://www.nystagmus.me/article-eloge-de-la-non-communion-une-seconde-reponse-a-rene-poujol-109461722.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    <img src="http://idata.over-blog.com/3/70/96/09/eucharistie.jpg" class="GcheTexte" alt="eucharistie.jpg" height="262" width="250">J'ai lu, mon cher René, avec une attention toute particulière
    <span style="text-decoration: underline;"><strong><a href="http://www.renepoujol.fr/lettre-ouverte-a-une-fidele-de-la-morale-sexuelle-catholique/">votre réponse à ma réponse</a></strong></span>.
    Avec la plume qui vous caractérise, et qui a réjoui les lecteurs de Pèlerin durant tant d'années, vous poursuivez l'échange qui s'est instauré entre nous sur la doctrine catholique en matière
    sexuelle. Et vous m'interrogez sans détours&nbsp;:
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="margin-left: 2.33cm; margin-bottom: 0cm;">
    «&nbsp;<em>Pensez-vous qu’un non global à la contraception et la préconisation de la méthode Billings soient une réponse à la hauteur de l’enjeu social et humain que cela représente dans des
    régions du monde comme l’Afrique ou l’Amérique latine ? Vous sentez-vous d’aller expliquer à une femme du Nordeste brésilien qui en est à sa septième grossesse et qui n’a pas les moyens de
    nourrir ses enfants, que c’est là le don que le Ciel lui envoie pour aider à sa sanctification ? Et que tout usage de contraceptifs serait œuvre du diable ? C’est là une morale de bourgeoisie
    catholique où l’on a le temps d’observer son rythme biologique et l’impudence de laisser croire à l’ensemble des fidèles que ce serait là la volonté de Dieu. Pas de pays où l’enjeu quotidien est
    tout simplement de survivre</em>&nbsp;».
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    &nbsp;
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    Je vais donc vous répondre clairement&nbsp;: oui, je pense qu'un non global à la contraception est une réponse à la hauteur. Parce que la morale sexuelle catholique n'est qu'une partie d'un grand
    tout. C'est précisément parce qu'ils se battent comme des lions aux quatre coins du globe pour la justice sociale et l'avènement d'un monde meilleur que des catholiques ont vocation à porter
    <em>en même temps</em> la bonne nouvelle d'une sexualité responsable et respectueuse. C'est parce qu'ils sont, de très loin, les premiers à accueillir et à soigner les personnes atteintes du sida
    en Afrique – 30% des centres de soins dans le monde, sans compter l'accueil des orphelins, les distributions de vivres et de médicaments aux malades et les campagnes de prévention – que ces mêmes
    catholiques ont toute légitimité à dire et à redire que la fidélité reste le moyen le plus efficace dans la lutte contre le sida. Je crois et je plaide que la vision catholique de l'Homme est une
    vision globale, qu'un combat pour la justice qui serait coupé de la morale ne serait qu'un idéal politique parmi d'autres, qu'une morale sexuelle et affective déconnectée de la justice ne serait
    qu'une coquille vide. L'ensemble du magistère moral, dans lequel la morale sexuelle occupe une place qui n'est pas démesurée, et la doctrine sociale ne sont jamais que les deux faces d'une même
    idée de l'Homme qui culmine en l'amour que Dieu a pour nous. Déconnectées l'une de l'autre et du Dieu qui les inspirent, ces deux facettes sont peut-être chacune profondément estimables, mais
    elles sont incomplètes.
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    René, vous me citez le cas d'une femme du Nordeste brésilien qui en serait à sa septième grossesse et n'aurait pas les moyens de nourrir ses enfants pour justifier le recours à la contraception.
    Cela m'interroge&nbsp;: avec un budget si serré, il faudrait en plus qu'elle achète des contraceptifs, alors que la méthode Billings lui permet gratuitement, en passant 15 secondes de plus aux
    toilettes le matin, de pouvoir mieux maîtriser sa fécondité&nbsp;? Elle qui vit, si j'ai bien compris, sous un climat d'une aridité épouvantable, devrait en plus contribuer à pourrir le peu d'eau
    disponible en relâchant des hormones de synthèse dans la nature, ce qui promet d'être <span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://www.durable.com/actualite/article_les-dangers-de-la-pilule-contraceptive-pour-l-environnement_694"><strong>un enjeu écologique majeur de ces prochaines années</strong></a></span>&nbsp;?
    Comment conserve-t-elle ses contraceptifs chez elle dans des conditions optimales pour éviter qu'ils ne perdent de leur efficacité&nbsp;? Ne sera-t-elle pas tentée d'en faire commerce afin
    d'améliorer l'ordinaire de ses enfants, ce que toute personne de bon sens et acculée à des conditions de survie, comme vous dites, ferait, moi la première&nbsp;?
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    «&nbsp;<em>Vous sentez-vous d’aller expliquer à des personnes homosexuelles que ne pouvant avoir accès, par effet de nature, à l’une des finalités de la sexualité : la transmission de la vie,
    l’Eglise estime, pour leur sanctification, qu’ils doivent ad vitam aeternam s’interdire la seconde : le plaisir et l’épanouissement du couple ! Moi, je ne le ferai pas</em>&nbsp;».
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    Là encore, René, j'ai l'impression que vous faites du discours du magistère ce qu'un musulman pourrait faire des interprétations de son école juridique, en classant les choses selon le concept
    hallal/haram, licite et non licite. Il ne s'agit en aucun cas de vouloir dicter quoi que ce soit à qui que ce soit. Il s'agit de dire qu'il n'existe pas de nature homosexuelle. Ça, je le défends
    mordicus. Cela ne peut avoir de sens pour nous, chrétiens. Il n'existe qu'une seule nature humaine, une et indivisible dans la complémentarité des deux sexes, quelle que soit par ailleurs la
    sexualité d'individus éminemment respectables.
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    &nbsp;
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    Ce qui ne signifie pas non plus que l'homosexualité soit pour autant un choix. Les choses ne sont pas binaires&nbsp;! Écoutons les personnes homosexuelles qui nous disent, qu'elles soient
    croyantes ou pas, qu'elle n'ont pas choisi d'avoir cette sexualité-là, pas plus que quiconque – et souvent même que si elles avaient pu choisir, il en aurait été tout autrement, compte tenu de la
    somme de souffrances endurées à cause de cela par ces personnes. Croyons-les. Elles savent de quoi elles parlent. Moi, je crois que l'homosexualité n'est ni un destin, ni un choix. C'est une
    blessure parmi la foule de blessures humaines de nature très diverse qui nous limitent dans notre rapport à l'autre, tous autant que nous sommes. Désirer une personne du même sexe que soi, ce
    n'est pas, ce n'est jamais, cela ne peut pas être le signe que l'on est quelqu'un de «&nbsp;limité&nbsp;», «&nbsp;handicapé de la relation ou du bonheur&nbsp;», «&nbsp;incapable d'aimer en
    vérité&nbsp;», comme on a pu me reprocher de le sous-entendre – et si vraiment je me suis exprimée de manière à laisser penser que je voyais les choses comme cela, mille pardons. Par contre, oui,
    l'acte homosexuel en soi est limité – ce qui ne signifie aucunement que l'acte sexuel entre deux personnes de sexe différent transforme comme par magie ceux qui le pratiquent en champions de
    l'altérité, loin, très loin de là - et beaucoup de personnes qui éprouvent ce désir en sont conscientes (<strong><span style="text-decoration: underline;"><a href=
    "http://blogs.rue89.com/religion/2012/08/25/ils-sont-homos-et-cathos-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire-228216">voir par exemple le second témoignage dans cet article</a></span></strong>). On se
    moque souvent, en-dehors et parfois même à l'intérieur de l'Eglise, de ce que de nombreux prêtres ou moines se sentent homosexuels. Y a-t-il là matière à rire ou à réfléchir&nbsp;? Pourquoi ne
    ferions-nous pas confiance à ces personnes sans partir du principe que ce sont des frustrés ou des faibles incapables de s'assumer, pour qui le sacrement de l'ordre serait une
    «&nbsp;planque&nbsp;», mais des gens qui ont senti en eux un appel à la continence dans le Christ&nbsp;?
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    &nbsp;
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    Et à tous ceux qui vivent en couple, qui sont fidèles à leur conjoint de même sexe ou qui, dans un second mariage après un divorce, essayent comme chacun d'entre nous d'unifier leur foi et leur
    vie de tous les jours, je dis avec force&nbsp;: non, l'Eglise ne vous exclut pas. Le <em>jeûne eucharistique</em> à laquelle elle nous invite <em>tous</em> lorsque nos actes ne nous rapprochent
    pas davantage du Christ ne nous jette pas du côté d'hypothétiques impurs, mais nous offre au contraire de communier plus étroitement avec tous ceux qui, de par le monde, souffrent de <em>famine
    eucharistique</em>, qui ne peuvent matériellement communier au Corps et au Sang du Christ, faute de prêtres ou à cause de persécutions&nbsp;; avec tous ceux qui ne connaissent pas le Christ et
    n'en sont pas moins des témoins pour l'humanité. Portons la tête haute et avec fierté cette faim eucharistique qui signe mieux que n'importe quoi d'autre le fait que nous ne revendiquons pas le
    sacrifice de Jésus comme un droit mais comme une grâce. Soyons pour tous nos frères qui communient par habitude, sans s'interroger sur le sens de ce à quoi ils s'engagent en le faisant,
    l'interrogation vivante de leurs propres contradictions, comme ce jeune homme inconnu qui s'est avancé un dimanche dans la file des communiants bras croisés sur la poitrine et qui m'a convertie.
    Soyons des saints, en quelque sorte, que nous communiions ou pas.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 27 Aug 2012 11:35:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9356cfc4b8c0f4f0394bcc58ff035ced</guid>
                <category>Catholicisme</category>        <comments>http://www.nystagmus.me/article-eloge-de-la-non-communion-une-seconde-reponse-a-rene-poujol-109461722-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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